Xavier Niel défend la 5G et balaie les risques écologiques et sanitaires

Au nom de l'atractivité économique de la France

 

En pleine promotion pour sa nouvelle Freebox Pop, Xavier Niel est revenu sur la question de la 5G dans une interview accordée à France TV Info. Selon lui, elle ne présentera aucun problème pour la santé et l’environnement.

xavier niel

Xavier Niel, le 07 juillet 2020 au lancement de la Freebox Pop

Ce matin (mercredi 8 juillet 2020), Xavier Niel s’adonnait à l’exercice de l’interview auprès de France TV Info. Si l’essentiel de l’entretien était centré sur la nouvelle Freebox Pop annoncée le 7 juillet, le PDG de Free a réagi aux polémiques entourant la 5G.

Alors que les enchères surviendront à la fin du mois de septembre, de nombreuses voix s’élèvent contre le réseau de demain. La polémique autour des risques sanitaires et écologiques a même pris de nouvelles proportions suite aux commentaires de certains nouveaux élus aux élections municipales. Tout juste élu, Éric Piolle, maire EELV de Grenoble, a déclaré par exemple que « la 5G servira à regarder du porno dans l’ascenseur » et pas grand-chose d’autre. Un discours nettement opposé aux convictions du PDG de Free.

« L’empreinte écologique est meilleure avec la 5G »

Pour Xavier Niel, la 5G ne présente aucun risque, ni pour la santé ni pour l’environnement. Il ajoute même que le déploiement de la 5G est nécessaire pour « l’attractivité économique de la France ». Pour argumenter ses propos, il explique que la 5G est « une technologie qui consomme moins d’énergie, (…) plus moderne ». Et d’ajouter :

L’empreinte écologique est meilleure avec la 5G qu’avec les autres technologies passées (…) Ce n’est pas la 5G qui fait augmenter le trafic.

Il ajoute que « c’est notre utilisation des réseaux mobiles qui fait augmenter la consommation de ces réseaux ». Malheureusement, les utilisateurs ne semblent pas en être conscients, déplore-t-il. Et de conclure :

D’après les chiffres que je vois quotidiennement en tant qu’opérateur, on ne va pas dans ce sens-là.

Et pourtant…

Bien que rodé, le discours de Xavier Niel a des allures de serpent qui se mord la queue. D’un côté, le PDG de Free déplore que les utilisateurs ne rationalisent pas leur consommation de données mobiles, de l’autre il promeut un réseau qui promet des débits plus rapides, moins de latence et le développement de nouveaux usages. Soit des avantages qui incitent à utiliser encore davantage nos smartphones et objets connectés. L’association Agir pour l’environnement s’inquiète d’ailleurs de la montée en puissance de ces nouveaux usages. Lors d’une table ronde organisée par la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, elle déclarait :

La 5G c’est le streaming, la voiture autonome, l’Internet des objets. Nous sommes à la veille d’une explosion des transmissions de données.

Or, ces nouveaux usages nécessitent plus de données, notamment la vidéo. À cela s’ajoute la consommation énergétique des antennes 5G. Si Xavier Niel assure que la 5G consomme moins, Orange et Bouygues Telecom estiment que les infrastructures nécessitent trois fois plus d’énergie (pour une vitesse multipliée par 15). Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail « Lean – ICT » du think-tank The Shift Project, prévoit une « augmentation de la dépense énergétique des opérateurs par 2 ou 2,5 d’ici quelques années s’il s’agit d’avoir en 5G le même degré de couverture géographique qu’en 4G ».

Quid de la 2G et de la 3G ? Le programme de déploiement de la 5G ne prévoit pas de démantèlement des autres réseaux. Aussi, la consommation d’énergie du réseau de demain vient s’ajouter à celle des infrastructures existantes. Interrogé sur ce point, Sébastien Soriano, président de l’Arcep, s’est dit ouvert à cette proposition en précisant toutefois qu’il serait préférable de s’orienter vers un démantèlement de « la 3G dans la mesure où beaucoup de nos concitoyens utilisent des appareils 2G ». En résumé, Xavier Niel a beau assurer que la 5G n’a aucun impact sur l’environnement, les principaux acteurs du secteur ne semblent pas en être si certains.

Ce mardi, le Sénat accueillait une table ronde autour de la 5G où membres de l’Arcep, de l’Ademe, des opérateurs et des associations ont pu échanger sur les risques potentiels du nouveau réseau sur l’environnement.
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