Amazon Alexa veut que vous arrêtiez de lui parler autant pour ses 7 ans

Chut !

 

Ce samedi 6 novembre, Alexa souffle ses sept bougies. L'occasion de revenir sur son évolution au fil du temps avec Tom Taylor, l'homme derrière les évolutions de l'assistant vocal d'Amazon, et de se jeter un oeil sur son futur, à la maison comme à l'extérieur.

Amazon Echo Dot 2020 avec l’assistant vocal Alexa embarqué

Amazon Echo Dot 2020 avec l’assistant vocal Alexa embarqué // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

Si vous lui souhaitez son anniversaire ce samedi, Alexa sera ravie de vous dire merci. L’assistant vocal d’Amazon fête ce 6 novembre ses sept ans. L’âge de raison, serait-on tenté de dire pour une petite voix qui a fait largement sa place dans les maisons, les smartphones, mais aussi des centaines de milliers d’appareils connectés compatibles à travers le monde.

Que de chemin parcouru pour cette étrange voix de synthèse devenue si familière pour beaucoup, capable de vous donner initialement la météo et votre agenda jusqu’à pouvoir vous avertir désormais si un colis est livré ou bien si la qualité de l’air dans votre logement n’est pas optimale. Mais Alexa ne compte pas en rester là et a encore de nombreux atouts dans sa manche virtuelle.

10 000 personnes au service d’Alexa

Il faut dire que plus de 10 000 personnes travaillent au service d’Alexa chez Amazon à travers le monde, entre les développeurs au siège ou en localisation (dans une quinzaine de 15 pays concernés pour la traduction, 70 en présence), ceux qui écrivent ses blagues ou l’adaptent à chaque culture. « C’est une énorme opportunité de pouvoir compter sur autant de personnes, mais aussi sur des développeurs externes et des partenaires, » se félicite Tom Taylor, senior vice president à la tête d’Alexa et des appareils Echo.

Lorsque l'on interpelle Alexa, un bandeau bleu apparaît sur l'écran de l'Echo Show 10

Lorsque l’on interpelle Alexa, un bandeau bleu apparaît sur l’écran de l’Echo Show 10 // Source : FRANDROID / Melinda DAVAN-SOULAS

Et tout ce dense écosystème a permis à Alexa de mûrir, grandir et se diversifier. « Alexa est née de l’idée qu’il y avait plusieurs changements notables dans l’IA et l’apprentissage automatique qui permettaient une compréhension nettement améliorée du langage », explique Tom Taylor à Frandroid. « On comptait déjà des cas simples d’utilisation pour le divertissement ou encore les minuteurs, et on réalisait progressivement que nous n’avions plus besoin de toucher l’appareil, de le sortir pour interagir, même en étant à l’autre bout de la pièce. Réunir tout cela pour avoir un accès plus facile aux objets connectés et à la technologie a été un pari gagnant. Et Amazon adore les paris audacieux. »

Tout ne s’est pas fait en un jour, de l’aveu même de l’intéressé. « Il a fallu beaucoup de temps pour réussir, mais on avait la solution entre nos mains. Nous étions motivés par l’envie de construire quelque chose de différent pour nos clients et de trouver comment l’appliquer, quelle technologie apporterait un vrai changement », ajoute-t-il. Oui, initialement, Alexa s’occupait de la musique et de l’organisation de la maison, les rendez-vous, les lumières, etc. Mais désormais, elle voit plus loin avec un pied dans l’éducation, le shopping, la sécurité, les hôtels, l’automobile ou encore la santé.

Une personnalité bien particulière

Quand on lui demande les atouts d’Alexa, Tom Taylor clame immédiatement « sa personnalité délicieuse » et sa capacité à comprendre nos habitudes : « C’est le genre de personne avec lequel j’ai envie d’interagir, intelligente, curieuse, avec un humour un peu décalé, qui est digne de confiance aussi. Ce n’est pas sans raison que des millions de personnes lui disent “merci” ou “je t’aime” aussi souvent ».

