Call of Duty et visite secrète en jet : les coulisses de la négociation entre PlayStation et Xbox

 

Le projet de rachat d'Activision Blizzard par Microsoft continue de connaitre des rebondissements. Après avoir combattu le rachat de façon véhémente, Sony se montrerait désormais ouvert à la négociation. Derrière ce changement de position, un vol en secret à Seattle.

Call of Duty Warzone arrive sur mobile. // Source : Activision

Batailles juridiques, batailles politiques, scène internationale et même vols secrets et négociations de dernière minute : le projet de rachat record d’Activision Blizzard par Microsoft prend parfois des airs de véritable film d’espionnage.

La négociation de la dernière chance ?

Joost van Dreunen, professeur universitaire en commerce aux États-Unis, a pu obtenir des informations exclusives sur l’un des derniers retournements de situation sur le dossier. Une équipe de Sony aurait pris l’un des jets privés de la firme pour faire un vol vers Seattle, où se trouve la maison mère de Microsoft et Xbox. C’est le premier vol du genre depuis 18 mois et il a depuis été confirmé par les applications de suivi des jets privés qui ont fait couler tant d’encre ces derniers mois. Il faut toutefois noter que le studio Bungie, racheté par Sony en 2022, se trouve aussi dans la région.

Sony a volé à Seattle pour rencontrer Microsoft

D’après Joost van Dreunen, l’enjeu de cette négociation serait pour Sony d’obtenir l’accès à licence Call of Duty « in perpetuity », c’est-à-dire sans limite de temps. La firme a précédemment refusé de signer un contrat de Microsoft lui promettant un accès à 5 ans puis 10 ans à la célèbre franchise. Un contrat signé par Nintendo et que Valve n’a pas jugé nécessaire.

Pour Microsoft, la signature d’un tel accord avec son concurrent numéro 1 dans le marché des consoles de jeu pourrait grandement faciliter les négociations en cours avec l’Union européenne et surtout le Royaume-Uni. Ce dernier a suggéré à Microsoft la séparation complète de l’activité Call of Duty du projet de rachat, mais s’était montré ouvert à ce type d’accord signé avec des concurrents. Une ouverture très rare pour l’autorité britannique, et donc une opportunité pour Microsoft.

Un gros enjeu pour PlayStation

Pour Sony, l’enjeu est de s’assurer un bon accès à la franchise, que le projet de rachat aboutisse ou non. En l’état actuel, et sans accord signé entre Microsoft et Sony, le constructeur de la PlayStation pourrait véritablement perdre l’accès à Call of Duty sur sa plateforme alors que l’occasion lui été donné de sécuriser son accès pendant 10 ans. Comme le note Joost van Dreunen, si Microsoft suit la recommandation de la CMA et finit par séparer l’activité Call of Duty du reste d’Activision-Blizzard, le marché se retrouverait avec une nouvelle entreprise indépendante chargée de Call of Duty. Cette nouvelle entreprise aurait sans doute à cœur de passer de nouveaux accords d’exclusivité, a minima sur le contenu additionnel (DLC) des futurs jeux Call of Duty. Et, sur ce genre d’enchère, Sony serait mal armé face à un Microsoft toujours très déterminé.

Sony aimerait aussi sans doute s’éviter une implication trop forte dans le procès entre la FTC et Microsoft. Les deux géants du jeu vidéo s’affrontent depuis plusieurs semaines pour déterminer quels documents confidentiels Sony, et peut-être juteux pour Xbox, va devoir dévoiler au procès. Devenir l’allié de Microsoft sur le dossier aiderait sans conteste à calmer cette bataille.

Activision toujours très confiant

En marge de l’annonce par le Royaume-Uni de ses craintes sur le projet de rachat, le patron d’Activision Blizzard, Bobby Kotick, a envoyé un mémo interne à ses équipes en se montrant très confiant. L’homme accusé d’avoir menacé de mort une subalterne et d’avoir couvert les affaires de harcèlement dans l’entreprise explique dans ce mémo que les préparatifs pour l’intégration des équipes à Microsoft va se poursuivre.

Alors que nous continuons à préparer la clôture de l’opération, vous commencerez à recevoir des notifications ou des demandes d’informations de la part de vos collègues de l’équipe de planifications de l’intégration. Tout cela fait partie du processus normal d’intégration destiné à préparer la continuité des activités le premier jour après la conclusion de la transaction.

Une chose est sûre, ce mémo et les négociations de Microsoft montrent que les deux entreprises ne sont pas prêtes à abandonner leur projet de fusion. Le dossier devrait grandement évoluer dans les prochains jours.


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