La Chine va taxer les batteries au lithium : doit-on craindre une hausse des prix des voitures électriques ?

 
Pékin met fin à des années d’exemption fiscale sur les batteries lithium-ion produites en Chine. À partir de septembre 2026, une taxe à la consommation frappera cette technologie, mais pas le sodium-ion, ni les batteries solides. Un symbole de la nouvelle stratégie industrielle de la Chine.
Crédit : CATL

L’annonce est tombée le 17 juillet, sans grand fracas médiatique. Relevé par Reuters et CnEVPost, la Chine va appliquer sa consumption tax, cette taxe à la consommation prélevée en amont de la chaîne de production, aux batteries lithium-ion et aux cellules photovoltaïques fabriquées sur son sol. Deux filières où le pays est archi-dominant : CATL et BYD pèsent à eux seuls plus de la moitié du marché mondial des batteries pour voitures électriques.

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Après plus d’une décennie d’exemption totale pour ces filières, le montant sera de 2 % au 1er septembre 2026, puis de 4 % un an plus tard. En d’autres termes, une montée en charge progressive pour laisser aux fabricants le temps de s’adapter.

En arrière-plan, Pékin cherche aussi à calmer la guerre des prix qui plombe la rentabilité de la filière. Deux exceptions restent d’ailleurs sur la table, et elles n’ont rien d’anodines. Le sodium-ion et les batteries solides bénéficient d’une exemption qui court jusqu’à fin 2028.

Le sodium et le solide, chouchous fiscaux de Pékin

Cette exemption ciblée relève clairement de la politique industrielle, avec une incitation à peine déguisée vers les technologies de prochaine génération. Le sodium-ion, dont le principal atout est un coût de production bien inférieur au lithium et une matière première abondante, est déjà en phase de production de masse chez CATL et sur les feuilles de route de BYD.

Xpeng P7+ // Source : Xpeng

Les batteries solides, elles, promettent des densités énergétiques nettement supérieures (Changan vise par exemple 1 500 km d’autonomie sur ses futurs modèles), mais restent globalement au stade des lignes pilotes.

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Une question domine côté acheteurs européens. La facture va-t-elle grimper ? L’Europe reste massivement dépendante des cellules chinoises pour ses véhicules électriques et son stockage résidentiel. Les usines européennes subissent des démarrages compliqués ; si la faillite de Northvolt reste l’exemple le plus parlant, les usines du nord de la France tentent tant bien que mal de grimper l’impitoyable montée en cadence.

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Sortons la calculette. 2 % sur un pack de 60 kWh acheté 100 €/kWh (rappelons que le prix des batteries a dégringolé depuis 10 ans), on tourne autour de 120 € supplémentaires par voiture avant marges. Trop faible pour bousculer les tarifs 2026. La note remonte en 2027 avec les 4 %, et elle s’ajoute aux droits de douane européens sur les voitures électriques produites en Chine, dans un contexte de guerre commerciale déjà bien tendu.

DS N°4 E-Tense // Source : DS Automobiles

Bref, les prix de nos voitures électriques ne devraient donc pas bondir suite à cette nouvelle taxe. Le sodium-ion (moins cher et – pour le moment – non taxé) et la démocratisation de la chimie LFP pourrait même permettre, au moins sur les voitures électriques d’entrée de gamme, de poursuivre la baisse des prix généralisée.


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