OpenAI prépare déjà l’avenir de ChatGPT : Internet, intégration de Dall-E, bases de données…

 

Ce 21 avril, le cofondateur d'OpenAI Greg Brockman a tenu une conférence TED, au cours de laquelle il a présenté le futur de ChatGPT, démonstrations à l'appui. De quoi savoir à quoi s'attendre dans les prochains mois sur le chatbot d'intelligence artificielle.

GPT-4 imaginé par Midjourney
GPT-4 imaginé par Midjourney // Source : Midjourney par Frandroid

ChatGPT fait peur autant qu’il hypnotise, mais force est de constater que ce type d’IA générative est fait parler de lui depuis début 2023. Quelques semaines après la présentation de GPT-4 et de ses possibilités, OpenAI récidive avec des démonstrations de la dernière version de son modèle de langage : de quoi en apprendre plus sur les usages potentiels de cette technologie. À cette occasion, Greg Brockman, l’un des cofondateurs de la société, a fait une longue démonstration de l’avenir des outils d’IA générative de l’entreprise au cours d’une conférence TED Talk : « Nous allons pouvoir repenser presque tous les aspects de la façon dont nous interagissons avec les ordinateurs. »

Générez du texte et des images avec ChatGPT

La première illustration faire par Greg Brockman dans sa conférence TED est… une illustration, littéralement. Il demande, en faisant une requête en direct, une idée de repas pour après la conférence. Là, ChatGPT se met à lui en proposer une en incluant tous les éléments du plat (ici, une tartine végétarienne). Il rédige une longue description, détaillant même l’ambiance du repas et les accompagnements. Immédiatement après, Dall-E se lance pour générer une image à partir de la description faite par ChatGPT.

Une image du plat générée par Dall-E à partir d’une description générée par ChatGPT // Source : TED

Ce que fait techniquement ChatGPT, c’est qu’il génère un « prompt », une requête auprès de Dall-E en retravaillant la description qu’il a lui-même générée plus tôt. Dans l’interface, on pourra voir quelle a été la requête faite. L’intérêt mis en avant par OpenAI est la possibilité de faire des retours à ChatGPT sur ses demandes.

Une requête faite par ChatGPT pour Dall-E // Source : TED

Bientôt, Dall-E sera en fait une application intégrée nativement à ChatGPT. Greg Brockman a annoncé sa disponibilité pour tous les utilisateurs du chatbot dans quelques mois, ce qui sous-entend que les abonnés à ChatGPT Plus ne seront pas les seuls qui en profiteront (bien qu’ils puissent peut-être l’utiliser plus tôt).

Mémoire à long terme et plug-ins

En se servant de la démonstration précédente, Greg Brockman demande à ChatGPT de reprendre ce qu’il a voulu plus tôt pour créer une liste de courses sur Instacart. Il s’agit d’un service de livraison de produits alimentaires. Pour cela, il a recours au plugin Instacart développé par l’entreprise de livraison, mais aussi à un Retrieval Plugin : c’est ce morceau de code qui permet à ChatGPT de se souvenir de tout ce que vous lui avez dit.

Puis, le plug-in Zapier, du service d’automatisation de services web du même nom, permet au cofondateur d’OpenAI de publier un tweet avec cette liste de courses. Il n’a plus qu’à relire et à publier, mais peut modifier le texte s’il le souhaite.

ChatGPT est enfin connecté à Internet

Dans une problématique de vérification des informations données par ChatGPT — on sait que l’outil peut raconter des choses complètement fausses — Greg Brockman copie-colle une requête et sa réponse générée dans un outil de navigation dans ChatGPT. Il précise qu’« il s’agit d’un outil de navigation qui permet au modèle d’effectuer des recherches et de cliquer sur des pages web. »

Le fonctionnement de ChatGPT lorsqu’il vérifie ses dires sur Internet // Source : TED

Ce que fait ChatGPT, c’est qu’il recherche sur Internet et décrit à l’utilisateur le fil de sa « réflexion » et de sa « recherche » : on comprend qu’il lit le texte des pages pour les comprendre et en tirer des informations, comme il peut le faire en hors-ligne. Cette façon de fonctionner de ChatGPT ressemble à peu près à ce que peut faire Bing Chat, puisqu’on peut par la suite insérer les références utilisées par l’outil directement dans le texte, à la manière d’une bibliographie avec des liens. Pour autant, de grandes différences subsistent entre les deux outils.

Comment ChatGPT pourrait révolutionner l’utilisation de tableurs et de bases de données

Greg Brockman pense aussi pouvoir révolutionner la manière dont nous utilisons des tableurs comme Excel et des jeux de données. À l’aide d’un outil d’interprétation de code ajouté dans ChatGPT, on peut envoyer des fichiers de données à l’IA. Dans la démonstration faite, ChatGPT « est capable de déduire ce que ces colonnes signifient réellement. Ces informations sémantiques n’étaient pas présentes. » On le voit nommer les colonnes et leur donner une description, pour que l’on vérifie qu’il a bien « compris » la base de données.

Greg Brockman présentant une conférence TED // Source : TED

Puis, l’intelligence artificielle peut suggérer des graphiques à réaliser à partir de ces données, en proposant plusieurs idées parmi lesquelles on peut piocher. D’ailleurs, les graphiques sont créés directement dans le chatbot, sans même qu’on lui ait demandé de le faire. Tout ceci est généré en Python, un langage de programmation, et on peut consulter le code généré. Autre usage : la création de nuages de mots à partir des données qu’on transmet à ChatGPT.

Un graphique généré par ChatGPT // Source : TED

Chaque graphique peut être modifié en faisant une demande écrite à ChatGPT. Ce que ça pourrait changer dans la création de graphiques, c’est la barrière à l’entrée. On le voit durant la démonstration, la création ne demande pas de connaissances techniques, que ce soit en bases de données ou en tableurs. De vraies intégrations pourraient être mises en place dans des outils dédiés : on pense directement au Copilot de Microsoft qui arrivera dans la suite Office.

Les IA génératives sont encore à améliorer

Si ces démonstrations sont impressionnantes, elles restent à relativiser du point de vue de la fiabilité de ChatGPT. Greg Brockman dédouane lui-même les outils d’OpenAI : « ces systèmes ne sont pas parfaits. Il ne faut pas trop s’y fier. » En effet, des dangers liés à ChatGPT existent, de sa fiabilité aux façons malhonnêtes de l’utiliser, comme la rédaction de faux avis sur Amazon. D’autres problématiques existent, comme celle de la protection des données, qui a entraîné le blocage de ChatGPT en Italie, ou encore des mauvais conseils donnés à des adolescents sur Snapchat.

Deux IA, representées par des robots, s’affrontent // Source : Image créée par Frandroid avec Midjourney

Face aux détracteurs des IA génératives, il s’est montré assez ouvert à la discussion durant sa conférence : « Il y a une chose à laquelle je crois profondément, c’est que la réussite de l’IA va nécessiter la participation de tout le monde. Il s’agit de décider comment nous voulons qu’elle s’intègre, de fixer les règles du jeu, de déterminer ce qu’une IA fera et ne fera pas. » Et pour cause, une lettre ouverte signée par plus d’un millier d’experts en IA et de personnalités avait été signée, demandant la suspension du développement des IA à la ChatGPT.


Le saviez-vous ? Google News vous permet de choisir vos médias. Ne passez pas à côté de Frandroid et Numerama.