C’est un fait, dans l’univers de jeux freemium il y a Dungeon Keeper, du genre très abusif, et les autres, un peu moins abusifs. Dans un entretien accordé à GamesIndustry, Frank Gibeau, le responsable de la branche mobile d’Electronic Arts, est revenu sur la stratégie mobile de son entreprise et en a profité pour faire un mea culpa.

dungeonkeeper

Ce n’est pas la première fois que l’on vous parle de Dungeon Keeper. Et pour cause, le jeu d’Electronic Arts a défrayé la chronique depuis sa sortie, accusé (à raison) par les joueurs d’abuser trop franchement des achats in-app et des timers. Au point d’ailleurs que Electronic Arts a été obligé de revoir sa communication autour du jeu au Royaume-Uni, puisque les autorités britanniques ont remis en cause son statut de jeu gratuit.

Electronic Arts semble en tout cas bien conscient de cette erreur. Et après le PDG de la société américaine, c’est au tour du responsable de la division mobile de l’éditeur de faire son mea culpa à propos de Dungeon Keeper. Un mea culpa pour le moins étrange puisqu’il mélange allègrement une très grande lucidité et une bonne dose de mauvaise foi. Quand on pose la question de l’échec de Dungeon Keeper à Frank Gibeau, voici sa réponse :

« Dungeon Keeper a souffert de beaucoup de choses. Je ne pense pas que nous ayons réalisé un bon travail marketing autour du jeu ou que nous ayons réussi à répondre aux attentes des fans à propos de ce que devait être Dungeon Keeper ou ce qu’il aurait finalement dû être. Les marques possèdent chacune un certain degré de modification auquel on peut toucher. Et je pense que nous avons peut-être un peu trop innové et essayé des choses très différentes que le public n’était pas prêt à accepter. »

En d’autres termes, le grand public n’a pas compris les innovations de Dungeon Keeper. Electronic Arts pense qu’il était un peu trop en avance sur son temps. Frank Gibeau ajoute toutefois immédiatement : « Ou, pour être honnête, nous n’étions pas vraiment en accord ce que nous permettait de faire la marque. » Une goutte de lucidité dans un océan de langue de bois.

Ceci dit, réduire l’interview que Frank Gibeau a accordé à GamesIndustry à cette unique référence à Dungeon Keeper serait injuste. Monsieur Gibeau revient justement sur les évolutions de la branche mobile de EA au cours des derniers mois, insiste sur le fait que ce genre d’expérience permet à l’éditeur d’apprendre de ses erreurs et il insiste sur le fait que ce mauvais jeu ne doit pas cacher les réussites de l’éditeur. Ce sont eux, après tout, qui sont aussi derrière le jeu mobile les Simpsons ou encore Real Racing 3.