La FTC attaque Facebook pour défaire le rachat d’Instagram et WhatsApp

 

La FTC a annoncé la poursuite en justice de Facebook dans une nouvelle grande affaire antitrust. En cause, le rachat d'Instagram et WhatsApp qui aurait mis à mal la concurrence dans le marché des réseaux sociaux.

WhatsApp, Messenger et Instagram

Les applications WhatsApp, Messenger et Instagram // Source : Frandroid

Depuis plusieurs mois, les États-Unis montent au créneau sur le dossier du poids acquis des grandes firmes de la tech comme Apple, Google, Microsoft ou Facebook. C’est ce dernier qui est aujourd’hui visé par une plainte de la FTC américaine, équivalent en quelque sorte de la DGCCRF française, puisqu’elle supervise elle aussi la fraude et la concurrence commerciale entre les entreprises. La FTC estime que Facebook a mis à mal la concurrence en rachetant des entreprises, qui étaient alors encore naissantes, comme Instagram et WhatsApp dans le but de retirer des concurrents du marché.

Cette nouvelle grande affaire antitrust est menée par la FTC, et suivie par 47 procureurs régionaux ou d’états des États-Unis.

Plus de 23 milliards de dollars de rachat dans le viseur

Sont donc particulièrement visés les rachats d’Instagram en 2012 pour près d’un milliard de dollars, et WhatsApp en 2014 pour 22 milliards de dollars. Dans sa plainte, la FTC annonce souhaiter l’annulation du rachat de ces deux entreprises par Facebook. Cela signifie que les deux services reprendraient leur indépendance. La firme a vivement réagi devant cette attaque, rappelant que ces rachats avaient été validés en leurs temps par les autorités compétentes.

Des années après que la FTC a autorisé nos acquisitions, le gouvernement veut maintenant revenir en arrière sans tenir compte de l’impact que ce précédent aurait sur l’ensemble du monde des affaires ou sur les personnes qui choisissent nos produits chaque jour.

Au cours des derniers mois, Facebook a particulièrement rapproché ses services pour les rendre intercompatibles. En juillet, la firme a poussé une mise à jour permettant aux utilisateurs de Facebook Messengers et WhatsApp de discuter entre eux.

Des pratiques mauvaises pour les applications rachetées

La FTC veut justement se pencher sur les modifications réalisées par Facebook sur les applications WhatsApp et Instagram. En particulier, la façon dont Facebook pourrait avoir décidé d’absorber les données des utilisateurs de WhatsApp, contre la volonté de ses créateurs originaux, et ainsi rendre le service de messagerie moins vertueux pour le consommateur.

Le site The Verge rappel que Brian Acton, co-fondateur de WhatsApp a publiquement exprimé ses différends avec la direction prise par Facebook en claquant la porte de la firme, suivie peu après par l’autre co-fondateur de WhatsApp, Jan Koum. Kevin Systrom et Mike Krieger, les fondateurs d’Instagram, ont également quitté Facebook après des années de problèmes internes avec la direction du groupe.

La phrase de trop de Mark Zuckerberg

Le dossier de la FTC se repose entre autres sur les emails internes de Facebook révélés cet été aux États-Unis. Dans l’un d’eux, envoyé par Mark Zuckerberg à David Ebersman, alors responsables des finances du groupe, l’homme d’affaires explique que l’objectif du rachat d’Instagram est de ralentir la concurrence de Facebook.

Une façon de voir les choses, c’est que ce que nous achetons vraiment, c’est du temps. Même si de nouveaux concurrents apparaissent, le fait d’acheter Instagram, Path, Foursquare, etc. maintenant nous donnera un an ou plus pour intégrer leur dynamique avant que quelqu’un puisse à nouveau se rapprocher de leur taille. Pendant ce temps, si nous intégrons la mécanique sociale qu’ils utilisaient, ces nouveaux produits n’auront pas beaucoup d’impact puisque nous aurons déjà déployé leur mécanique à notre échelle.

Dans un mail envoyé moins d’une heure après, Mark Zuckerberg se corrigeait en indiquant « je ne voulais pas sous-entendre que nous les rachèterions pour empêcher une concurrence avec nous », une autocorrection qui pourrait être perçue comme un aveu.

En septembre, la FTC avait déjà placé Google dans son viseur pour une affaire antitrust concernant son activité publicitaire, et plus précisément son outil Google Ad Manager. Apple est également au centre de plusieurs enquêtes aux États-Unis et par l’Union européenne. De façon préventive, Apple pourrait bientôt proposer des alternatives de ses applications sur les appareils iOS.

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