Introduction

Après un Black Shark devenu par défaut la meilleure option dans les smartphones pour gamer de 2018, et un Black Shark Helo auquel nous n’avons pas eu le droit, la marque poussée par Xiaomi revient avec le Black Shark 2. L’inspiration prise de la Nintendo Switch cette année vaut-elle le coup ? Notre test complet vous en dira plus.

Fiche technique

Modèle Xiaomi Black Shark 2
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Android Stock
Taille d'écran 6.39 pouces
Définition 2340 x 1080 pixels
Densité de pixels 403 ppp
Technologie AMOLED
SoC Snapdragon 855
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 640
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 128 Go, 256 Go
MicroSD Non
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 12 MP
Capteur 2 : 12 MP
Appareil photo (frontal) 20 MP
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFC Non
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4000 mAh
Dimensions 49 x 46 x 13mm
Poids 63 grammes
Couleurs Bleu, Noir, Argent
Prix 529€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par la marque.

Design

Après un premier design vraiment très orienté « gamorz », le Black Shark 2 se raffine quelque peu pour ce nouveau modèle. L’avant poursuit la même philosophie, en refusant la moindre forme d’encoche afin de ne pas couper l’action à l’écran, mais en adoptant tout de même le ratio 19,5:9. La bordure haute intègre ainsi le capteur avant et un large haut-parleur frontal, mais reste assez fine et surtout parfaitement symétrique avec la bordure basse qui intègre le second haut-parleur. On notera surtout comme signe distinctif un cerclage vert métallique qui est loin de déplaire et donne un peu de caractère à l’ensemble.

C’est évidemment à l’arrière que l’aspect « gamer » est le plus marqué. Les nivelés francs du premier modèle sont ici apaisés, mais les courbes générales restent les mêmes. Nous avons le droit à un dos essentiellement métallique mais incorporant un cadre central à effet miroir cerclé là encore de vert métallique. Au centre de celui-ci s’illumine le logo en S de la marque, très littéralement puisqu’il est équipé d’une LED. Le double capteur photo s’appose en haut à droite, à la verticale, et dépasse légèrement du cadre sans choquer, mais n’est pas très travaillé esthétiquement.

Tout cela se rejoint sur un cadre en métal très classique. Sur la tranche gauche, on retrouve les touches de volume placées là où le majeur se pose naturellement. À droite, le bouton de verrouillage est surplombé du fameux slider pour le mode jeu exclusif au téléphone, dont nous parlerons un peu plus tard. Le haut n’a aucun signe distinctif, tandis que le bas intègre le port de charge en USB type C et la trappe double SIM (pas de microSD). Il est dommage qu’une prise jack ne soit pas intégrée, puisqu’elle paraît tout de même très pratique pour les joueurs souhaitant utiliser un casque de jeu ou un micro performant pour le stream.

Plus étonnant : les tranches hébergent désormais deux bandes LED de chaque côté. Celles-ci peuvent être utilisées au même titre qu’une LED de notification classique pour la réception d’une notification ou d’un appel par exemple, mais peuvent aussi s’illuminer en écoutant de la musique ou lors d’une session de jeu. C’est avant tout esthétique, et l’effet est très sympathique. Le logo à l’arrière profite également d’une LED, dont vous pouvez personnaliser la couleur et l’effet. Le tout est très accessoire et gadget tout de même.

Toujours est-il que ce retour à un peu plus de sobriété est une véritable réussite. Sans perdre son ADN gamer, le Black Shark 2 enregistre un virage moins grandiloquent et plus accessible qui lui permet de devenir plus séduisant pour la masse. À la prise en main, il en devient également beaucoup plus agréable. À l’heure où tous les smartphones se ressemblent, ce parti pris est très rafraîchissant. Par contre, il reste un gros gabarit : à 212,9 grammes (contre 205 grammes annoncé), c’est un beau bébé largement au-dessus de la moyenne, et ça se ressent.

