Plusieurs haut-placés de l’administration Trump se sont réunis pour tenter de mettre un terme au chiffrement bout à bout des applications selon Politico. Ces derniers accusent l’outil, développé pour protéger la vie privée des citoyens, de protéger les criminels.

Le gouvernement Trump a récemment placé Huawei dans sa « Entity List », empêchant ainsi la moindre relation avec les entreprises américaines. La cause ? Il suspecte l’équipementier réseau et constructeur de smartphones de pouvoir nous espionner à sa guise, bien qu’il n’ait pas réussi à produire de preuve en la matière.

Aujourd’hui, le gouvernement Trump voudrait… pouvoir nous espionner à sa guise, si l’on en croit les informations de Politico. Plusieurs haut-placés de l’administration Trump se sont en effet réunis pour un discours similaire.

Bannir le chiffrement bout à bout

Selon le journal, ces derniers réfléchissent à bannir le chiffrement bout à bout, cette technologie qui permet de rendre les interactions entre deux entités totalement illisibles pour les services. Cette fonctionnalité est particulièrement populaire sur les applications de discussion type WhatsApp, et a été mise en place afin de protéger la vie privée des utilisateurs.

Au cours d’une réunion du conseil de sécurité nationale s’étant déroulée mercredi dernier, plusieurs agences de sécurité américaines ont exprimé leur mécontentement face à la situation, puisque le chiffrement bout à bout empêche un accès facile aux données de criminels qui peuvent se rendre totalement invisibles.

La priorité est d’attraper les terroristes

Le DOJ et le FBI argumenteraient que la priorité absolue est de pouvoir attraper les criminels et terroristes, quitte à créer un risque de piratage. Le département de la sécurité intérieure serait plus partagé sur la question, du fait du risque encouru pour ses propres opérations, bien qu’il reconnaît avoir connu des difficultés avec le chiffrement bout à bout au cours de ses enquêtes.

Il semble que l’idée générale soit de pouvoir installer une porte dérobée (backdoor) au sein des chiffrements bout à bout, afin que le gouvernement américain puisse accéder aux données malgré tout. Cependant, il s’agit ici de faire une partie du travail des pirates pour eux : ils n’auraient plus qu’à trouver cette porte dérobée pour s’en servir. Avoir une backdoor préinstallée rend qui plus est tout le principe du chiffrement bout à bout caduque. Pour le moment, et fort heureusement, il ne s’agit que d’une discussion entre diverses autorités américaines.

Pour précision, le chiffrement bout à bout ne rend pas les données totalement inaccessibles dans le cadre d’une enquête judiciaire. Cependant, il faut pouvoir accéder physiquement à l’un des appareils ayant participé à une conversation chiffrée pour les récupérer.

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