Introduction

Après un excellent Galaxy S7, Samsung a pour mission de parfaire encore un peu plus sa copie en 2017. Une entreprise difficile, mais apparemment pas impossible à en croire les premiers retours sur ce Galaxy S8 au design « infini » si sexy. Mais est-ce réellement justifié ? Cache-t-il quelque chose derrière cet effet « wahou » ? Vérifions cela ensemble !

Test vidéo

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Un smartphone puissant

Modèle Samsung Galaxy S8
Version de l'OS Android 7.0 Nougat
Interface Samsung Experience
Taille d'écran 5,8 pouces
Définition 2960 x 1440
Densité de pixels 571 ppp
SoC Exynos 8895 à 2,3GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Mali-G71
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) 12 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 850 MHz, 900 MHz, 1900 MHz, 2100 MHz, 800 MHz, 1800 MHz, 2600 MHz, 700 MHz, AWS
SIM nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 3000 mAh
Dimensions 148,9 x 68,1 x 8 mm
Poids 152 grammes
Couleurs Noir, Argent, Violet
Prix 740 euros
Fiche produit

La version testée ici est la version européenne du Samsung Galaxy S8, avec son processeur Exynos 8895. On note également un agrandissement de l’écran permis grâce à la réduction des bords et un changement de format avec un ratio d’écran de 18,5:9, soit une définition de 2960 x 1440 pixels.

 

L’effet « wahou » !

L’un des principaux points différenciant du Galaxy S8 par rapport à son prédécesseur, c’est certainement son design « borderless« . En plus de posséder un écran aux bords incurvés, comme sur la gamme « edge » du constructeur, Samsung a réduit les bordures horizontales afin de les rendre quasi anecdotiques. Le numéro un de la téléphonie a d’ailleurs réussi à faire mieux encore que son principal rival, LG, qui a emprunté le même chemin pour son G6, et avec ses 148,9 x 68,1 x 8 mm et son écran de 5,7 pouces au format 18,5:9, il est à peine plus grand que le Galaxy S7, pourtant équipé d’un écran de 5,1 pouces et pèse rigoureusement le même poids. Il donne également la même impression de solidité.

On semble atteindre ici la quintessence du smartphone

Il faut l’avouer, ici, à la rédaction de FrAndroid, quand nous avons vu les premiers visuels crédibles de ce smartphone, nous étions peu enthousiastes, ne le trouvant ni beau ni pratique à utiliser. Pourtant, une fois en main, la réaction est unanime et personne ne peut nier que le Galaxy S8 en jette dès le premier regard. On semble atteindre ici la quintessence du smartphone, laissant présager que les prochaines évolutions pourraient être une véritable révolution (avec l’écran pliable par exemple).

Le design ne laisse personne indifférent

Pour autant, contrairement à ce que l’on pourrait penser en le voyant la première fois, le Samsung Galaxy S8 est très agréable à prendre en main, notamment grâce à ses bords et ses coins très arrondis, ce qui le rend très doux à manœuvrer, bien plus qu’un Galaxy S7 ou S7 edge. Il faut dire que les bords latéraux de l’écran sont incurvés, de même que leur équivalence au dos du téléphone. L’arrondi est plus prononcé, mais moins large que sur le Galaxy S7, symbole que Samsung progresse par petites touches afin de se rapprocher toujours un peu plus de la perfection.

L’écran incurvé, mignon, mais peu pratique en définitive

Afin d’obtenir un tel design, le géant sud-coréen a pris le pari très risqué de mettre aux oubliettes l’un de ses éléments iconiques, à savoir le bouton physique en façade accompagné de ses deux touches capacitives. Ce trio est ici remplacé par des touches tactiles à l’écran, bien intégrées et pouvant être modifiées. En outre, pour ne pas déstabiliser les plus fidèles de la marque, le bouton « home » s’affiche également, seul, sur l’écran de verrouillage du téléphone et un double clic dessus permet de réveiller l’appareil.

Touches tactiles

Mais ne vous méprenez pas, derrière cette critique dithyrambique, le Galaxy S8 n’a toujours pas atteint cette perfection justement. On peut lui adresser plusieurs reproches, à commencer par ses boutons de volumes positionnés trop en hauteur, ce qui entraîne de nombreuses erreurs, d’autant que le bouton dédié à Bixby se situe approximativement là où on espérerait trouver celui servant à baisser le volume. Erreur garantie pour les premières captures d’écran ! La gymnastique imposée pour augmenter le son est également plutôt désagréable.

