Google, Apple, Facebook et Amazon sont tous les quatre sommés par la chambre basse du Congrès américain de livrer des emails internes dans le cadre d’une enquête pour pratiques anticoncurrentielles.

Le Congrès américain à Washington.

Ils sont tous les quatre dans le collimateur de Washington. Un panel de la Chambre des Communes du Congrès des États-Unis a sommé vendredi les géants de la tech Amazon, Apple, Facebook et Google de livrer des communications internes devant permettre d’éclaircir leur rôle dans des pratiques contraires à la concurrence.

Les quatre géants ont un mois, jusqu’au 14 octobre, pour fournir des emails couvrant la décennie passée ayant entre autres pour objet des acquisitions d’entreprises. Cela concerne les communications de hauts cadres, ainsi que des patrons des quatre firmes : Jeff Bezos d’Amazon, Tim Cook d’Apple, Mark Zuckerberg de Facebook et Larry Page d’Alphabet (Google).

« Ce sont des informations clés pour aider à déterminer si des comportements anti-compétitifs ont lieu, si nos agences d’application des lois antitrust doivent enquêter sur des questions spécifiques, et si nos lois contre les ententes ont ou non besoin d’être améliorées pour mieux promouvoir la concurrence sur les marchés numériques », a déclaré Doug Collins, un des parlementaires ayant signé la demande.

Les rachats de la discorde

Pour Amazon, les acquisitions potentiellement problématiques sont les suivantes. AbeBooks est une plateforme canadienne de revente de livres rares et anciens, fondée en 1996 et rachetée en 2008. Le géant de Seattle a ensuite mis la main sur le vendeur de chaussures Zappos en 2009. Le rachat de l’enseigne de grande distribution Whole Foods avait fait sensation en 2017.

Acquis plus récemment en 2018, PillPack est un site de vente de médicaments qui veut concurrencer les pharmacies traditionnelles. La startup de sonnettes connectées Ring est passé sous l’égide d’Amazon en février 2018, et le fabricant de routeurs Wi-Fi mesh Eero a suivi en février 2019.

Google est dans la ligne de mire pour les rachats de services que nous connaissons bien, comme Android et YouTube, mais pas seulement. L’acquisition de DoubleClick en 2008 avait permis à Google de mettre le pied dans la publicité affichable, alors qu’il ne se contentait jusque-là que d’annonces textuelles. AdMob, racheté en 2009, avait lui permis de se consolider sur la publicité mobile.

Au-delà des rachats, d’autres pratiques du géant de Mountain View attirent l’attention. Dont par exemple le fait que lorsqu’un utilisateur s’identifie auprès de n’importe quel service Google, il se retrouve automatiquement logué dans le navigateur Chrome.

Apple n’est pas inquiété tant pour ses acquisitions, souvent discrètes, que pour son App Store. Les législateurs n’ont entre autres pas apprécié sa décision de retirer certaines applications de contrôle parental en avril 2019, au profit de ses propres produits en la matière. La firme à la pomme laisse également peu de liberté aux utilisateurs pour choisir des applications non Apple par défaut.

Quant à Facebook, les regards sont tournés vers son rachat d’Instagram et de WhatsApp. Mais aussi d’Onavo en 2013, une application de gestion de sa consommation en données mobiles… que Facebook a dû retirer de l’App Store en 2018 à cause d’une politique de vie privée bien surprenante. On reproche aussi à la firme de Zuckerberg de vouloir intégrer Instagram, Messenger et WhatsApp en un seul et même service.

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