Le gendarme des télécoms a livré les détails techniques et le planning du déploiement de la 5G en France.

L’Arcep, le régulateur des télécommunications français, vient enfin de fixer des objectifs pour le déploiement de la 5G. Même si nous n’avons pas encore toutes les réponses à nos questions, les contours du lancement de la 5G en France se précisent.

Quel planning pour les prochains mois ?

Comme le prévoit la feuille de route de l’Arcep, un premier cahier des charges techniques a été livré ce mois-ci — c’est le document de base qui sera utilisé par les opérateurs. Une consultation est ouverte jusqu’à la fin de l’été. Le régulateur des télécoms a également confirmé les prochaines étapes de cette feuille de route.

Ce planning prévoit une vente à prix fixe de bandes et l’organisation d’enchères pour le partage des bandes de fréquences restantes en automne 2019, toujours dans les bandes 3,4 – 3,8 GHz.

Au total, 320 MHz seront mis à disposition dans cette bande, mais ce sera dans un premier temps quatre blocs identiques de 40 à 60 MHz qui seront mis à disposition des opérateurs à un prix fixe déterminé par le gouvernement. La seconde étape est une enchère sur des blocs de 10 MHz. Ce qui est intéressant avec cette organisation est que les quatre opérateurs français ont la garantie d’avoir des bandes de fréquences suffisantes pour la 5G. En France, un opérateur ne pourra pas récupérer plus de 100 MHz au total sur l’ensemble de la procédure.

(…) les quatre opérateurs français ont la garantie d’avoir des bandes de fréquences suffisantes pour la 5G

En Italie, par exemple, deux opérateurs ont récupéré 80 MHz contre 20 MHz pour les autres, ce qui va amener a de vraies différences d’expériences entre les opérateurs mobiles. De plus, les opérateurs italiens ont déboursé plus de 6 milliards d’euros, ce qui limite leur investissement dans le déploiement des sites 5G.

C’est un premier déploiement de la 5G Non-Standalone qui exploite le réseau 4G. Cette 5G Non-Standalone se base sur la 4G pour fonctionner : la connexion exploite le 4G LTE tandis que les porteuses 5G sont utilisées pour augmenter les débits de données et réduire la latence. L’Arcep rappelle également que la bande 700 MHz servira également à la 5G.

Par contre, la Standalone (SA) 5G, que l’on peut qualifier de « vraie » 5G, exploitera bien une « nouvelle architecture de réseau » et sera déployée bien plus tard avec les ondes millimétriques (les bandes mmWave). C’est ce que l’on appelle la bande 26 GHz.

Quel déploiement en France ?

Contrairement au calendrier du déploiement de la 4G, le régulateur des télécoms a fixé des échéances strictes pour la 5G. Une fois les enchères sur les bandes 3,4 – 3,8 GHz, les opérateurs mobiles vont pouvoir lancer leurs offres commerciales dès début 2020.

Dans un premier temps, chaque opérateur a l’objectif de proposer une offre 5G dans deux villes françaises avant fin 2020, c’est évidemment le minimum attendu. Ces villes doivent être d’au moins 150 000 habitants, et le déploiement doit être sur au moins 50 % de leur surface.

Le calendrier engage ensuite les opérateurs mobiles à un déploiement soutenu de sites 5G. Fin 2022, les opérateurs devront avoir chacun mis en service 3 000 sites 5G.

La montée en puissance sera progressive avec fin 2025, 12 000 sites pour chaque opérateur, soit environ les deux tiers de la population française. Sur les axes de transport, des obligations spécifiques sont envisagées avec deux grandes étapes : en 2025, la couverture des axes de type autoroutier (soit 16 642 kilomètres), puis en 2027, la couverture des routes principales (soit 54 913 kilomètres).

L’ensemble du territoire français devra être couvert fin 2030, avec une priorité mise sur les régions rurales pour éviter les zones blanches. En 2030, la totalité des sites des opérateurs aura basculé en 5G.

Pour comparaison, selon le dernier observatoire de l’ANFR, Orange a environ 22 000 sites 4G, 18 000 pour SFR, 18 000 pour Bouygues Telecom et 16 000 pour Free. Cela se permet de se rendre compte de l’effort que devront fournir les opérateurs mobiles pour le déploiement de la 5G.

Quel débit attendre ?

Enfin, concernant le débit : en 2022, les 3/4 des sites 5G des opérateurs devront garantir un débit descendant au moins égal à 240 Mbit/s. Ce débit pourra être atteint en 4G ou en 5G.

Il faudra néanmoins d’attendre à un débit descendant autour de 500 Mbit/s dès 2020, même si théoriquement la 5G devrait nous permettre dans quelques années d’espérer un débit de 1 à 10 Gbits pour le débit descendant et une latence de 1 à 5 ms. En attendant, les premiers tests 5G dépassent les 1 Gbit/s de débit descendant et nous laissent rêveurs.

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Les smartphones compatibles 5G ?

Les fabricants de smartphones ont répondu rapidement à l’appel de la 5G. Les spécialistes du milieu, comme Qualcomm, Intel, Huawei et MediaTek, ont déjà mis à disposition des modems 5G. On retrouve donc des variantes de SoC équipés de modems 5G, comme le Snapdragon 855 avec le modem X50.

Plus sur le même sujet : Faut-il acheter un smartphone 5G en 2019 ?

Il existe donc déjà de nombreux smartphones compatibles 5G, chez Samsung (Galaxy S10 5G), Oppo (Reno 5G), Xiaomi (Mi Mix 3 5G à 599 euros) et Huawei (Mate X). Tous ces appareils sont compatibles avec la 5G Sub-6, cette 5G qui sera déployée dès le départ. Ils sont également compatibles avec la 4G++, comme les autres smartphones 4G du haut de gamme. Sony, de son côté, est le seul à avoir annoncé un smartphone 5G (le Sony AG1)compatible à la fois avec la 5G Sub-6 et la 5GmmWAVE, ce qui est un exploit.

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Malheureusement, nous vous déconseillons d’acheter un de ces modèles en 2019, car l’intégration de la 5G a eu un impact sur le poids de ces appareils, leur taille et leur autonomie. C’est pour cette raison que les smartphones 5G sont plus grands, larges et lourds. Pour l’autonomie, les fabricants ont également fait le choix d’utiliser de plus grosses batteries.

Enfin, il n’est pas dit que les smartphones 5G actuels soient entièrement compatibles avec le réseau 5G déployé en France.