Bixby au mauvais endroit

Enfin, comme on pouvait s’en douter en voyant les premiers rendus du téléphone, le capteur d’empreintes du Galaxy S8 est mal positionné. Sa hauteur n’est pas réellement une gêne, à moins bien sûr d’avoir de tout petits doigts, mais le fait de l’avoir excentré à côté du module photo le rend très difficile à utiliser de la main gauche, obligeant l’utilisateur à adopter une position inconfortable. Notons également que le revêtement de sa vitre arrière, en plus de sonner très « plastique », est très salissante, tout du moins dans sa version Orchid Gray testée ici.

Les reflets violacés de l’Orchid Grey (bien nettoyé)

Le reste est très conventionnel avec sur la tranche inférieure un haut-parleur, la prise jack, le port USB-C et deux bandes pour les antennes, et sur la tranche supérieure deux autres antennes et un tiroir servant à insérer les cartes nanoSIM et microSD. Sa tranche en aluminium est également assez fragile et présente déjà de micro rayures après quelques jours d’utilisation (certes intensifs).

USB-C, port jack et haut-parleur

Une sale rayure sur la tranche

 

Infinity Display, pour un plaisir infini ?

L’écran du Samsung Galaxy S8 est bien sûr l’élément central de ce téléphone, ou tout du moins de sa face avant. Le constructeur coréen lui a d’ailleurs donné le joli nom, un peu galvaudé, d’Infinity Display afin d’appuyer sur son absence relative de bordures.

Au premier regard, il est magnifique, Super AMOLED oblige, et son omniprésence ne fait qu’accentuer cette impression. Tout comme LG, Samsung a pris la décision d’arrondir les coins de l’écran, mais la finition est ici meilleure que sur le G6, sans accroc.

Les angles sont bien finis

La dalle en elle-même est capable de monter jusqu’à une définition WQHD+, soit 2960 x 1440 pixels, pour une diagonale de 5,8 pouces. Cela représente une densité de 577 PPP. Nativement, le téléphone est cependant réglé en Full HD+ (2220 x 1080 pixels), soit une résolution de 433 PPP. Dans un cas comme dans l’autre, on a là un affichage très fin.

Cet écran est par ailleurs très contrasté, ce qui est logique puisqu’il s’agit de Super AMOLED, mais aussi très lumineux. Notre sonde ne relève qu’une luminosité de 440 cd/m², ce qui est un score à peine correct pour un flagship de la sorte, mais le Super AMOLED est bien souvent trompeur à ce niveau. Toujours est-il que même sous le soleil de midi de la Côte d’Azur, l’écran du Galaxy S8 reste parfaitement lisible, y compris avec des angles de vision improbables. En extérieur, on ressent néanmoins une petite gêne lors de la consultation de contenus très sombres (au hasard, certains passages du trailer de Star Wars: The Last Jedi), les reflets prenant alors l’ascendant.

Oh le beau reflet !

Seule sa colorimétrie pêche avec une teinte tirant un peu trop sur le bleu. Fort heureusement, Samsung intègre un menu d’équilibrage des couleurs simple et efficace afin de régler ce paramètre à notre guise en plus des quatre modes habituels, « adaptatif », « cinéma », « photo » et « basique ». Ces deux derniers sont d’ailleurs bien plus justes que l’affichage adaptatif de base qui a tendance à saturer le rouge, le rendant bien trop agressif.

Enfin, le format 18,5:9 se prête très bien à l’utilisation sur smartphones, d’autant que Samsung propose d’adapter non seulement les applications à ce format, mais aussi les contenus vidéo, contrairement à LG. Cette fonctionnalité passe néanmoins par un recadrage parfois excessif, et l’on préférera généralement rester sur un traditionnel 16:9 au risque d’afficher des bords noirs de part et d’autre de l’image.

3 modes : original, ajusté ou rogné

 

Une expérience logicielle parfaite

Le Samsung Galaxy S8 tourne nativement sous Android 7.0 Nougat avec la dernière mise à jour de sécurité en date (1er avril 2017 à l’heure de la rédaction de ces lignes). Samsung met d’ailleurs un point d’honneur à tenir ses smartphones à jour à ce niveau. Le constructeur a cependant voulu donner un nouveau tournant à son interface, désormais baptisée Samsung Experience 8.1. Et le résultat est très convaincant.

