Xpeng au cœur d’un scandale : des propriétaires découvrent que des capteurs ont disparu de leur voiture

 
Certains propriétaires de Xpeng G6 ont constaté la disparition des radars dédiés à la conduite autonome sur leur voiture électrique. Si le constructeur a démenti, il a finalement confirmé son changement de stratégie.
Les Xpeng G6 et G9 restylés

Depuis plusieurs années, une grande partie des constructeurs automobiles s’intéressent à la conduite autonome. Certains se livrent même une bataille acharnée, comme Tesla, General Motors, Ford ou encore Mercedes. Et bien sûr, les marques chinoises s’en mêlent désormais et veulent aussi leur part du gâteau.

Un changement visible chez Xpeng

C’est par exemple le cas de BYD qui avait dévoilé sa solution God’s Eye ainsi que Xpeng, qui propose la conduite autonome sur ses voitures électriques. C’est notamment le cas sur le G6 que nous avions pu essayer, et qui se retrouve au coeur d’une vaste polémique. Cette dernière a été mise au jour par Economic Information, filiale de l’agence de presse d’État Xinhua. Cette dernière indique que certains clients sont particulièrement remontés contre la marque fondée en 2014.

La raison ? Ils accusent cette dernière d’avoir retiré les radars à ondes millimétriques sur le SUV électrique sans les prévenir. Une polémique qui a été déclenché à la suite de la plainte d’une propriétaire. Celle-ci avait remarqué que son véhicule était dépourvu de deux de ces éléments à la suite d’une réparation.

Lorsqu’elle en avait informé le constructeur en février 2025, ce dernier avait balayé ses inquiétudes de la main. Il avait alors simplement déclaré avoir mis en œuvre «  simplification matérielle sans simplification fonctionnelle ».

Xpeng G6 (2025) // Source : Xpeng

En parallèle, l’entreprise a également et très discrètement modifié le manuel d’utilisation de son G6, pour ramener de cinq à trois le nombre de ces radars. Et la clients à l’origine de cette affaire est loin d’être la seule concernée. Car pas moins de 159 propriétaires ont également signé une lettre commune à destination de Xpeng. Et dans la plupart des cas, la suppression de ces radars a été remarquée lors d’une opération de maintenance de routine. Mais alors, que dit la marque chinoise ?

Et bien si cette dernière avait au départ voulu être discrète, elle a finalement reconnu avoir fait évoluer son véhicule. La firme admet avoir « abandonné l’utilisation des radars millimétriques d’angle avant ». Elle indique avoir mis au point une nouvelle solution désormais basée sur la vision pure, qui prend le nom d’« AI Eagle Eye ». Une stratégie qui n’est pas sans nous rappeler Tesla, qui ne croit pas du tout aux radars et qui mise également sur les caméras.

Une évolution qui ne passe pas

A vrai dire, ce n’est pas vraiment une suprise, car le constructeur chinois avait déjà indiqué vouloir rivaliser avec la firme d’Elon Musk. Et comme cette dernière, il affiche la même vision concernant les radars. Il souhaite en effet faire disparaître les LiDAR afin de se concentrer uniquement sur les caméras. C’est ainsi qu’il avait dévoilé en novembre 2025 son système VLA 2.0, qui devrait être lancé au cours des prochains mois. En parallèle, Xpeng vient de donner une raclée à son rival américain en parvenant à vendre sa technologie.

Mais malgré ces progrès, les clients restent mécontents. Et ce même si la marque a indiqué que les informations concernant la suppression des radars « étaient diffusées de manière synchronisée par les canaux officiels ». Elle nie toute tromperie envers les propriétaires. Mais ces dernier rejettent en bloc cette explication. Pire, ils affirment que la réduction du nombre de radars a « entraîné une dégradation notable des performances, notamment dans des conditions difficiles comme la conduite de nuit, dans les tunnels, par fort contre-jour ». Mais également sous la pluie et la neige.

De plus, ils signalent aussi des « freinages intempestifs sur autoroute, des mesures de distance imprécises et des difficultés dans les zones de travaux ou lors du dépassement de gros véhicules ». Et désormais, le constructeur s’expose à des sanctions.

Car certains juristes estiment que ces agissements pourraient constituer « des pratiques commerciales frauduleuses au sens de l’article 55 de la loi chinoise sur la protection des droits des consommateurs ». D’autant plus que la marque avait déjà été épinglée pour avoir secrètement remplacé des pièces défectueuses sur sa P7+ afin d’éviter un rappel.


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