Google a donné tous les détails sur le lancement de Stadia, son service de cloud gaming. Une annonce qui a pu en décevoir certains. Voici un résumé de ce qui ne va pas avec Google Stadia.

Article mis à jour le 10 juin pour clarifier certains points.

En quelques mois, Google a donné beaucoup de détails sur le lancement de Google Stadia. On sait maintenant quels seront les jeux disponibles ou les tarifs proposés par Google, et on peut facilement tester sa connexion Internet pour savoir si elle est compatible avec le service. Toutefois, les annonces de Google ont pu en décevoir certains, et nous avons réunis ici les principales complaintes à l’égard du service.

Le Chromecast Ultra obligatoire sur TV

Pendant les tests de Project Stream, et la première annonce de Google Stadia, le service semblait parfaitement répondre à la promesse du cloud gaming. Google promettait en effet qu’il serait possible de jouer facilement, peu importe l’écran, du moment que l’on utilise un appareil compatible Chrome ou Chromecast.

Pour jouer à Google Stadia dès le mois de novembre, il sera néanmoins obligatoire de passer par la précommande d’une manette et d’un Chromecast Ultra pour la somme de 129 euros. Impossible d’utiliser un appareil sous Android TV et intégrant Cast par exemple. Pour un propriétaire de Nvidia Shield comme moi, c’est un vrai coup manqué de la part de Google.

Cela signifie qu’au lancement, Google Stadia demande 129 euros pour obtenir un accès, on est loin du simple abonnement à prendre ou résilier à tout moment comme le proposent Netflix ou Spotify par exemple, même si cela permet de jouer aussi bien sur sa TV que sur son smartphone ou son ordinateur à ce moment là.

Il faut tout racheter

Google Stadia n’est pas le Netflix du jeu vidéo. Pour profiter des jeux, il va donc falloir passer à la caisse comme on le fait sur le PlayStation Store ou Steam. Google Stadia se contente de proposer une plateforme faisant tourner le jeu, soit en 1080p gratuitement, soit en 4K moyennant l’abonnement Stadia Pro à 9,99 euros par mois.

Cela signifie que les jeux déjà sortis sur d’autres plateformes, comme The Division 2 ou Final Fantasy XV, seront à payer une nouvelle fois si on est intéressé pour y jouer sur Stadia. Si Google avait proposé un abonnement intégrant un catalogue de plusieurs jeux, comme ce que Sony propose avec le PS Now, cette question ne se serait pas posée. C’est un vrai point faible pour Google, alors que Microsoft et Sony vont mettre en avant leur capacité à proposer de la rétrocompatibilité, et donc faire une transition en douceur vers la prochaine génération.

Le catalogue annoncé en l’état par Google est de plus assez pauvre face aux dizaines voire centaines de titres proposés par les boutiques concurrentes.

Le manque d’exclusivités (pour le moment)

S’il faut payer ses jeux sur Google Stadia, alors on peut percevoir la plateforme comme une concurrente pure et simple de la PlayStation 5, de la prochaine Xbox ou encore des boutiques comme Steam et Epic.

Sur ce marché, l’un des arguments les plus importants est celui des exclusivités, Microsoft en sait quelque chose. C’est aussi l’un des défauts de Google Stadia. C’est simple, le géant n’a annoncé aucune exclusivité pour le lancement de sa plateforme. Rien. Alors que les fans The Last Of Us se tourneront naturellement vers la PlayStation 5, et les fans de Halo vers la Xbox, il n’y a tout simplement aucun jeu de Google Stadia que l’on ne retrouverait pas sur les autres plateformes.

Google a bien annoncé la création d’un studio sous la direction de Jade Raymond qui produira des exclusivités, mais cela devrait prendre plusieurs années avant de porter ses fruits. En attendant, la firme a annoncé les jeux Get Packed et Gylt, certes intéressants et sympathiques, mais loin d’avoir le même poids marketing que les exclus concurrentes. On attend donc de voir quels seront les prochains jeux annoncés.

Le jeu partageable et instantané : promesse manquée

Lors de la présentation initiale de Stadia, Google avait beaucoup mis en avant son intégration à YouTube et d’une manière générale aux réseaux sociaux. La promesse était forte : partagez un lien vers un jeu, et en un clic votre ami pouvait rejoindre une partie sans téléchargement ni installation puisque tout tourne sur les serveurs de Google.

La promesse du jeu instantané semble avoir disparu

Avec le modèle économique retenu par Google, cette promesse prend beaucoup de plombs dans l’aile. En effet, impossible de partager un lien cliquable en un instant à un ami s’il n’a pas lui-même acheté le jeu au préalable. Pour fonctionner, la promesse de Google sous-entendait un abonnement « à la Netflix ». Ici, le fonctionnement du bouton « cliquez pour jouer » semble compromis et il faut avouer qu’un bouton « payez 50 ou 70 euros pour jouer à ce jeu », rendrait la chose beaucoup moins intéressante.

Pas de prêt, pas d’occasion

Cela avait généré une colère monstre de la part des joueurs à l’annonce de la première Xbox One en 2013. Avec Google Stadia, il n’est pas possible de se prêter des jeux, ou même d’en acheter d’occasion puisque tout se fait depuis la boutique de Google, avec les prix imposés par Google. À l’époque, Sony avait publié une vidéo pour expliquer aux joueurs à quel point il était simple de partager ses jeux préférés sur PlayStation 4.

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C’est forcément un point à prendre en compte pour acheter un jeu, mais il faut garder à l’esprit que c’est aussi ce que propose Sony, Microsoft, Steam ou Epic avec leurs boutiques de jeux dématérialisés.