C’est certainement à cela que devrait ressembler Android

À chaque itération majeure, Samsung améliore un peu plus son interface, et si TouchWiz était très décriée voilà quelques années de cela, on sent que le constructeur sud-coréen a pris en compte les nombreuses critiques à son égard, et cela commence dès le paramétrage initial du téléphone où il est possible de choisir les applications nativement installées. Si vous n’avez que faire de Samsung Health, de son client mail ou encore de son navigateur internet, libre à vous de les décocher avant même de lancer Android pour la première fois. Les « bloatwares » se limitent donc aux applications Microsoft (Word, Excel, PowerPoint, OneDrive et Skype). Celles-ci peuvent être désactivées, mais pas entièrement désinstallées.

Une fois le système lancé, on retrouve une interface beaucoup plus moderne, avec des icônes se mariant toujours aussi peu avec celles des applications que l’on peut télécharger sur le Google Play Store, mais bien plus agréables à l’œil. Comme c’est le cas depuis plusieurs générations, on peut cependant les changer facilement en passant par la boutique de thèmes. Les paramètres sont quant à eux clairs et efficaces et chaque catégorie propose un encadré « Vous recherchez autre chose ? » pour ceux qui se seraient perdus en tentant de trouver une option en particulier.

On trouve également de nombreuses options de personnalisation, que ce soit au niveau de l’accueil qui propose une interface avec ou sans tiroir d’applications ou encore l’affichage d’un bouton permettant d’accéder à ce dernier ou un déroulement par simple glissement comme c’est le cas sur les Google Pixel. Quelles que soient vos préférences, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur sans avoir à installer un launcher tiers. Même les paramètres rapides peuvent être personnalisés, jusqu’à la dimension de la grille.

Les anciennes options sont bien évidemment toujours de la partie avec en vrac du multifenêtrage, le Smart Stay pour garder l’écran allumé lorsqu’on le regarde, le Game Launcher, les gestures sur l’écran ou le capteur d’empreintes et d’autres encore. Quelques nouveautés plus discrètes, mais pas pour autant dépourvues de sens, font également leur apparition, comme l’affichage de certaines notifications sous forme d’une petite bulle bien plus discrète que le traditionnel rectangle qui recouvre une partie non négligeable de l’écran.

Bref, tout est fluide, simple et intuitif en plus d’être capable de s’adapter à n’importe quel utilisateur. De toutes les améliorations apportées à cette génération, il s’agit certainement de la plus impressionnante. C’est certainement à cela que devrait ressembler Android.

 

Bixby, l’assistant plus artificiel qu’intelligent

S’il y a bien un point sur lequel Samsung a insisté lors de la présentation de son nouveau flagship, c’est bien Bixby, son intelligence artificielle. À l’instar de Google Assistant, celle-ci est censée être capable d’apporter de nombreuses informations à l’utilisateur au quotidien sans même qu’il ait à le demander, mais aussi faciliter sa recherche d’informations. Malheureusement, la communication avec cet assistant est pour le moment castrée et Bixby se découpe actuellement en deux parties : un flux de cartes proche de Google Now et un moteur de recherche intelligent basé sur l’appareil photo.

Le premier est bien plus évolué que le Smart Bulletin du LG G6 avec davantage d’informations prodiguées (Foursquare, Twitter, Uber, actualités, rappels…), ainsi qu’une liste d’applications prises en charge qui devrait être appelée à s’étoffer avec le temps. Malheureusement, elle reste encore restreinte et propose par exemple Spotify, mais ni Google Play Musique ni Deezer.

Au final, Google Now, connecté à tous les services de Google, s’avère bien plus efficace et propose des informations bien plus pertinentes la majorité du temps sans même avoir besoin de passer par une application tierce.

Le principal intérêt de Bixby à l’heure actuelle est donc sa recherche par reconnaissance visuelle. Le premier contact est plutôt impressionnant, de nombreux produits étant reconnus. L’application est cependant limitée par son partenariat — a priori exclusif — avec Amazon qui réduit grandement les possibilités d’achat. De même, pour les vins, on peut obtenir certaines informations, mais pas toujours les plus pertinentes, et seulement en anglais.

Pour le moment, Bixby reste donc un gadget amusant, sans plus. Un long chemin est encore nécessaire pour qu’il devienne vraiment intéressant, mais chaque jour de perdu est un jour supplémentaire durant lequel Google travaille sur Assistant, un concurrent de taille qui a toutes les cartes en main pour éclipser Bixby sur le long terme.

