Ce concurrent de BYD dévoile sa batterie qui se recharge en 5 minutes et elle ne s’abime pas (ou presque)

 
Alors que la recharge ultra-rapide est parfois accusée de ruiner la santé des cellules, le fabricant chinois Sunwoda vient de présenter une nouvelle batterie qui fait penser à la technologie de BYD. Au programme : une technologie capable d’expédier la charge à 75 % en cinq minutes, tout en affichant une insolente résistance à l’usure.

La recharge en quelques minutes et l’optimisation des coûts sont au cœur des préoccupations actuelles de l’industrie automobile. L’entreprise chinoise Sunwoda Power vient de présenter sa nouvelle feuille de route technologique.

La vedette de cette présentation est sans conteste une nouvelle batterie lithium-fer-phosphate (LFP, sans cobalt) capable d’encaisser des puissances de charge colossales, promettant de faire passer le temps d’arrêt à la borne sous la barre des dix minutes pour une voiture électrique.

La charge ultra-rapide de 15C : explications et chiffres

Sunwoda a détaillé sa « Xingchi Supercharge Battery 2.0 », un accumulateur destiné aux voitures. La caractéristique principale mise en avant par la marque est sa capacité de charge de 15C. Pour expliciter ce terme technique, la valeur « C » indique la puissance de charge par rapport à la capacité totale de la batterie.

Une charge à 1C remplit théoriquement la batterie en une heure. Une charge à 15C multiplie cette puissance par quinze, permettant d’accélérer drastiquement le processus d’approvisionnement en énergie.

Concrètement, selon les données de l’entreprise, cette architecture permet de passer de 5 % à 95 % de capacité en seulement 9 minutes, ou de 5 % à 75 % en 5 minutes et demie. Le pack de démonstration affiche une capacité de plus de 98,8 kWh, reposant sur une tension de 844,8 volts.

L’intensité maximale du courant atteint les 1 800 ampères, des valeurs particulièrement élevées qui nécessitent des infrastructures de recharge adaptées pour délivrer une telle puissance. Des temps de charge qui deviennent d’ailleurs tangibles sur le marché, à l’image d’autres voitures concurrentes capables de valider un 10 à 70 % en 5 minutes, donc environ 6 minutes du 10 à 80 % et 9 minutes sur 10 à 97 % en conditions réelles, comme chez BYD avec la Denza Z9GT disponible depuis peu en Europe.

L’une des inquiétudes légitimes des utilisateurs face à ces charges extrêmes concerne la dégradation prématurée des cellules. Sur ce point, Zhou Zhaoyuan, directeur général de la gamme de batteries au phosphate de l’entreprise, s’est exprimé en affirmant que le produit bénéficie de « cycles de supercharge illimités pendant la période de garantie« .

Cette annonce s’inscrit dans une progression constante du fabricant, qui n’en est pas à son coup d’essai après avoir déjà travaillé sur des cellules promettant une grande autonomie couplée à des temps de charge réduits au cours des dernières années.

Outre la vitesse pure, Sunwoda s’attaque au problème de la durée de vie globale. Le fabricant a présenté une variante de sa batterie privilégiant la longévité, avec des chiffres précis : une dégradation de 0 % la première année et une perte de capacité limitée à seulement 10 % au bout de dix ans de service, selon les affirmations de la marque.

Les batteries au sodium, sans lithium

La conférence a également mis en lumière la stratégie de Sunwoda concernant les batteries au sodium-ion (sans aucun lithium), destinées notamment au stockage d’énergie et aux véhicules d’entrée de gamme.

Le sodium s’impose aujourd’hui comme une alternative de plus en plus crédible au lithium, notamment car il ne souffre pas des mêmes tensions sur l’approvisionnement mondial. C’est une technologie qui est d’ailleurs déjà en cours de déploiement chez plusieurs grands constructeurs, tandis que les camions électriques commencent à l’adopter avec succès.

Selon le directeur de l’Institut central de recherche de Sunwoda, les batteries au sodium affichent une résistance impressionnante dans le temps, dépassant les 20 000 cycles de charge à température ambiante et les 10 000 cycles à haute température. Elles offrent également des garanties de sécurité supérieures aux chimies concurrentes. Leurs coûts de fonctionnement sur l’ensemble de leur cycle de vie sont ainsi drastiquement réduits.

Néanmoins, leur densité énergétique inférieure restreint pour le moment leur utilisation dans les véhicules nécessitant de grandes capacités. Elles sont donc logiquement fléchées vers les réseaux de bord basse tension et les petites citadines, où elles peuvent compenser les pertes d’autonomie par temps froid.


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