Tom Taylor, SVP Amazon Alexa et Echo

Tom Taylor, SVP Amazon Alexa et Echo // Source : Amazon

Une véritable personne finalement avec une personnalité marquée qui donne envie d’échanger et de lui confier les clés de sa maison intelligente, de son quotidien et ses routines. On surprend d’ailleurs Tom Taylor à basculer entre le « she » (elle/Alexa la personne) et le « it » (ça/il/l’assistant vocal — la distinction objet/personne n’existe pas vraiment en français), preuve s’il en est de l’effet provoqué par cet assistant vocal au nom féminin qu’il doit autant « à la grande bibliothèque d’Alexandrie dans l’Égypte ancienne et en hommage au métier premier d’Amazon » qu’à la complexité de la sonorité qui la rendait unique comme déclencheur oral pour un assistant vocal.

Capable de parler plusieurs langues, Alexa doit aussi savoir s’adapter aux différentes cultures locales. Un travail de longue haleine pour éviter les impairs et les incompréhensions, mais aussi la rendre la plus proche possible des utilisateurs. C’est aussi pour ça qu’Amazon la veut désormais beaucoup plus proactive. « Elle doit être capable de comprendre que si vous programmez tous les jours une alarme à la même heure avant de vous lever pour ouvrir les volets connectés, au bout de trois jours, elle doit vous proposer cette routine-là pour la déclencher ensuite automatiquement, sans que vous n’ayez plus rien à lui demander », ambitionne Tom Taylor.

Merci de moins parler à Alexa

C’est là l’un des prochains chantiers d’Alexa : être capable de vous comprendre et d’anticiper. « On veut que vous parliez moins à Alexa… pour que vous ayez plus de temps pour vous. C’est pour cela qu’il est important qu’elle comprenne mieux et plus vite », glisse-t-il avec un léger sourire. Évidemment que vous n’allez pas moins vous adresser à Alexa. C’est elle qui doit mieux vous comprendre. « Il y a bien évidemment un double sens à cela. Alors qu’Alexa étend son champ des possibles, vous ne devriez plus avoir à lui demander ce que vous souhaitez. Elle doit comprendre sans que je dise quoi que ce soit. À elle de “comprendre” en étudiant vos habitudes ».

Amazon Alexa

Amazon Alexa // Source : Wikimedia Commons

S’attacher à vos gestes et habitudes, mais aussi aux bruits de l’environnement. « Mais on veut toujours qu’Alexa soit plus intelligente jour après jour, plus compétente, plus précise et plus enthousiaste encore dans ses réponses, » souligne-t-il. Annoncé il y a quelques semaines, l’IA de l’assistant vocal va être capable de repérer et identifier les bruits environnants comme une porte qui se ferme, une machine qui s’arrête, une alarme…

Pas d’inquiétude, rien ne se fera à votre insu et la fonction n’est pas encore disponible en France. « Nous avons des exigences en matière de confidentialité des données et de sécurité. Tout peut être supprimé à tout moment depuis l’application et vous devez donner votre autorisation initialement pour que cela soit activé », rappelle Tom Taylor, ajoutant que les appareils Echo qu’il gère également ont un bouton Muet pour le micro ou un cache pour la caméra. Mais si vous donnez votre accord, Alexa va pouvoir entrer dans une nouvelle ère, toujours à l’état de bêta pour le moment.

Capable d’identifier la Xbox qui démarre

Ainsi, des possibilités ont été conçues autour de bruits spécifiques de la maison afin de pouvoir par la suite créer des routines. « On a toujours été étonnés de la rapidité avec laquelle les gens avaient pris en main Alexa pour automatiser leur domotique. On veut aller encore plus loin », annonce Tom Taylor. Vous pouvez demander à ce que la lumière s’allume ou la musique se lance si un aboiement de chien est détecté. L’IA derrière cette fonction de « son personnalisé » pourra également être entraînée en apprenant de votre maison et de ses « bruits », vous prévenir si un appareil ne fait pas le même son que d’habitude, si un paquet a été déposé devant votre porte et allumer la caméra Ring de surveillance, vous prévenir que les enfants sont rentrés… « ou bien s’ils jouent à la Xbox. Alexa pourra détecter qu’ils ont démarré la console et leur faire une annonce orale pour aller faire leurs devoirs à la place », s’amuse-t-il.