 

Sécurité : un smartphone qui répond (presque) au doigt et à l’œil

Au-delà de la simple interface, Samsung a également déployé diverses fonctions de sécurité biométrique. Pour déverrouiller son smartphone, l’utilisateur a donc le choix entre le mot de passe, le code PIN, le schéma, mais aussi le capteur d’empreintes, la reconnaissance faciale et la reconnaissance rétinienne. Mais si ces sécurités peuvent être utilisées en parallèle, toutes ne se valent pas…

Tout d’abord, le lecteur d’empreintes. Comme dit plus haut, celui-ci est mal positionné et le doigt ne tombe pas naturellement dessus, d’autant plus lorsque l’on tient le téléphone de la main gauche. La phalange devant obligatoirement recouvrir la majeure partie du capteur afin de déverrouiller le téléphone, il n’est pas rare de s’y prendre à plusieurs fois avant de se retrouver sur l’accueil, voire carrément de retourner l’appareil afin de vérifier de visu où se trouve réellement la zone en question.

Le capteur d’empreintes, mal placé

Pour ce qui est de la reconnaissance rétinienne, Samsung annonce que le capteur peut avoir du mal lorsque l’utilisateur porte des lunettes ou des lentilles. Nous avons testé dans tous les cas de figure (lentilles, lunettes, œil nu) et aucun ne semble probant à 100 %. Si dans certaines conditions la reconnaissance est immédiate, il n’est pas rare de devoir bouger son Galaxy S8 dans tous les sens afin de trouver l’angle parfait et la distance optimale à son bon fonctionnement, ou pire encore de devoir passer par un autre moyen, la reconnaissance ayant parfois du mal à distinguer la rétine. C’est notamment le cas en plein soleil par exemple, lorsque l’œil est entouré d’ombres.

Enfin, la reconnaissance faciale, qui s’avère pourtant efficace sur certaines personnes, s’est montrée déplorable dans mon cas. Est-ce la barbe, l’absence de cheveux ou la forme de mon visage qui ne lui a pas plu ? Difficile à dire, mais toujours est-il que c’est la sécurité qui s’est montrée la plus contraignante au quotidien, m’obligeant bien trop souvent à passer par une empreinte ou un schéma.

La puissance du 10 nm

Le Samsung Galaxy S8 est le premier smartphone à proposer un processeur gravé à 10 nm, l’Exynos 8895 (ou le Qualcomm Snapdragon 835 dans d’autres parties du monde). Celui-ci promet de très bonnes performances, mais aussi et surtout une consommation énergétique plus efficace pour une chauffe minimale et une autonomie correcte. Il est étonnant en revanche que ce CPU composé de 4 cœurs Cortex-A53 et 4 quatre cœurs performants de fabrication maison ne soit couplé qu’à 4 Go de RAM. Si cela devrait suffire au quotidien, on pouvait espérer que le flagship le plus attendu de l’année soit « future proof » et anticipe les prochaines utilisations gourmandes que l’on pourrait imaginer sur nos smartphones.

Cette nouvelle architecture se ressent effectivement lors des benchmarks puisque le Galaxy S8 enregistre les meilleurs scores dans presque tous les tests.

 Samsung Galaxy S8 (FHD+)Samsung Galaxy S7LG G6Huawei P10
AnTuTu172 887 points128 089 points139 568 points76 144 points
PCMark5 825 points4 803 points5 397 points7 148 points
PCMark 2.05 272 points4 959 points
3DMark Ice Storm Unlimited31 353 points28 887 points27 0274 points26 078 points
3DMark Ice Storm Unlimited (Graphics)35 914 points33 289 points28 810 points32 649 points
3DMark Ice Storm Unlimited (Physics)21 705 points19 743 points22 358 points15 301 points
3DMark Slingshot Extreme3 237 points
3D Mark SSE (Graphics)3 544 points
3D Mark SSE (Physics)2 485 points
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen)21 / 25 FPS
GFXBench T-Rex (onscreen / offscreen)60 / 121 FPS51 / 81 FPS45 / 65 FPS56 / 59 FPS
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)54 / 63 FPS25 / 38 FPS24 / 41 FPS31 / 29 FPS
Real Racing 3 (GameBench)49 FPS43 FPS35 FPS61 FPS
Hitman Sniper (GameBench)42 FPS29 FPS17 FPS53 FPS
Lecture / écriture séquentielle791 / 189 Mo/s417 / 120 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire32 595 / 3 911 IOPS22 874 / 4 437 IOPS

Précisons que tous ces tests ont été effectués en définition FHD+ avec le mode d’optimisation des performances activé (paramètres par défaut). Des tests plus complets comparant les différents modes seront réalisés très prochainement.