Gamepad spécial

Le Black Shark 2 n’est pas qu’un simple smartphone : il accueille une nouvelle fois des manettes ! Cette fois-ci, nous en avons le droit à deux de chaque côté du smartphone, à la manière d’une Nintendo Switch. Pour pouvoir les rattacher, le Black Shark 2 est fourni avec une coque spéciale plutôt massive qu’on ne recommandera pas d’utiliser en dehors de ce contexte particulier. Notez que lorsque les deux manettes sont clipsées, il n’est plus possible de recharger le téléphone : le port USB type-C est caché par la partie droite.

L’inspiration prise du côté de Nintendo et de sa Switch n’est pas cachée, mais pas totale non plus. Les deux manettes sont toujours autonomes quoi qu’il arrive, et doivent donc toutes deux être rechargées indépendamment du reste. Il en va de même pour l’appairage, qui se fait en Bluetooth, ou le simple fait de les allumer, via un petit interrupteur situé en bas de celles-ci.

La manette gauche accueille un petit joystick et des boutons similaires au Joy-Con gauche de la Nintendo Switch. La manette de droite intègre une zone tactile semblable au Gamepad de Steam, qui simule les mouvements d’une souris, avec de petites touches en bas un peu molles mais pas mauvaises. L’ensemble fonctionne très bien, excepté un point partagé par les deux manettes : les gâchettes, qui en prime de n’offrir aucune course mais un simple clic sont très proches les unes des autres.

L’un dans l’autre, ça reste tout de même un bon effort de la part de Blackshark, et loin d’être les pires manettes disponibles sur mobile. Elles se placeraient plutôt dans le milieu de classement. Quant à apprécier leur utilisation, rendez-vous dans la partie Logiciel.

Écran

Le Black Shark 2 profite d’un grand écran de 6,39 pouces au ratio 19,5:9. C’est une dalle OLED supportant une définition maximale en Full HD+ et promettant une couverture de 108,9% de l’espace de couleurs DCI-P3. Elle profite également d’une puce spéciale permettant d’optimiser l’affichage dynamiquement, mais dont on peine à observer les effets puisqu’il n’est pas possible de la désactiver.

Visuellement, l’écran en jette énormément. Contrairement aux autres smartphones habituellement testés, il ne me donne pas l’impression de forcer un rendu froid mais et au contraire assez proche du naturel. Qui plus est, il est lumineux, et revoir une dalle qui n’est pas gênée par une encoche ou un trou a un petit quelque chose d’agréable.

Sous notre sonde, cette première impression très positive est affirmée. L’espace de couleurs sRGB est largement couvert, tandis que la luminosité maximale est plutôt satisfaisante à 432,52 cd/m², bien qu’elle peinera un peu en plein soleil. Surtout, la température de couleur moyenne est relevée à 6694K, soit très proche des couleurs naturelles à 6500K.

Le Black Shark 2 ne manque qui plus est pas d’options. Au mode cinéma par défaut s’ajoutent le mode naturel ainsi que le mode protection des yeux. Il vous est également possible de régler la température de couleur de plus chaud à plus froid, et d’activer une option réduisant le scintillement en basse luminosité. Un problème que nous n’avons de toute manière pas rencontré.

Le seul problème de ce téléphone est le même que le précédent modèle : le réglage de la luminosité. 80 % de la barre dédiée n’augmente que très peu la luminosité, tandis que les 20 % restants permettent de passer de 200 à 430 cd/m². Cette configuration est inexplicable tant elle est compliquée pour rien, mais l’adaptation automatique de la luminosité suffit à la contrebalancer.

Logiciel

Le Black Shark 2 profite directement d’Android 9 Pie ainsi que du patch de sécurité du 5 mars 2019 d’entrée de jeu. Il y associe « Joy UI », qui dans sa version européenne n’est autre qu’une version Android très proche du pur avec quelques options en plus et le fameux mode Shark.

Vous retrouverez donc ici une expérience très proche des Google Pixel par défaut. Le lanceur d’applications est sensiblement le même, tout comme le volet des notifications ou le Google Feed disponible sur la gauche de votre accueil. On y retrouve hélas aussi la même navigation par gestes avec la pilule centrale, et donc le glissement vers le haut qui, une fois sur deux, ouvre le mode multitâche plutôt que le tiroir d’applications.

