Shadow vs GeForce Now : quelle est la meilleure offre de cloud gaming ?

Le cloud-gaming au sommet

 

Votre PC n'est pas assez puissant et vous souhaitez vous tourner vers une solution de cloud gaming ? Vous hésitez entre Shadow et GeForce Now ? On vous aide à faire votre choix.

Le cloud gaming prend petit à petit son envol et les offres se multiplient, envoyant de plus en plus nos jeux dans les nuages. Les avantages sont nombreux, permettant notamment aux propriétaires des plus petites configurations de profiter des meilleures performances sans avoir à changer d’appareil.

Parmi les offres, on peut citer Google Stadia, Microsoft xCloud, mais aussi Nvidia GeForce Now et Shadow*, de la start-up française Blade. Comparons ces deux offres point par point afin de déterminer laquelle est la meilleure pour répondre à vos besoins.

D’un côté, GeForce Now (anciennement Grid) est l’un des plus anciens services de cloud gaming disponibles sur le marché, dont les offres commerciales ont été lancées en début d’année 2020. De l’autre côté, Shadow est un service de cloud computing français lancé en 2017, mais axe la plupart de sa communication autour du jeu.

Des promesses différentes

Les deux services promettent donc des solutions différentes. D’un côté on a une expérience exclusivement gaming, tandis que de l’autre on a un PC complet dans les nuages, avec ce que cela apporte d’avantages et d’inconvénients. Les deux promesses se rejoignent néanmoins sur un point : les jeux compatibles sont issus de bibliothèques déjà existantes (Steam, Epic Store, etc.) et n’ont donc pas besoin d’être rachetés.

Fortnite sur smartphon

Le cloud gaming permet de jouer à des jeux gourmands directement depuis son smartphone

Sur ce point, Shadow prend donc de l’avance, puisqu’il est possible d’en faire plus, y compris de remplacer votre ordinateur quotidien sur d’autres tâches qui peuvent se montrer gourmandes, comme de la retouche photo par exemple. Mais cela a aussi un contrecoup : la gestion de l’espace de stockage. Selon l’offre, vous disposez de 256 Go à 1 To de stockage, ce qui peut rapidement se montrer limité lorsqu’il s’agit d’installer des jeux récents qui se comptent en centaines de Go. De son côté, GeForce Now est plus simple. Choisissez votre jeu, cliquez, jouez.

GeForce Now montre également une autre contrainte : le temps de jeu continu. Avec l’offre gratuite, vous ne dépasserez pas l’heure de jeu, tandis que l’offre payante poussera à 6 heures en continu. Cette limite ne devrait certainement pas être trop limitante, mais elle pourrait poser problème à plus gros joueurs qui enchaînent les parties en ligne.

Un accès à votre ludothèque… ou presque

Sur le papier, les deux services proposent d’accéder à vos bibliothèques de jeux déjà existantes afin de ne pas avoir à acheter de nouveau des jeux que vous auriez déjà. C’est totalement le cas sur Shadow qui donne accès à un ordinateur complet. Vous retrouverez donc la totalité de votre ludothèque virtuelle, qu’elle soit sur Steam, Epic, GoG, ou téléchargée sur un site obscur de jeux indés slovaques.

Sur GeForce Now, c’est un peu plus compliqué. Les jeux doivent provenir de certaines sources seulement et les jeux doivent être optimisés pour. Certains éditeurs peuvent donc décider de retirer leurs jeux de la plateforme, quand ils ne sont pas tout simplement incompatibles. Par ailleurs, un jeu optimisé pour GeForce Now sur une plateforme ne l’est pas forcément sur une autre. Votre jeu préféré peut donc apparaître dans la liste de GeForce Now, mais uniquement dans sa version Steam alors que vous l’avez dans votre bibliothèque Epic, ou vice-versa.

Niveau ludothèque, Shadow est donc largement devant.

Performances graphiques et réseau

Les performances d’un service de cloud gaming ne sont pas évidentes à mesurer ou à mettre en valeur tant elles dépendent de différents facteurs pouvant varier suivant les situations. Entre la stabilité de votre connexion, les interconnexions entre les différents nœuds parcourus par l’information, ou encore la distance avec le serveur sur lequel vous êtes connectés, l’expérience peut changer du tout au tout.