Sur tous les benchmarks, les résultats sont très bons, mais on remarque tout de même qu’en jeu, le Kirin 960 des Huawei Mate 9, P10 et P10 Plus surpasse cet Exynos 8895. Il se positionne néanmoins très bien et les chutes de framerate constatées sont toujours progressives, ce qui les rend très acceptables, voire invisibles pour les moins regardants, d’autant que c’est peut-être aussi grâce à cela qu’il ne chauffe pas du tout…

Gamebench Real Racing 3
  • Galaxy S8 : 49
  • Galaxy S7 : 43
  • LG G6 : 35
  • Huawei P10 : 61

Dans le doute, nous avons tout de même lancé Real Racing 3 en mode « Jeu », et celui-ci tourne à 57 FPS de moyenne, ce qui est toujours inférieur à ce que propose la puce de HiSilicon, mais frôle tout de même la perfection.

Enfin, Samsung semble avoir corrigé sa gestion de la RAM, bien souvent trop agressive. Avec 4 Go de RAM seulement, le système est très fluide et le passage d’une application à l’autre se fait sans le moindre heurt. Même si une recharge est souvent nécessaire, le processus est très rapide et permet de rendre cette astuce presque invisible.

 

En photo, on prend (presque) le même et on recommence

Depuis au moins deux générations, Samsung se positionne comme l’un des leaders du smartphone haut de gamme lorsqu’il s’agit de qualité photo. Pour son Galaxy S8, le constructeur a décidé de ne pas se renouveler en reprenant un hardware très proche e celui de son prédécesseur. On retrouve donc un capteur de 12 Mégapixels — Sony IMX333 ou (Samsung) ISOCELL S5K2L2 — doté de photosites de 1,4 μm. Le tout est surmonté d’un objectif ouvrant à f/1.7 avec stabilisation optique. Selon Samsung, la différence se joue donc essentiellement sur le processus du traitement de l’image.

Il n’est donc pas très étonnant de retrouver sur le Galaxy S8 une qualité photo peu ou prou similaire à ce que proposait le Galaxy S7 l’année dernière. En plein jour, autant dire que le résultat est généralement très bon, avec un piqué de qualité et un bokeh mettant parfaitement en relief le premier plan grâce à sa très grande ouverture. Comme pour la génération précédente cependant, on remarque que les 12 Mégapixels peuvent parfois limiter la finesse des clichés en comparaison des 16 Mégapixels du Galaxy S6. Des images qui semblent parfaites sur l’écran du téléphone montrent leurs limites dès lors que l’on zoome à 100 %. En macro, le résultat est donc plutôt flatteur, mais sur les paysages, le rendu n’a rien d’exceptionnel en 2017.

En macro, le résultat est très bon

En paysage, le rendu est bon, mais il ne faut pas trop zoomer dans l’image

Pour ce qui est de la gestion des couleurs, on retrouve comme bien souvent chez Samsung une saturation légèrement excessive. Le résultat caresse la rétine sur l’écran AMOLED du téléphone, c’est un fait, mais les photographes avertis cherchant une certaine justesse colorimétrique risquent de rapidement déchanter une fois les clichés transférés sur un écran finement calibré. Il arrive également que le résultat soit beaucoup trop chaud, et un même cliché pris avec un iPhone 7 ou un Huawei P10 Plus est alors beaucoup plus proche de la réalité, le Galaxy S8 ayant la fâcheuse tendance à tirer vers le jaune.

L’image est bien plus jaune que sur iPhone ou P10+

C’est d’autant plus dommage que les très forts contrastes sont parfois mal gérés et qu’il arrive que l’on se retrouve avec un arrière-plan surexposé ou un léger voile blanc sur l’image.

L’avant-plan est bon, mais l’arrière est surexposé

Léger voile blanc sur le haut de la photo

En intérieur, lorsque la lumière vient à manquer ne serait-ce que légèrement, la mise au point est parfois imparfaite même en restant bien stable et dès lors que l’on est dans des conditions très difficiles, l’appareil semble pousser les ISO tout en appliquant un filtre pour éviter le bruit numérique. Résultat, si le bruit n’est pas trop prononcé, le flou est quant à lui bien présent, et ce même si le premier plan est bien éclairé.

Ambiance sombre, ambiance floue

Même quand la scène est éclairée, on remarque les lacunes

Enfin, dès que les conditions ne sont pas optimales, il convient de débrayer en manuel afin de pouvoir régler un peu mieux son image. On aurait cependant apprécié de pouvoir gérer l’ouverture en plus du temps de pose, des ISO et de la balance des blancs.