Lecteur d’empreintes sous écran

Le Black Shark 2 vous offre une reconnaissance faciale 2D propulsée par l’unique capteur photo au devant. Si elle n’est pas très sécurisée, elle est au moins rapide à utiliser et équivalente aux smartphones Xiaomi en ce sens.

La méthode de verrouillage recommandée restera cependant le lecteur d’empreintes, situé sous l’écran cette fois-ci. Il s’agit d’un lecteur optique, équivalent technologiquement aux derniers smartphones haut de gamme de Huawei ou Xiaomi. Rapide et rarement pris à défaut, il est qui plus est idéalement placé là où le pouce vient naturellement se reposer sur l’écran ; un peu plus bas que le Mate 20 Pro en son temps, mais définitivement plus haut que le Galaxy S10 pour ne citer que lui.

Mode Shark

La principale particularité de Joy UI est le mode Shark, activable par le biais du slider vert disponible sur la tranche droite du téléphone. Comme sur le précédent modèle, il s’agit d’une interface qui à l’activation vient automatiquement optimiser les performances de votre Black Shark 2 pour jouer, et vous permet également de retrouver toute votre bibliothèque de jeu automatiquement.

Le principal intérêt de cette interface est de pouvoir appairer facilement votre manette Black Shark, ce qui se fait vraiment en trois clics. Elle vous permet également de voir le niveau de batterie de chacune des manettes, et de les recalibrer en cas de souci.

Comme sur le précédent modèle, leur utilité est dépendante d’une interface vous permettant de programmer chaque bouton selon une zone de l’affichage. Ainsi, vous pouvez placer la touche RT sur la zone tactile permettant de tirer sur votre jeu préféré. Il est possible d’accéder à cette configuration rapidement, même en pleine partie, ce qui est un plus.

Problème étant que les jeux ne reconnaissent pas les manettes comme des manettes par défaut d’Android. Aussi, un jeu optimisé pour les manettes comme Fortnite sur Android réclamera tout de même de passer par cette interface, faisant que l’optimisation manque. C’est surtout sur un jeu comme PUBG Mobile que l’on comprend les limitations d’un tel système : tout va bien à pied, mais les touches changent sur l’écran une fois dans un véhicule, faisant que l’on est forcé de repasser aux contrôles tactiles.

En jeu, il vous est également possible de glisser à partir du coin supérieur droit pour retrouver un panneau de contrôle rapide. Ce dernier vous permet de retoucher vos touches rapidement, vider votre mémoire ou encore observer les performances de votre smartphone. C’est un contrôle supplémentaire, mais pas nécessairement très utile.

La solution du Black Shark 2 est vraiment complète pour jouer. Son principal défaut n’est pas de son propre chef : la plupart des jeux mobiles ne sont tout simplement pas conçus pour profiter d’une manette mais optimisé pour une utilisation au tactile, et cela se ressent. On finit par se sentir plus confortable sans les utiliser.

Performances

Le Black Shark 2 s’équipe du Snapdragon 855 et de 8 ou 12 Go de RAM selon la configuration. Nous testons la version avec 8 Go de RAM et 128 Go de stockage.

Pas de surprise : sur une utilisation classique, le dernier SoC de Qualcomm est tout simplement imbattable. Naviguer entre plusieurs applications se fait en quelques clics sans le moindre accrochage, tout est parfaitement fluide. Sur nos tests synthétiques, le Black Shark 2 se retrouve naturellement en haut du panier avec le Xiaomi Mi 9 à la configuration similaire.

 Black Shark 2Huawei P30 Pro (perf ON)Samsung Galaxy S10 (FHD+)Xiaomi Mi 9
SoCS855Kirin 980Exynos 9820S855
AnTuTu 7.x369 416315 754316 966370 355
PCMark 2.08 3949 1737 7818 838
3DMark Slingshot Extreme5 6904 2434 3575 499
3DMark Slingshot Extreme Graphics6 3524 3745 2606 355
3DMark Slingshot Extreme Physics4 1703 8412 7523 737
GFXBench Aztec Vulkan high (onscreen / offscreen)24 / 16 FPS16 / 13 FPS20 / 16 FPS23 / 16 FPS
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)36 / 42 FPS29 / 33 FPS37 / 39 FPS36 / 42 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen)60 / 101 FPS59 / 89 FPS58 / 86 FPS60 /101 FPS
Lecture / écriture séquentielle800 / 196 Mo/s903 / 232 Mo/s815 / 194 Mo/s796 / 189 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire35 / 6k IOPS43,4k / 66k IOPS35,5k / 6,3k IOPS37,1k / 37,1k IOPS

