Pour Jean-Paul Arzel, directeur Réseau de Bouygues Telecom, la 5G n’aura de véritable impact sur la vie des utilisateurs qu’en 2023, lors de l’arrivée de la 5G stand alone.

La 5G est à nos portes. Le nouveau réseau mobile commence à être disponible dans certains pays (comme la Principauté de Monaco par exemple) et la consultation publique sur l’appel à candidatures pour la bande 3,4 – 3,8 GHz est actuellement ouverte jusqu’à la fin de l’été. Les premières offres commerciales devraient quant à elles être disponibles en France en 2020. Mais qu’est-ce que cela va changer ?

Pour Jean-Paul Arzel, directeur Réseau de Bouygues Telecom interviewé par Ariase, les changements apportés par la 5G ne devraient pas être sensibles pour le client lambda avant 2023. Il faudra attendre cette date pour voir apparaître une véritable révolution dans nos usages. Et même là, Jean-Paul Arzel confie que les nouveaux usages devraient essentiellement concerner les industriels.

Une bouffée d’air

Rappelons que dans un premier temps, la 5G dite « non stand alone (NSA) » sera essentiellement une extension de la 4G. Elle devrait permettre d’obtenir de meilleurs débits, un meilleur ping (le temps de réponse), mais surtout de « donner de l’oxygène au réseau et éviter les effets de saturation ». Cette hausse de bande passante va donc surtout permettre de soutenir l’évolution de nos usages actuels à grande échelle et répondre à la demande croissante de data des utilisateurs.

La 5G dite « stand alone (SA) », avec ses ondes millimétriques, devrait quant à elle arriver plus tard. Si Jean-Paul Arzel parle de 2023, l’institut d’études Xerfi pense savoir que le réseau ne serait déployé qu’en 2025. Il reste encore à créer les usages.

L’avenir dans les usages

« Quand la 4G est arrivée, personne n’imaginait que cela révolutionnerait les taxis [avec les VTC, ndlr] » nous confiait Jean Varaldi, directeur général de Qualcomm France en 2018, et il en va de même pour la 5G. Aujourd’hui, les usages grand public les plus évidents qui viennent en tête lorsque l’on parle de la 5G sont le gaming ou la réalité virtuelle et augmentée. Mais pour Jean-Paul Arzel, « la 5G, c’est le champ des possibles. La 5G apporte un réseau, une infrastructure. Et derrière, les usages, les applications, on peut faire un peu ce qu’on veut ».

En attendant que les usages apparaissent pour le grand public, les industriels pourront en profiter et créer le futur de demain en connectant par exemple nos villes et nos voitures.

Notons enfin que d’ici 2023, il pourrait se vendre près de 2 milliards de smartphones 5G dans le monde selon le cabinet d’études Canalys. De quoi motiver les opérateurs à investir.

5G en France : tout ce que vous devez savoir sur son déploiement