En auto, la scène est trop claire, les couleurs mal rendues, en manuel on obtient un résultat meilleur

L’interface propose d’ailleurs plusieurs autres modes, dont l’habituel Panorama, la « photo virtuelle » qui se présente davantage comme une courte vidéo pour capturer un objet sous tous ses angles ou encore la mise au point sélective, généralement réservée aux appareils à double capteur et permettant de régler le focus après coup, en post production. D’autres modes peuvent également être téléchargés, comme le Beauty Face ou le Dual Camera, déjà aperçus sur d’autres modèles de la marque. Pour les amateurs des filtres Snapchat, Samsung a même pensé à intégrer ses propres filtres sur l’appareil photo. Un petit gadget amusant et reconnaissant très bien le visage. Pas de quoi remplacer tout un réseau social pour autant.

Ces photos resteront malheureusement plus de 10 secondes en ligne…

Le capteur frontal de 8 Mégapixels est d’ailleurs de bonne qualité sur tous les points, tant sur la définition que la gestion de la lumière et des contrastes. Idéal pour les égocentriques !

On peut compter les poils de barbe. 1, 2, 3….

Une nouvelle fois, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, derrière ces nombreuses critiques, l’appareil photo du Galaxy S8 est bien loin d’être mauvais. On retrouve ici une qualité similaire à celle du Galaxy S7, qui est longtemps resté une référence en la matière. En ce début 2017, on trouve cependant meilleur. Entre le Huawei P10 Plus qui propose une meilleure gestion de la lumière en conditions difficiles sans avoir à débrayer en manuel ou le LG G6 qui propose des couleurs un peu plus fidèles et une plus grande polyvalence, ce Galaxy S8 semble presque décevant. Presque.

La partie vidéo est quant à elle correcte en Full HD à 60 ips ou jusqu’en 4K à 30 ips. La définition est très bonne, de même que la gestion des différentes sources lumineuses. Enfin, comme c’était déjà le cas sur le LG G6, on remarque un effet de rolling shutter qui provoque une distorsion de l’image lors des mouvements très rapides de la caméra. De quoi satisfaire monsieur tout le monde, mais qui ne permettra pas de remplacer un appareil professionnel (ou semi pro).

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Un haut-parleur suffisant, mais décevant

Le Galaxy S8 ne dispose que d’un seul haut-parleur situé sur la partie droite de sa tranche inférieure. Un positionnement plutôt standard et pourtant toujours aussi délicat, surtout quand l’on a connu le merveilleux double haut-parleur en façade du HTC One M7. En effet, une fois le téléphone tenu à l’horizontale, il n’est pas rare que l’orifice soit bouché par la paume de la main ou un doigt mal placé. Lors de mes parties de Real Racing 3 par exemple, chaque virage à droite étouffait le bruit des moteurs au creux de ma main. De même, à la verticale, lorsque l’on tient le téléphone de la main gauche et que l’on place son auriculaire en dessous du téléphone pour s’assurer une prise ferme, le haut-parleur est également obstrué.

Haut-parleur mal placé

Pour ce qui est de la qualité du son, on ne peut pas dire qu’elle soit mauvaise, mais elle reste loin d’être excellente. Sa puissance maximale pourrait être meilleure. Même si cela reste parfaitement audible, il est bien souvent obligatoire de pousser le volume dans les extrêmes pour profiter pleinement d’un titre un peu pêchu jouant sur les basses ou à l’inverse d’une vidéo au son manquant de tonus (un simple discours face caméra par exemple).

Mais ce que l’on regrette le plus, c’est certainement le manque de profondeur de son. Les basses manquent clairement pour donner du corps au son et les aiguës sonnent parfois de manière trop métallique à plein volume (pourtant quasi obligatoire), ce qui se ressent beaucoup trop sur le son d’une guitare électrique par exemple.

Alors attention, ce sont là bien sûr des critiques de quelqu’un attendant l’excellence pour un smartphone commercialisé à plus de 800 euros et le son du Galaxy S8 devrait tout de même satisfaire le plus grand nombre. Il reste cependant bien en retrait de ce que l’on attend d’un smartphone de sa trempe.

 

Réseau

Tout comme les autres flagships de ce début d’année, le Samsung Galaxy S8 est compatible avec toutes les bandes de fréquences utilisées en France, y compris celle des 700 MHz. Il capte d’ailleurs très bien et reste en couverture 4G même dans les zones difficiles en affichant des vitesses de plus de 90 Mbps sur le réseau d’Orange en pleine campagne.

