Des images d’une manette de Google ont fait le tour du web ce week-end, suscitant l’hilarité en raison d’un design assez étrange. Voici pourquoi ces images manquent grandement de crédibilité.

C’est un euphémisme de dire que le lancement de la première console de jeu de Google est très attendu et ce week-end le prouve une nouvelle fois. Plus tard au mois de mars, la firme devrait dévoiler la version commerciale de son service de streaming de jeu dans le cloud, connu jusqu’à présent sous le nom Project Stream.

Si la console ne devrait être qu’une petite box servant d’accès aux serveurs de Google, l’élément matériel le plus important de cette annonce sera finalement le design de la manette conçue par la marque.

Un tweet a fait beaucoup parler de lui ce week-end, prétendant révéler le design de la manette, avec une méthodologie très douteuse.

Un brevet pris au pied de la lettre

Comme le compte auteur du tweet le suggère lui-même, les images qui « révèlent » le design de la manette sont en fait un mockup 3D réalisé à partir d’un brevet publié par Google.

L’image du brevet qui a servi de patron.

Il s’agit d’un véritable brevet de Google, dont on peut lire une copie directement depuis le site officiel du bureau américain de dépôt des brevets. Cependant ce brevet ne concerne pas du tout l’apparence de la manette, mais plutôt un système de « notifications sur un contrôleur de jeu ».

Ce brevet décrit donc comment une manette peut envoyer des notifications au système, grâce aux différents boutons proposés. Il mentionne notamment comment un utilisateur peut « recevoir une notification l’invitant à rejoindre le jeu XYZ » et comment il peut accepter cette invitation grâce à la manette.

Pourquoi on a du mal à y croire

Vous l’aurez compris, hormis une petite liste de boutons, nécessaire pour expliquer le système de notification, ce brevet ne décrit jamais l’apparence physique de la manette. Le schéma fourni n’est donné qu’à titre indicatif pour mieux comprendre le brevet.

À titre de comparaison, comme le souligne Jason Schreier sur Twitter, voici un brevet déposé par Nintendo pour la Switch.

Ce schéma ne correspond pas vraiment au design final de la console, même s’il décrit bien comment fonctionnera la console en mobilité.

Comme nous l’indiquions dans notre dossier dédié, un brevet ne se traduit pas forcément par un produit commercialisé, mais simplement par une idée que la marque souhaite protéger. Ils peuvent donner des indications sur l’orientation d’un produit, mais pas des caractéristiques définitives.

Un problème de proportion

Comme nous l’indiquions plus haut, le mockup 3D a été réalisé à partir d’un schéma crayonné en noir et blanc. Le créateur qui a réalisé le mockup ne semble pas avoir pensé à l’échelle de son image.

À en croire le mockup, la manette de Google serait gigantesque.

En effet, si l’on ramène la taille des boutons d’action à ceux d’une manette Xbox One, on se rend vite compte de la taille beaucoup trop imposante de la supposée manette de Google.

Dans les détails on peut également noter l’utilisation du bouton d’accueil de Android 4.0 Ice Cream Sandwich qui avait pourtant pris sa retraite depuis longtemps.

Les éléments intéressants du brevet

Malgré tout, l’apparition de ce mockup a permis de mettre en lumière un brevet de Google intéressant.

Ce brevet publié en janvier mentionne plusieurs idées de Google. La firme y parle notamment d’associer la manette avec un compte utilisateur, pour que cette dernière lui permette de s’identifier avec le service sans taper de mots de passe.

Les notifications (mort d’un joueur, invitation, records) pourraient être émises par la manette visuellement ou par l’audio, on pense notamment à une LED de notification ou un haut-parleur intégré.

La manette pourrait réveiller un appareil avec laquelle elle est associée (un téléviseur, une tablette, un smartphone, etc.) et se connecter directement au service de jeu. L’utilisateur pourrait choisir sur quel appareil lancer un jeu si le compte est associé à plusieurs appareils, avec par exemple une tablette et le téléviseur dans la même pièce.

Le brevet indique également des éléments beaucoup plus génériques comme la compatibilité avec plusieurs systèmes (impliquant la « traduction » des instructions) ou l’éventuelle compatibilité avec l’USB, le Wi-Fi Direct ou le Bluetooth.

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