La nouvelle arme de Tesla contre les batteries chinoises est enfin prête

 
C’est officiel, Tesla vient de démarrer sa raffinerie de lithium aux États-Unis. Et cela pourrait tout changer pour ses voitures électriques, en renforçant davantage l’indépendance de la marque.
Raffinerie de lithium // Source : Tesla

Le prix des voitures électriques reste encore et toujours l’un des plus gros obstacles pour les automobilistes. Et ce même si ce dernier a tendance à chuter au fil des années, et que l’écart avec les modèles thermiques tend à se réduire. En parallèle, on sait que rouler en VE reste plus rentable qu’en essence et en diesel.

Un nouveau cap franchi

Mais ce qui coûte le plus cher sur une voiture zéro émission (à l’échappement), c’est avant tout la batterie. Pour mémoire, cet élément représente en moyenne 40 % du prix total du véhicule. Cependant, les choses commencent tout doucement à aller mieux, grâce à la chute du cours du lithium. Ce qui permet aux constructeurs de proposer des autos plus abordables, grâce aux batteries LFP (lithium-fer-phosphate). Mais le coût de ce matériau reste variable, et il dépend de nombreux paramètres que l’on ne peut pas toujours maîtriser.

Ce qui a poussé Tesla à prendre une grande décision, annoncée dès l’été 2022. À cette époque, Elon Musk avait demandé « l’autorisation d’imprimer de l’argent ». Comprenez qu’il avait tout simplement fait une demande pour avoir le droit d’ouvrir sa propre raffinerie de lithium. Une expression tout à fait appropriée, car cette activité permet de dégager de très fortes marges. Puis, en mai 2023, le constructeur avait confirmé cette volonté lors d’une grande conférence. Mais où en est-on, près de trois ans plus tard ?

Eh bien, les choses ont beaucoup avancé depuis cette dernière prise de parole sur le sujet, car le constructeur américain vient de publier une vidéo sur X (anciennement Twitter), montrant quelques images de cette nouvelle raffinerie. Cette dernière est pour mémoire située au Texas, et plus précisément à Corpus Christi. Désormais opérationnelle, elle vient de démarrer la production de lithium. Mais attention à ne pas vous tromper. Tesla raffine ce matériau, mais elle ne l’extrait pas. Pour le moment, elle doit encore passer par des sous-traitants pour cette partie.

Ce qui devrait là encore finir par changer sous peu, car Elon Musk avait aussi indiqué vouloir se lancer dans l’extraction. La firme américaine avait ainsi acheté dès 2020 une mine de 10 000 hectares dans le Nevada. Mais plus aucune nouvelle n’a été donnée sur ce projet, qui semble au point mort pour le moment. Et pour le moment, Tesla se concentre sur le raffinage, qui constitue « un goulot d’étranglement majeur pour l’industrie des véhicules électriques » comme l’indique Electrek.

Des prix en baisse ?

Car si le lithium est très abondant, malgré les alertes de pénurie quelques années plus tôt, la capacité de raffinage est plus réduite, et principalement concentrée en Chine. C’est donc dans ce contexte que Tesla a voulu prendre les choses en main et s’en occuper lui-même. Dans sa vidéo, le constructeur détaille toutes les étapes mises en place, avec un processus bien particulier. D’abord, la matière première n’est pas la même que celle utilisée habituellement, puisqu’il s’agit ici de spodumène et non de saumure.

Puis, le minerai passe par un four et un refroidisseur. Il est ensuite soumis à un processus de lixiviation alcaline. Enfin, le tout passe à la cristallisation, afin de produire de l’hydroxyde de lithium. Le tout n’utilise aucun acide et génère à la fin un co-produit inoffensif, composé de sable et de calcaire, qui est ensuite utilisé pour la fabrication du béton. Ce qui rend le raffinage du lithium plus propre, contribuant à réduire l’impact environnemental de la production de voitures électriques.

Mine lithium
Une mine de lithium

Mais ce n’est pas tout. Car en faisant tout lui-même, le constructeur pourrait aussi réduire le prix de ses autos. Il ne dépend alors plus des fluctuations du marché, et il peut ainsi rogner sur ses marges généreuses pour en faire profiter les clients. Par ailleurs, cette solution intéresse aussi d’autres entreprises, comme le groupe Stellantis. Ce dernier avait investi pas moins de 50 millions d’euros dans une société spécialisée dans l’extraction du lithium. Le but ? Internaliser cette activité pour limiter la dépendance et augmenter les profits.


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