On note également la présence du WiFi 5 GHz dual band et du Bluetooth 5.0.

Enfin, son GPS fixe très rapidement assez de satellites pour nous localiser avec précision et sa boussole est bien réglée… Ce qui n’est pourtant pas toujours le point fort de Samsung…

 

Autonomie

Le Samsung Galaxy S8 est animé par une batterie de 3 000 mAh, ce qui semble à première vue léger pour un smartphone équipé d’un écran — même Super AMOLED — de 5,8 pouces. Et, disons-le franchement, c’est le cas selon votre utilisation.

Dans un test standard, lorsque l’écran est réglé à 200 cd/m², le Galaxy S8 perd environ 9 % d’autonomie sur une heure de lecture vidéo en WiFi, ce qui est un score similaire à ce que propose le LG G6. Si vous utilisez votre smartphone principalement en intérieur, vous devriez pouvoir tenir toute la journée sans trop de souci, avec une utilisation d’environ 6 heures écran allumé (réseaux sociaux, jeux, vidéo, navigation web…).

Batterie restante après le test d’autonomie :

Autonomie
  • Galaxy S8 : 91
  • Galaxy S7 : 89
  • LG G6 : 91
  • Huawei P10 : 88

Malheureusement, dans les faits, l’écran s’avère très gourmand dès lors que l’on se trouve en extérieur. Après deux heures de balade en plein soleil à prendre quelques photos et 2 minutes de vidéo en 4K et à envoyer quelques messages sur WhatsApp, la batterie s’est vidée d’environ 30 %. Autant dire que je n’ai pas terminé ma journée sans faire un tour par la case chargeur après 4 heures 20 d’utilisation écran allumé seulement.

Comme d’habitude, on retrouve deux modes d’économie d’énergie, un mode « moyen » qui réduit la luminosité de l’écran, désactive l’Always On Display et les transferts réseau en arrière-plan, et un mode plus agressif qui transforme le Galaxy S8 en dumbphone en HD avec un fond d’écran noir.

Pour ce qui est de la recharge, Samsung fournit un bloc secteur de 9 V pour 1,67 A, soit 15 W, permettant, selon nos tests, de passer de 10 à 50 % de batterie en 30 minutes et de 10 à 100 % en 1 heure 30.

 

Prix et disponibilité

Le Samsung Galaxy S8 est d’ores et déjà en précommande et sera disponible à la vente à partir du 28 avril 2017 au prix conseillé de 809 euros pour la version 64 Go.

 

Galerie photo

Test Samsung Galaxy S8 Le verdict

design
8
Après un S7 très réussi, Samsung a réussi à bouleverser ses habitudes en proposant un design allant au-delà des normes traditionnelles. L'effet "wahou" est là et ne laisse personne indifférent, bien plus encore que pour le G6. En outre, la prise en main est extrêmement confortable et les finitions sont bonnes, à l'exception peut-être du revêtement oléophobe qui pourrait être de meilleure qualité afin d'éviter les traces de doigt sur la coque arrière.

Malheureusement, ce détail n'est pas le seul à se montrer gênant, puisque l'emplacement du capteur d'empreintes et celui des touches de volume rendent certaines manipulations difficiles à réaliser. Ne me demandez pas combien de fois j'ai lancé Bixby en voulant baisser le volume, le chiffre vous donnerait le vertige...
écran
9
Samsung nous a habitué à proposer sur ses smartphones des écrans AMOLED de très bonne facture et le Galaxy S8 ne déroge pas à cette règle, d'autant qu'il s'agit d'un des principaux attraits du téléphone. Si la dalle peut afficher jusqu'à 577 PPP, Samsung a pris la décision de la brider nativement à 433 PPP, laissant à l'utilisateur le choix d'aller plus loin s'il le désire. Un choix judicieux sachant que peu d'utilisations nécessitent réellement une finesse aussi prononcée.

Comme d'habitude avec les écrans Super AMOLED, notre sonde est plutôt sceptique et mesure une luminosité à peine correcte pour un contraste infini. Mais comme d'habitude toujours, le résultat à l'œil est très flatteur et largement lisible même en plein soleil. En outre, sa directivité lui prodigue des angles de vision très larges permettant de profiter de cet Infinity Display à plusieurs sans le moindre souci.

