
Les constructeurs automobiles se livrent une bataille acharnée, et ce sur plusieurs aspects. On pense à la batterie et au prix, mais pas seulement. En effet, les marques se battent également dans le domaine de la conduite autonome. Elles sont nombreuses à être les premières à vouloir proposer le niveau 3, voire plus, à leurs clients. Même si certaines comme BMW ou Mercedes ont finalement fait machine arrière. Au contraire de Tesla, qui veut désormais imposer son FSD (full self-driving) en Europe.
Sur le papier, la réglementation l’autorise, et cette technologie est déjà disponible dans plusieurs pays. Cependant, il y a encore une faille, qui peut freiner le développement de la voiture autonome. Car jusqu’à présent, il n’existait pas de réglementation globale encadrant cette fonctionnalité. Certes, il y en a une à l’échelle européenne, mais pas dans le monde entier. Et bien c’est désormais chose faite. En effet, la CEE-ONU vient d’adopter le premier « cadre réglementaire mondial pour les systèmes de conduite automatisée (SCA) entièrement sans conducteur ».

Mais concrètement, quel est l’intérêt ? Et bien ce dernier est chargé d’établir « des exigences de sécurité internationales uniformes et une méthodologie commune ». Cela concerne les véhicules capables de rouler entièrement sans conducteur, pas les systèmes d’aide à la conduite de niveau 2 comme l’actuel FSD supervisé de Tesla.
Ce nouveau cadre juridique englobe toutes les tâches qui peuvent fonctionner sans intervention humaine. Cela comprend notamment l’accélération, le freinage mais aussi les feux et les clignotants. Les exigences de sécurité concernent « le développement, l’homologation et l’exploitation des systèmes de conduite autonome ».
Un cadre très exigeant
Et on peut dire que cette nouvelle réglementation est particulièrement stricte. Ainsi, elle n’autorise en aucun cas par défaut tous les constructeurs à proposer la conduite autonome au grand public. Car pour ce faire, ces derniers devront répondre à des règles strictes.
Ce cadre ne suffit pas à lui seul à faire circuler des voitures sans conducteur. Il pose un socle commun, mais chaque pays signataire devra ensuite délivrer ses propres homologations nationales sur cette base. La CEE-ONU indique que le règlement doit entrer en vigueur dans les semaines qui suivent son adoption du 24 juin 2026, avant une application concrète attendue autour de début 2027.
Les Nations Unies exigent que « les performances des systèmes de conduite automatisée (SCA) soient égales ou supérieures à celles d’un conducteur humain compétent ». Ce qui n’est pas encore toujours le cas, contrairement à ce que promettait Elon Musk quelques années plus tôt.
Concrètement, les marques qui veulent proposer leurs systèmes de conduite autonome devront « démontrer aux autorités de sécurité la robustesse de leur conception, leur validation et leur conformité au code de la route ». Le tout à travers des tests très complets, incluant des « simulations, essais sur piste et essais en conditions réelles ». De plus, ce nouveau règlement impose aussi une surveillance continue des véhicules en fonctionnement. Les données doivent être constamment enregistrées, et ce tout au long de leur cycle de vie.

En parallèle, la CEE-ONU a également revu pas moins de 90 règlements des Nations Unies. Et ce afin que les réglementations déjà existantes « restent applicables aux véhicules équipés de systèmes de conduite automatisée ». Et ce notamment pour les futurs modèles dépourvus de pédales et de volants, comme c’est par exemple le cas pour le Tesla Cybercab.
Ce dernier est actuellement encore considéré comme un véhicule autonome de niveau 2 selon la réglementation américaine. A noter que cette nouvelle initiative est soutenue par l’Europe mais aussi les Etats-Unis, le Japon ou encore la Chine et le Royaume-Uni et le Canada.

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