D’après un ingénieur d’Alcatel-Lucent, les opérateurs Free Mobile, SFR et Bouygues Telecom seraient en train de remplacer leurs équipements télécom au profit de solutions Huawei. Et ce, malgré les soupçons d’espionnage qui pèsent sur l’entreprise chinoise et ses infrastructures 5G.

Après que Washington l’a accusé de vouloir utiliser ses équipements 5G pour mener des campagnes d’espionnage de grande envergure pour le compte du gouvernement chinois, Huawei va riposter en portant plainte contre les États-Unis. La bataille juridique entre les deux adversaires bat donc son plein sur fond de conflit géopolitique et économique.

Dans cette lutte, Huawei peut tout de même compter sur quelques bonnes nouvelles pour lui. D’une part, le Royaume-Uni, allié traditionnel des États-Unis, a estimé que le risque que représentait l’entreprise chinoise sur sa propre sécurité nationale n’était pas assez grand pour justifier un bannissement du réseau 5G britannique. Et ce, malgré les pressions de Washington.

Free, SFR et Bouygues du côté de Huawei

En France, la question du bannissement se pose également, mais les opérateurs semblent avoir décidé de faire confiance à Huawei. Dans un entretien accordé au journal L’Humanité — et relayé par Univers Freebox –, Claude Josserand, délégué CGT chez Alcatel-Lucent, explique que « Free, SFR et Bouygues remplacent les équipements Alcatel par ceux du chinois Huawei, et le gouvernement français, qui ne s’est donné aucun moyen de s’y opposer– bien au contraire puisqu’il a favorisé l’émergence de concurrents privés –, en paye aujourd’hui le prix ». 

À noter que Bouygues Telecom et SFR sont déjà des clients de Huawei depuis un certain temps. Par ailleurs, L’Humanité écrit aussi qu’en octobre dernier, l’opérateur au carré rouge a installé sa première antenne 5G de Huawei dans ses locaux à Paris.

Et Orange ?

De son côté, Orange a mené plusieurs expérimentations 5G avec des équipements de Huawei sans concrétisation commerciale a priori. Notons que l’opérateur historique se laisse courtiser par Samsung : le géant sud-coréen veut en effet profiter de l’impact néfaste des affaires autour de Huawei pour gagner des parts de marché dans le secteur des télécoms.