
C’est indéniable : en France, les chiffres de ventes de vélos de l’année 2025 ne sont pas bons, avec un recul de 6,2 % sur les vélos neufs (1 836 710), et -16 % pour la seconde année consécutive pour les vélos électriques (507 000 ventes), d’après les chiffres de l’Observatoire du Cycle présentés dans le cadre du salon Vélo in Paris.
Pour autant, l’organisation professionnelle Union Sport & Cycle ne s’avoue pas vaincue : elle se projette même sur l’année 2026 avec des idées prometteuses, et une touche de militantisme – au passage légitime – adressée à la classe politique, qui a laissé à l’abandon toute une filière avec la suppression du plan vélo.
L’importance du leasing employeur
Alors, quelles sont les marges de progression à exploiter ? « Il faut développer le leasing employeur. En Allemagne, c’est 2,2 millions de vélos fournis par les entreprises. En France, on a un système fiscal qui n’est pas très clair », constate Patrick Guinard, Vice-Président UESC.
Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on en a vendu 55 000 depuis le début. Il y a cette dimension de conversion salariale. L’entreprise accompagne l’usager en Allemagne, et à la fin l’usager peut avoir son vélo et utilise son vélo. Je réclame à l’État de pouvoir nous aider sur le sujet. Et surtout, nous écouter. On a des solutions, écoutez-nous », clame l’intéressé.


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En 2025 en France, seuls 16 000 vélos ont été achetés par des entreprises pour du leasing. « Et surtout on a plus de 350 000 employés qui sont éligibles à cette solution. On voit bien tout le potentiel de ce leasing vélo qui n’est pas encore 100 % exploité », ajoute Jean-Philippe Frey, responsable des études chez Union Entreprises Sport & Cycle.
Au-delà des aspects purement financiers et administratifs, Patrick Guinard insiste sur la nécessité d’une transformation culturelle profonde. Selon lui, le soutien à des événements comme « Mai à vélo » est essentiel pour ancrer l’usage du cycle dans le quotidien des Français.

« On doit tous soutenir Mai à vélo qui va commencer dans 8 jours. C’est aussi ça, promouvoir la culture du vélo. On a la culture du Tour de France. Mais avant tout, ayons cette culture du vélo. On doit progresser tous ensemble dessus. Et ça vient de notre comportement. En tant qu’automobiliste, respectons les vélos. Et les vélos, les voitures. Respectons aussi les piétons, on doit avoir un respect », souligne-t-il.
La problématique des « faux » vélos électriques
Un autre sujet de préoccupation a été abordé. Patrick Guinard pointe du doigt l’émergence de produits non homologués qui représentent, selon les données, 8 % des ventes de VAE.
« 8 % des ventes de VAE sont des faux vélos. Alors c’est quoi un faux vélo : on parle souvent de fatbikes, qui sont de vrais vélos électriques. Mais certains sont dotés d’un système avec une gâchette. Et ça c’est hyper dangereux, ils dépassent les limites avec des vitesses incroyables, et ils viennent tous quasiment de Chine », critique l’intéressé.

Et d’enchaîner : « J’ai un cri du cœur à faire : s’il vous plaît, l’État, faites quelque chose. Confisquez ces vélos, ne mettez pas d’amende, ça ne sert à rien. Prenez les vélos. À partir de là, tout s’arrête. Il y a une action commune à faire pour notre marché. Car ça, ça vient manger le marché du vrai vélo », alerte le vice-président.
Un marché de renouvellement en ligne de mire
Malgré un contexte économique difficile où l’automobile occupe souvent le devant de la scène médiatique, l’USC rappelle que le vélo demeure la solution de mobilité la plus économique. Pour soutenir la reprise, Patrick Guinard appelle les collectivités à poursuivre leurs efforts sur les infrastructures, notamment les pistes cyclables et les stationnements sécurisés.
« Aujourd’hui, chaque fois qu’il y a une crise, dans les médias on n’arrête pas de parler de la bagnole. Et bien non, la solution aujourd’hui pour pouvoir se déplacer le moins cher possible, c’est le vélo. Il faut continuer à faire des pistes cyclables, à créer des parkings, continuer l’identification de ces vélos, continuer à faire la promotion du vélo tous ensemble », insiste Patrick Guinard.

« Les collectivités ont besoin de nous accompagner sur le sujet. Mais nous aussi on a besoin de revendiquer le fait de pouvoir circuler librement, en toute sécurité. L’avenir du vélo est là, aujourd’hui il y a des signes qui montrent que ça reprend progressivement. Le premier trimestre est encourageant, par rapport aux tendances du marché, par rapport à ce qu’on voit en magasin, il y a des bonnes choses qui se passent » .
D’autres signes encourageants laissent penser que 2026 pourrait enfin être l’année de la bascule : « Les stocks de produits, on n’en a plus. Ou de moins en moins. Ça nous permet aujourd’hui d’avoir de nouveaux vélos. On arrive dans un marché de renouvellement. Ça fait 4 ou 5 ans qu’on a un vélo, on a peut-être envie d’avoir un nouveau vélo. On y croit, on a de l’espoir, et on va continuer à se battre pour ce marché exceptionnel », conclut Patrick Guinard.
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