Une nouvelle fois, Samsung frôle la perfection et pourrait proposer là l'un des plus beaux écrans du marché si ce n'était sa colorimétrie imparfaite, trop saturée dans les rouges et affichant certaines zones de façon un peu trop froides. Heureusement, la partie logicielle permet de régler cela manuellement à notre guise.
logiciel
10
Fluide, complète, intuitive et personnalisable. L'interface Samsung Experience 8.1 pourrait difficilement être meilleure et l'on sent que le constructeur a longuement étudié les nombreuses critiques à son égard pour apporter à l'utilisateur ce qu'il souhaite vraiment.

On oubliera en revanche Bixby et les différentes sécurités biométriques qui manquent encore largement d'intérêt en l'état.
performances
9
Sur le papier, le Galaxy S8 affiche de très bonnes performances, même s'il se laisse distancer en utilisation réelle par le Kirin 960 dans les jeux. Dans les faits, la différence ne se ressent pas vraiment et les rares chutes de framerate sont assez progressives pour paraître quasi invisibles.

Au quotidien comme lors des utilisations les plus gourmandes, le Galaxy S8 est donc un maître en la matière.
caméra
8
Pour ce qui est de la photo, le Galaxy S8 reprend l'essentiel du Galaxy S7 que nous qualifions l'année dernière de « l'un des meilleurs photophones ». Le Galaxy S8 reste donc très qualitatif, mais il souffre d'un léger manque de détails, de quelques problèmes d'exposition ou d'une gestion parfois hasardeuse des couleurs.

Tout en restant un très bon appareil photo pour smartphones, il doit cette année affronter des concurrents de taille que sont les Huawei P10 Plus et LG G6, tous les deux excellents en la matière. On s'attendait donc à une amélioration plus notable sur ce point.
autonomie
7
Entre son processeur gravé à 10 nm, son écran AMOLED et les optimisations logicielles de Samsung (comme le passage de l'écran en Full HD), on pouvait espérer une bonne autonomie, ce qui s'est d'ailleurs vérifié lors de notre test habituel sur de la lecture vidéo. Au quotidien, le ressenti est cependant moins bon, notamment lorsque le téléphone est utilisé en extérieur et que la luminosité de son écran est poussé à fond.

Sa charge rapide est quant à elle plutôt standard, n'offrant rien d'exceptionnel.
Note finale du test 8/10
Avec son Galaxy S8, Samsung a voulu révolutionner son flagship et lui donner une toute nouvelle direction. Nouveau design, absence de bouton physique, nouvelles fonctionnalités, nouvelle interface... On retrouve certaines bases qui rappellent qu'il s'agit bien du descendant du Galaxy S7, mais comme un nouveau-né, si on peut dire qu'il a les yeux de son ancêtre, le reste est une nouveauté totale.

Mais est-ce une réelle réussite ? Pas sur tous les points. Si vous avez lu la totalité du test sans scroller directement à la conclusion, vous devez désormais savoir que le Galaxy S8 est loin d'être exempt de défauts. Son design est beau et agréable en main, mais manque encore d'ergonomie sur certains points, les diverses sécurités biométriques sont encore à perfectionner, Bixby n'est encore que l'ombre de lui-même, l'appareil photo et le haut-parleur sont décevants sans être mauvais et sa batterie est encore trop légère pour une telle diagonale d'écran.

Il reste pourtant un très bon héritier du Galaxy S7. Son interface est parfaite (osons le mot), le côté "wahou" est bel et bien là, sa qualité globale est très bonne, même en prenant en compte les défauts cités précédemment, son écran est très beau, l'Exynos 8895 fait son office et son utilisation au quotidien est un véritable plaisir.

Aussi, malgré ses défauts, il pourrait mériter la note de 9/10. Mais une question reste encore à élucider : vaut-il réellement ses 810 euros alors qu'il est imparfait et que la concurrence est plus qualitative que jamais ? Difficile à dire tant cela dépend de votre relation avec l'argent, mais d'un point de vue qualité/prix, et si l'on exclut son design superbe et novateur, le Galaxy S8 peine à réellement justifier son prix très élevé qui laisserait sous-entendre qu'il est le smartphone parfait du moment. Avec une ODR ou un prix légèrement plus abordable en revanche, foncez !

Une chose est sûre en revanche, c'est que si le Galaxy S9 est au S8 ce que le S7 était au S6, vivement l'année prochaine pour peut-être enfin avoir LE smartphone parfait.
  • Points positifs
    • Design très beau et agréable
    • Un très bel écran AMOLED
    • Une interface parfaite
    • Des performances de pointe sans chauffe
  • Points négatifs
    • Pas ou peu d'amélioration en photo
    • Les options de sécurité mal pensées
    • Bixby encore incomplet
    • Boutons mal placés