L’assistant vocal fait encore plus de choses qu’il y a près de deux ans et bien moins que demain, en résumé. D’autres opportunités sont à prévoir, nous promet-on, pour rendre Alexa encore plus active en notre nom en comprenant notre fonctionnement et en créant des déclencheurs (schémas ou sons), ces situations qui la poussent à scénariser des actions pour nous par la suite. Un prolongement et un double de nous-mêmes en quelque sorte. Et en cela, Amazon entend aussi développer encore plus sa gamme d’appareils Echo qui embarquent nativement Alexa.

Prochain objectif : Alexa en mobilité

Après l’arrivée du robot de surveillance Astro, de l’écran organisationnel sous forme de tableau Echo Show 15 ou du rotatif Echo Show 10, de l’implantation dans l’interface de sa clé HDMI Fire TV, que manque-t-il encore à Alexa ? « Nous sommes très bons dans la maison connectée, c’était d’ailleurs fou et ultra rapide la façon dont les gens se sont accaparé cela et l’ont automatisé. Peut-être un peu moins en mobilité », reconnaît Tom Taylor. « Nous avons fait une apparition dans la voiture avec Echo Auto pour que vous retrouviez l’environnement Alexa. Nous avons les Echo Frames (lunettes – non disponible en France pour le moment, ndlr) ou les Echo Buds (écouteurs – non disponible en France, ndlr), voire Alexa dans le smartphone. Mais nous aimerions trouver un moyen de ne pas avoir besoin de prendre son smartphone avec soi justement. »

Les nouvelles lunettes Amazon Echo Frames

Les nouvelles lunettes Amazon Echo Frames // Source : Amazon

Alexa a donc encore de la marge de manœuvre. Mais pas pour faire n’importe quoi. Pour Amazon, l’assistant vocal doit être utile, intuitif, fun et efficace, sans en faire trop. Pour cela, l’entreprise de Seattle compte d’une certaine manière sur la pluralité… « Il y a des choses que les utilisateurs attendent d’Alexa et d’autres noms. C’est pour ça que c’est important qu’il y ait plusieurs assistants, avec des spécificités. Celui auquel je vais demander un conseil médical n’est pas forcément le même qui peut me répondre pour une question juridique, si je veux jouer ou si je veux des résultats sportifs non plus », souligne l’homme fort de l’assistant vocal maison. « Nous faisons de notre mieux pour créer ce monde avec ces multiples assistants, avec des skills conçues par des partenaires pour enrichir les possibilités d’Alexa. »

En France, un 3e anniversaire et plein de projets

Si Alexa souffle ses sept bougies partout dans le monde, sa version française a été introduite mi-2018. Une version localisée qui permet à chacun d’avoir une réponse claire et adaptée dans la langue de Molière (même pour les blagues qui sont spécifiques ou les chansons qu’elle chantonne !). Et l’immersion hexagonale de l’assistant vocal se déroule plutôt bien.

Selon Amazon France, Alexa a connu une croissance de 50 % par an. Sur les 12 derniers mois, plus de 2,4 milliards d’interactions ont d’ores et déjà été réalisées. Et celle-ci est notamment particulièrement sollicitée pour l’écoute musicale avec plus de 181 millions d’heures de musique streamées depuis un an.

Mais plus que l’usage croissant d’Alexa, c’est surtout l’intérêt de la France qui compte. Nous avons ainsi été les premiers en Europe à profiter de la possibilité de trouver un centre de vaccination, un médecin à proximité ou de vérifier ses symptômes en demandant à Alexa, de diverses fonctionnalités et prochainement de l’intégration de l’assistant vocal comme pilote d’une chambre d’hôtel connectée, comme cela a été déjà lancé aux États-Unis ou au Royaume-Uni. « La France est un pays qui compte dans le déploiement d’Alexa à l’échelle mondiale », nous confie-t-on. « C’est bien, car cela laisse envisager de belles avancées en français ».


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