Nikkei a désossé un Huawei P30 Pro afin de déterminer la provenance de chacune de ses pièces et évaluer les dommages que le décret américain pourrait avoir sur la marque s’il perdure. Moins de 1 % des composants vient des US, mais cela représente tout de même 16 % du coût total de l’appareil.

Le Huawei P30 Pro

Le ban de Huawei par l’administration Trump est-il grave ? À en croire la marque, qui reste confiante, ce n’est pas le cas. Les smartphones déjà certifiés auront bien droit à leur mise à jour vers Android Q, le but est toujours d’utiliser Android en priorité et les accords commerciaux restent toujours d’actualité.

Pourtant, cela n’empêche pas certains d’envisager le pire et d’imaginer ce qu’il se passerait si cette situation perdurait. C’est notamment le cas de Nikkei qui a démonté un Huawei P30 Pro afin de voir combien de ses composants provenaient de l’Amérique du Nord.

Moins de 1 % des composants pour 16 % du coût

Sur les 1631 éléments qui composent le P30 Pro, seulement 15 proviennent des États-Unis, soit 0,9 % du total. Ces pièces restent néanmoins importantes dans le smartphone puisqu’on y retrouve la DRAM (facilement remplaçable par des fournisseurs asiatiques), le revêtement de l’écran (Gorilla Glass), ainsi que des éléments liés à la communication.

Si l’on se concentre donc sur le coût de ses composants et non sur leur nombre, les pièces provenant des États-Unis représentent environ 60 dollars, soit 16,3 % du coût de fabrication de l’appareil selon Nikkei.

Le cas du SoC

Toujours est-il que le SoC, un Kirin 980 de HiSilicon, est considéré ici comme un composant chinois, puisque conçu par la branche de Huawei dédiée aux semiconducteurs. Listé ici à 30 dollars, soit 8 % du coût du téléphone, ce SoC repose sur l’architecture ARM (société britannique détenue par le Japonais SoftBank).

Huawei France nous a par ailleurs confirmé que les accords commerciaux entre Huawei et ARM sont actuellement maintenus malgré le sursaut connu en mai. Cela ne devrait donc pas poser de problème à l’avenir.

Dans l’idée, Huawei ne devrait donc avoir aucun mal à continuer sa production de smartphones à l’avenir, même si le gouvernement Trump s’entête dans son idée de couper tous les liens avec le constructeur chinois. Reste la question de la licence Android à long terme pour les futurs appareils.

Huawei P30 Pro : que faut-il changer pour en faire un smartphone 0 % USA ?