Fortnite n’offre hélas pas pour le moment le rafraîchissement à 60 FPS pour le Black Shark 2. Il est toutefois tout à fait possible d’en profiter en qualité épique avec résolution 3D à 100 % en 30 FPS et sans économie d’énergie. Dans cette configuration, le jeu est parfaitement fluide même sur les mouvements rapides permis par la manette rattachée. Ça n’aide pas un handicapé du pouce à atteindre le top 1, mais les plus habiles pourront sans souci grimper les échelons avec aise.

PUBG Mobile débloque également toutes ses options, permettant l’accès au mode HDR, la fréquence d’image Ultra, l’activation de l’anti-aliasing et tout ceci sans ajustement graphique auto bien sûr. Dans cette configuration, le jeu est une nouvelle fois parfaitement fluide sur 99 % des situations de jeu. Pour autant, j’ai tout de même pu observer quelques chutes très brèves de framerate au volant des véhicules du jeu sur de gros accidents. Cela ne gêne en rien l’expérience général malgré tout.

Le plus étonnant de tout ça est la chauffe du smartphone, qui est tout de même bien marquée. Elle n’arrive pas immédiatement, et s’étend sur une large surface sur le dos faisant qu’elle n’est pas inconfortable, mais sa dissipation est moins rapide que les derniers smartphones que nous avons pu tester, le Xiaomi Mi 9 notamment dans la même catégorie. La différence reste cependant minime, et cette chauffe devient qui plus est un facteur non-existant en utilisant les manettes.

Appareil photo

Double capteur arrière

Le Black Shark 2 s’équipe à l’arrière d’une configuration à double capteur. Le principal est un capteur de 12 mégapixels à objectif ouvrant en f/1,75. Le second est un téléobjectif offrant un zoom x2 sans perte, de 12 mégapixels et ouvrant en f/2,2.

Les difficultés du capteur se voient déjà en plein jour, mais aussi ses qualités. D’un côté, le Black Shark 2 est en peine face aux pleines lumières, et l’effet de halo est extrêmement marqué sur toutes les photos prises ayant le potentiel d’en afficher un. Les fortes plages dynamiques lui posent également problème, même avec le mode HDR activé. Mais de l’autre, les photographies sont vraiment réussies et ne manquent ni de détail ni de couleur, bien que l’appareil ait tendance à surcontraster l’ensemble sur ce dernier point.

En intérieur, le résultat est tout de même plutôt bon dans l’ensemble. L’image conserve son naturel, particulièrement sur les couleurs choisies. On regrettera surtout l’apparition d’un bruit numérique nuisant au piqué de la prise de vue, mais au moins n’y a-t-il pas de lissage trop marqué en compensation. Dans l’absolu, l’expérience est bonne.

De nuit, c’est là que l’on constate à quel point l’appareil se refuse à lisser l’image pour améliorer son rendu. De fait, le bruit dévore tous les détails des clichés, mais le rendu des couleurs reste relativement satisfaisant. Dans l’absolu, ces clichés ne seront pas vraiment exploitables, mais rendent au moins relativement bien la réalité des choses.

Le zoom x2 sans perte disponible sur le Black Shark 2 tend à augmenter encore plus les défauts de cet appareil photo. Les halos sont toujours plus marqués, et les fortes plages dynamiques toujours moins supportées. Les clichés sont toutefois exploitables dans leur majorité.

Capteur avant

À l’avant, nous avons le droit à un unique capteur de 20 mégapixels à objectif ouvrant en f/2,0.

Au moins l’expérience photo est équilibrée sur ce Black Shark 2. Une nouvelle fois, les larges plages dynamiques sont sa faiblesse, et ne sont pas contrebalancées par le mode HDR qui n’arrive pas à éviter de brûler l’image. C’est en intérieur que le rendu est finalement le meilleur, particulièrement sans utiliser le mode beauté. Si la netteté est à améliorer, le cliché au global est très bon. Enfin, de nuit, l’image est relativement utilisable, mais le bruit grignote le moindre détail.