Malgré cela, j’ai eu l’occasion de mettre à mal les deux services en les essayant dans des conditions très variées, et parfois très défavorables, permettant de noter les différences de gestion de la connexion sur GeForce Now et Shadow lorsque la connexion est loin d’être parfaite.

Même les joueurs professionnels exigeants pourront s’entraîner dans ces conditions

Tout d’abord, notons que dans d’excellentes conditions, avec un réseau fibre stable connecté en Ethernet, les deux services proposent une expérience digne de ce que l’on pourrait obtenir en local. Les plus pointilleux mesureront la latence à la demi frame près, mais il est clair que même les joueurs professionnels exigeants pourront s’entraîner dans ces conditions.

C’est bien dans les conditions plus difficiles, en 4G ou en Wifi, qu’on voit les différences entre Shadow et GeForce Now. D’un côté Shadow va chercher à améliorer l’expérience vidéo pour rendre le flux le plus fluide possible, de l’autre GeForce Now privilégie les inputs, permettant d’avoir une meilleure réactivité des contrôles, parfois au détriment du nombre d’images par seconde.

Dead Cells sur GeForce Now

Jouer à Dead Cells sur son smartphone, c’est possible

Ce choix n’est pas anodin, car l’expérience va être impactée lorsque les conditions ne sont pas excellentes. Ainsi, en Wifi 5 GHz sur ma connexion fibre, un même jeu testé sur un Pixel 4 XL a montré un framerate bien plus élevé sur Shadow que sur GeForce Now. En 4G, les sensations étaient plus dégradées dans les deux cas, mais GeForce Now offre plus de réactivité avec des inputs qui sont pris en compte à tout moment.

Sur ce point, il est donc difficile de départager les deux services, d’autant que les infrastructures vont certainement évoluer au fil du temps (elles l’ont déjà fait dans les deux cas depuis leurs balbutiements).

Pour la partie graphique, GeForce Now est limité à du 1080p à 60 fps, avec ajout du ray-tracing sur l’offre payante. De son côté, Shadow propose trois offres, l’une en Full HD à 60 fps et les autres pouvant monter jusqu’en 4K.

Appareils compatibles et interface

Shadow comme Geforce Now peuvent tourner sur de nombreuses plateformes, depuis des ordinateurs (Windows ou Mac), smartphone et tablettes (Android, les versions iOS ayant été retirées de l’App Store dans les deux cas par Apple) ou TV connecté. Des interfaces spéciales ont été développées pour les smartphones et Android TV pour faciliter l’accès aux jeux. GeForce Now ajoute en plus de cela un layout de touches tactiles pour simuler une manette au besoin.

Boîtier Shadow Ghost

La Shadow Ghost, un boîtier dédié à Shadow

GeForce Now propose une intégration particulièrement poussée sur la Shield TV, ce qui est très agréable à l’usage. Dans un cas comme dans l’autre, on est néanmoins souvent confrontés à des problèmes liés à la jeunesse du service. Se connecter à tous ses services sur GeForce Now lors du premier usage sur smartphone est un calvaire, Shadow sur TV ou smartphone ne donne pas de message d’erreur clair lorsqu’un jeu ne se lance pas à cause d’un problème de connexion à Windows (la fameuse mise à jour en arrière-plan qui bloque tout) et les deux peinent à prendre en compte la disposition du clavier de macOS, empêchant de rentrer des « @ ».

Pour le coup, match nul.

Des offres différentes, mais intéressantes

Shadow offre trois offres allant de 15 à 50 euros en fonction des besoins. GeForce Now de son côté propose une offre gratuite (limitée à une heure de jeu en continu) et une offre avec du ray tracing et une limitation repoussée à 6h en continu.

Sur ce point, GeForce Now est donc clairement le meilleur rapport qualité/prix puisque vous avez accès à un grand nombre de jeux en cloud gaming pour le tiers, voire le sixième du prix d’un abonnement Shadow.

Shadow est néanmoins beaucoup plus permissif et permet de faire beaucoup plus de choses. Si le prix n’est pas un frein pour vous, nous vous conseillons donc plutôt d’opter pour une offre de la start-up française.

 *Ulrich Rozier, cofondateur d’Humanoid, la société éditrice de Frandroid, est investisseur minoritaire à titre personnel de Shadow. L’avis de la rédaction n’est pas influencé.

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