Pourquoi c’est faux de penser qu’une voiture électrique coûte plus cher à réparer qu’une thermique

 

Selon une croyance tenace, les coûts de réparation des voitures électriques sont plus élevés que pour les thermiques. Mais est-ce vraiment le cas ? Et bien pas forcément comme le démontre une récente enquête.

Wheel brake of a Audi Q8 e-tron during assembly in Brussels.

Si les détracteurs de la voiture électrique sont de moins en moins nombreux, ces derniers lui opposent encore tout un tas d’arguments. Parmi eux, le recyclage des batteries, le manque d’autonomie ou encore les coûts de réparation. Et pour cause, ces derniers seraient plus élevés que pour des véhicules thermiques équivalents. Mais est-ce vrai ?

Un risque moindre

Et bien pas forcément. C’est en tout cas la conclusion à laquelle sont arrivés les journalistes du site Road & Track, qui se sont penchés sur la question. Il faut dire qu’il y a quelques mois, nous avions publié un article expliquant que la plupart des voitures électriques finissent à la casse après le moindre petit accrochage. Si cela est parfois vrai, d’autres éléments doivent aussi être pris en compte.

Selon un rapport du Highway Loss Data Institute (HLDI), qui analyse notamment les accidents, la plupart des voitures détruites après une collision sont des modèles thermiques. Ils comptent en effet pour 18,4 % contre 6,1 % pour les voitures zéro-émission (à l’échappement). Certes, les dégâts peuvent être plus ou moins importants, mais la proportion de véhicules essence ou diesel est plus grande.

Mais ce n’est pas tout. Le HLDI a également comparé les coûts de réparation de différents modèles proposés à la fois en thermique et en électrique. C’est par exemple le cas des Hyundai Kona et autres Volvo XC40. Et la conclusion est on ne peut plus claire : les modèles électriques ne coûtent que 2 % plus cher à réparer. Sauf que dans la plupart des cas, ce sont les versions essence et hybrides rechargables qui sont impliquées dans les accidents.

Si les Tesla ont été impliquées dans 9,4 % des accidents en 2019, les berlines thermiques équivalentes ont quant à elle représenté 14,2 % des collisions sur la même période. Il peut être tentant de penser que les modèles de la marque américaine sont souvent responsables d’accidents. Or, ces voitures sont également très nombreuses. C’est aussi pour cela que l’on voit plus souvent des Renault en panne au bord de la route que des Bugatti.

Pas une question de motorisation

Un peu plus tôt dans l’année, L’association SRA (Sécurité et Réparation Automobile) avait également voulu savoir si réparer une voiture électrique coûtait vraiment plus cher. Et le résultat montrait que ce n’était pas du tout le cas, bien au contraire. C’est notamment pour cela qu’assurer une voiture électrique est généralement moins onéreux. Sauf pour les Tesla, comme nous l’expliquions précédemment.

D’ailleurs, une étude menée par DS Automobiles prouvait que rouler en électrique rendait plus zen, ce qui pourrait expliquer que les accidents sont moins nombreux. Mais le problème du coût élevé des réparations est-il vraiment lié à la motorisation ? Et bien pas vraiment selon Matt Moore, vice-président senior du HLDI.

En effet, il explique que les prix ont globalement grimpé de 30 % en trois ans, et ce quelle que soit la motorisation. Selon lui, le coût moyen d’une réparation à la suite d’une collision pourrait même atteindre les 5 000 dollars d’ici à la fin de l’année. Un record historique. Et la faute n’est pas à chercher sous le capot des voitures, mais plutôt du côté des équipements technologiques. Ces derniers sont plus nombreux et plus coûteux à remplacer et réparer.

Même un léger accrochage peut alors coûter cher, car changer un pare-choc bardé de capteurs n’est pas donné et nécessite plus de main d’œuvre pour recalibrer ces derniers. Cependant, il se pourrait que les voitures équipées d’un capteur LiDAR coûtent un jour moins cher à assurer, car mieux capables d’éviter les accidents. Pour les autres, le montant de la prime d’assurance pourrait flamber, et ce quelle que soit la motorisation.

Cependant, il est vrai que les modèles électriques haut de gamme sont plus souvent impliqués dans des accidents, comme le sont aussi les véhicules sportifs thermiques. Avec à la clef des coûts de réparation faramineux. En cause : une puissance plus élevée qui autorise des vitesse maximales pas assez adaptées à la situation, ce qui se traduit par des accidents et des réparations plus longues et coûteuses.

Et les batteries dans tout ça ?

Concernant les voitures électriques qui finiraient trop facilement à la casse après un accident, l’information doit être nuancée. Les experts s’accordent à dire qu’une voiture électrique restera plus facilement réparable après un accident qu’une voiture thermique équivalente. Pour la batterie, si les constructeurs et les assureurs préfèrent ne pas prendre de risque et conseiller son changement complet, de petits garagistes indépendants commencent à proposer le remplacement de cellules uniquement.

Une batterie qui permet de faire 400 kilomètres avec 10 minutes de charge // Source : CATL

De quoi réduire l’addition par 10, avec un coût de réparation qui passe de 20 000 à 30 000 euros à moins de 1 000 euros comme nous l’avons vu dans notre dossier sur la durée de vie des batteries de voitures électriques. Les constructeurs commencent à s’y mettre, à l’image de General Motors qui laisse les concessionnaires remplacer des cellules et non pas le pack batterie entier.

Les voitures électriques accidentées (et jugées non réparables économiquement par les assurances) se revendent plus chères sur le marché de l’occasion que leurs homologues thermiques. Des bricoleurs les font ensuite reprendre la route, après quelques réparations.


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