Mode portrait

Le mode portrait à l’arrière est soutenu par le capteur téléobjectif, faisant qu’il vous faudra bien vous éloigner de votre sujet pour pouvoir appliquer l’effet. Ceci étant, celui-ci est bien réussi : les bons résultats en la matière de Xiaomi profitent très clairement au Black Shark 2, qui même en ne se reposant que sur son algorithme sur le capteur avant réussit à offrir un résultat très convaincant.

Vidéo

Le Black Shark 2 permet de filmer à l’arrière en 4K ou 1080p à 30 FPS. Les résultats sont somme toutes similaires à l’expérience photo dans l’ensemble, avec une gestion difficile des plages dynamiques mais un rendu satisfaisant.

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Notez que la stabilisation EIS n’est disponible qu’en 1080p. Aussi, on ne recommandera pas nécessairement de tourner en 4K.

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Un mode ralenti est également disponible, à 120 FPS en 1080p ou 240 FPS en 720p. Face au 960 FPS aujourd’hui largement disponible, le résultat n’est pas très convaincant… mais ce mode n’est au final utilisé que par une tranche relativement réduite des utilisateurs.

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Avec le capteur avant, vous pouvez filmer au maximum en 1080p à 30 FPS. Une nouvelle fois, le rendu est similaire au mode photo.

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Verdict photo

Le Black Shark 2 a des faiblesses en photo et vidéo, c’est certain. Mais est-ce vraiment une spécialité demandée par les joueurs mobiles les plus exigeants ? Il ne me semble pas. Si on le compare aux autres smartphones disponibles sur le marché à ce prix, il est évident qu’il ne fait pas le poids.

Si on le compare toutefois uniquement aux smartphones gamers, il apparaît qu’il est finalement celui s’en sortant le mieux. Si ses points faibles sont marqués, il n’empêche que l’on peut très facilement capturer de belles photos en l’utilisant, ce qui n’est pas nécessairement le cas des Asus ROG Phone et Razer Phone 2 de ce monde. C’est une perspective à prendre en considération.

Son

Notez en premier lieu que le Black Shark 2 ne dispose pas d’une prise jack. Un adaptateur jack femelle vers USB type C mâle est par contre fourni dans la boîte, en prime d’écouteurs dont nous ne disposons pas dans notre version de test.

Sur le terrain du son, le principal trait du smartphone est de disposer de deux larges haut-parleurs frontaux stéréo, qui se logent dans la rainure de chaque côté de l’écran. Le haut-parleur de droite est toutefois un brin plus puissant que celui de gauche, qui sert également de haut-parleur d’écoute.

Le son atteint une puissance plus que satisfaisante, mais on ne peut pas en dire autant de sa qualité. À 100 %, le son sature et l’expérience est audible, mais peu agréable. En dessous de ce réglage, le son est tout de même assez bon, même si l’on regrettera un manque certain de basse et une signature très plate.

Réseau et communications

Le Black Shark 2 est compatible avec l’ensemble des fréquences importantes en Europe. Cela inclut les bandes 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7) et 700 MHz (B28).

En appel, le téléphone est tout à fait satisfaisant avec un bon volume sonore et un très bon micro. L’algorithme de suppression de bruit fait excellemment bien son office, même si l’oreille entraînée pourra reconnaître un petit bruit numérique en fin de phrase dans des environnements bruyants.

Le GPS offre un fix très rapide et précis, avec une boussole très bien réglée par défaut.

Autonomie

Le Black Shark 2 s’équipe d’une large batterie de 4 000 mAh. Il est également compatible avec la Quick Charge 4.0, mais le chargeur fournit avec se limite au Quick Charge 3.0 : il vous faudra en acheter un autre si vous souhaitez profiter au maximum de ses capacités.

Sur notre test Viser personnalisé, le Black Shark 2 rend les armes au bout de 11 heures et 4 minutes. Il s’agit-là d’un score excellent, particulièrement pour un smartphone ayant tout de même une configuration haut de gamme. Fait amusant, il se place presque exactement au même score que le premier modèle.

