56 % des Français se disent inquiets face aux nouvelles technologies, mais s’y intéressent de près

 

Pour la troisième année de rang, l’Académie des technologies a analysé la perception des Français face aux nouvelles technologies. Le baromètre réalisé par l’Ifop montre une inquiétude croissante face aux innovations, un sentiment moindre face à l’impact positif, mais aussi un attrait toujours présent.

L’emballement de ces dernières années est-il en train de retomber comme un soufflet ? À force de mettre de la technologie dans tout et partout, de parler d’intelligence artificielle à tout-va, de 5G et tutti quanti, les Françaises et les Français semblent un peu perdus. C’est en tout cas ce qui ressort du sondage IFOP* réalisé pour l’Académie des technologies.

Dans cette troisième édition, il apparaît que 56 % des personnes interrogées se disent inquiètes vis-à-vis des technologies. Un bond de 15 points par rapport à 2019 et de 18 points par rapport à 2018. Et l’on note une différence sensible entre les générations. Les 18-24 ans sont 44 % à s’en inquiéter contre 59 % des 35-64 ans. Les femmes sont aussi plus inquiètes que les hommes (60 % contre 52 %).

56 % des Français se disent inquiets face aux nouvelles technologies, mais s’y intéressent de près

Source : Ifop / Académie des technologies

Des bienfaits technologiques pas toujours évidents

Les bienfaits de l’apport technologique commencent aussi à être davantage questionnés. En 10 ans, l’impact positif a diminué dans différents domaines comme les loisirs numériques (35 %, -30 points). La multiplication des supports de jeu, des consoles aux smartphones, a fait naître au fil du temps quelques inquiétudes concernant le temps d’écran consacré notamment par les plus jeunes. Mais la santé (45 % d’opinion favorable, -25 points), l’alimentation (25 %, -21 points) ou encore l’environnement (21 %, -28 points) ne sont plus perçus comme profitant aussi bien des innovations qu’attendu.

Source : Ifop / Académie des technologies

Source : Ifop / Académie des technologies

Il faut cependant moduler ces réactions. 58 % des sondés considèrent encore que « les bienfaits de la science sont plus importants que les effets nuisibles qu’elle peut avoir ».

Des Français en mode « Je t’aime, moi non plus… »

Mais le sondage se révèle aussi assez paradoxal, symbole du rapport ambigu que chacun entretient avec l’innovation : 75 % des sondés se déclarent intéressés par les nouvelles technologies et 61 %, que les évolutions technologiques sont synonymes de progrès pour l’humanité.

Source : Ifop / Académie des technologies

Source : Ifop / Académie des technologies

Ils sont encore 59 % à penser qu’Internet améliore la qualité de vie. Les produits qui avancent des innovations technologiques suscitent également un intérêt en forte hausse (55 % d’opinion favorable, + 16 points par rapport à 2003). La majorité de la population reste attirée par les nouveautés, notamment chez les cadres (66 %) tandis que les ouvriers et employés y sont moins sensibles (47 %). Question aussi sans doute de pouvoir d’achat, car l’innovation a souvent un coût qui n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Source : Ifop / Académie des technologies

Source : Ifop / Académie des technologies

Et les femmes apparaissent moins attirées par les objets innovants (48 %) que les hommes (63 %). Les jeunes générations (63 % des 18-24 ans) sont également plus sensibles à ces sujets que leurs aînés (52 % des 35-49 ans). De manière assez évidente, les partisans de la 5G montrent un attrait plus important pour la technologie (67 %) que les opposants à la future connexion ultra rapide (39 %).

Le point faible : le manque d’information

En fait, l’origine de cette inquiétude transparaît assez clairement à travers l’étude. Premier pointé du doigt : le « fort déficit d’information sur ces sujets ». Seul un Français sur trois s’estime suffisamment bien informé sur le sujet. Un chiffre stable depuis… 2001 alors que la technologie est décortiquée sous tous les angles, sur tous les supports, aussi bien à travers des documents explicatifs officiels que par le biais de la presse, de spécialistes ou par les fabricants eux-mêmes. On aurait plutôt tendance à croire que l’on croule sous les informations sans pouvoir réellement faire le tri. Beaucoup le ressentent à l’inverse.

Et le cas le plus criant reste la 5G, sujet prêtant à débat qui tiraille la population, avec son lot de désinformation et d’approximations. Le sondage IFOP révèle ainsi que 77 % des sondés veulent être plus impliqués encore dans les décisions sur les technologies controversées, car trois personnes interrogées sur quatre jugent que le gouvernement n’informe pas suffisamment sur leurs conséquences. Les Français font, en revanche, davantage confiance au jugement des scientifiques et aux journaux scientifiques.

* Étude IFOP pour l’Académie des technologies réalisée par questionnaire en ligne du 15 au 16 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1 018 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans.

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