Test d'autonomie Viser
  • Black Shark 2 : 664
  • Huawei P30 Pro : 654
  • Galaxy S10+ : 620
  • Black Shark : 684

À l’usage cependant, on remarque que le téléphone n’est pas particulièrement équilibré dans sa consommation. Les réseaux sociaux et le web consomment sur le même modèle que les autres smartphones endurants, quand les jeux et la vidéo consomment un peu plus que la moyenne. Une piste expliquant cela serait la fameuse puce supplémentaire pour le traitement vidéo. Ceci étant précisé, son autonomie n’est pas pour autant mauvaise dans ces conditions, bien au contraire : ne perdre que 11% sur une lecture vidéo YouTube d’une heure à 200 cd/m² reste honorable, et le smartphone ne peinera pas à atteindre une journée d’utilisation.

Avec le chargeur rapide Quick Charge 3.0 fourni, le Black Shark 2 passe de 0 à 64% de batterie (smartphone éteint), ce qui n’est pas le record mais est plus que bon. On notera tout de même que la solution de Qualcomm fait énormément chauffer le téléphone, ce qui peut être troublant. Le Black Shark 2 n’est pas compatible avec la recharge sans fil Qi.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le Black Shark 2 est d’ores et déjà disponible sur le site officiel de la marque. La configuration à 8 Go de RAM et 128 Go de stockage est vendue 549 euros, tandis que la version 12/256 Go réclame 649 euros. Trois coloris sont disponibles : noir (celui de notre test), argent et bleu.

Les manettes et leur coque spéciale sont vendues séparément. Il vous faudra débourser 89,90 euros pour en faire l’acquisition.

Test Black Shark 2 Le verdict

design
8
Le Black Shark 2 est un téléphone massif, ne l'oubliez pas. En parallèle, c'est aussi un smartphone gamer très abouti en termes de design, ayant su conserver ses aspects les plus uniques tout en améliorant son utilisation.
écran
8
L'écran OLED régale par sa calibration par défaut et ses couleurs superbes. Il lui manquerait une luminosité supérieure pour être à niveau du premium, mais il offre tout de même une excellente expérience. Et sans encoche !
logiciel
8
L'écosystème logiciel gamer de Black Shark se lie à un Android pur et sans aspérité, qui n'a de défaut que ceux d'Android 9.0 Pie finalement : une navigation par geste peu intuitive et des personnalisations limitées.
performances
9
Le Snapdragon 855 rugit avec force. Peut-être un peu trop : si ses performances sont excellentes sur la durée, la chauffe aurait mérité d'être un peu mieux maîtrisée.
caméra
7
Inévitable point faible des smartphones gamers, la photo est peinée par les larges plages dynamiques et des halos trop présents... mais le rendu final reste meilleur que les autres smartphones gamers disponibles.
autonomie
8
Le Black Shark 2 tient très bien en utilisation classique, mais un peu moins bien que la moyenne en jeu et en vidéo. Il reste cependant endurant. La recharge rapide QC3 chauffe beaucoup, mais est très pratique.
Note finale du test 8/10
Le Black Shark 2 est le meilleur smartphone gamer disponible en ce début 2019. Pour ce que ça vaut.

Le fait est que Black Shark a réussi à parfaire sa solution aussi bien d'un point de vue matériel que logiciel afin d'optimiser au maximum sa vision. Et le résultat est vraiment très réussi... si seulement les jeux nativement disponibles sur Android en avaient quelque chose à faire ou faisaient un peu plus qu'un petit pas vers lui. C'est là la seule chose qui lui manque vraiment pour réussir à accomplir ses rêves.

En dehors de cela, on a là un design sans encoche très réussi, bien que très lourd, des performances au-dessus du lot grâce au Snapdragon 855, une autonomie très bonne et même une expérience photo imparfaite, mais plus satisfaisante au global que les autres smartphones gamers disponibles actuellement.
  • Points positifs
    • Design réussi entre gamer et sobriété
    • Performances excellentes
    • Expérience logicielle complète
    • Une philosophie aboutie
  • Points négatifs
    • Très lourd
    • Chauffe marquée
    • Les défauts d'Android purs
    • Les jeux ne savent pas en profiter