On a pris en main le Decathlon LD 920 E : ce vélo électrique haut de gamme dispose d’un atout exceptionnel

 

Invité lors d’une journée presse Decathlon à Lille, Frandroid a pu tester en avant-première le Long Distance 920 E de la marque française. Ce vélo électrique est le premier modèle haut de gamme de l’enseigne, qui mise sur une astucieuse technologie pour se démarquer de la concurrence.

Decathlon Long Distance 920 E (1)
Source : Grégoire Huvelin – Frandroid

Pendant 1h30, Frandroid a eu l’occasion d’essayer en avant-première le prochain vélo électrique haut de gamme de Decathlon : le fameux Long Distance 920 E, dont on vous parlait déjà en octobre et novembre 2022. Sur le papier, les premières caractéristiques transmises par la marque étaient prometteuses. Qu’en est-il en réalité ?

Avant de rentrer dans les détails, il convient de préciser une chose : le modèle fourni pour l’essai correspondait à 98 % à la version finale. Quelques tout petits ajustements seront effectués, mais c’est tout. Dans l’ensemble, les ressentis transmis dans cet article devraient donc bien refléter le produit dans son état définitif.

Attention aux finitions

Débutons par le design. Au premier regard, le Long Distance 920 E a tout d’un modèle urbain. Ici, pas de lignes agressives ou sportives, mais un look somme toute conventionnel qui reste plaisant à observer. Un point noir vient néanmoins ternir la copie : de vilaines pliures de soudures à différents endroits du cadre.

À notre question « Decathlon va-t-il les polir et atténuer leur effet disgracieux ? », un représentant nous a répondu que non. C’est dommage. Lorsque l’on positionne un vélo sur le haut de gamme, les exigences des clients sont plus hautes, notamment au niveau du look. Vigilance sur ce point.

Heureusement, l’expérience de conduite relève tout de suite le niveau. Car les premiers coups de pédale au guidon du LD 920 E sont savoureux. Ça l’est d’autant plus au fil des kilomètres parcourus. Pour expliquer ce ressenti fort positif, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement de ce produit.

Decathlon a fait appel à une start-up belge nommée E2 Drives pour motoriser son cycle. Le moteur éponyme était auparavant un prototype, avant que l’enseigne tricolore ne mette la main dessus en investissant dans la jeune pousse. Aujourd’hui, ce moteur est totalement industrialisé au sein de l’usine de Decathlon.

Plaisir de conduite

« On maîtrise tous les composants du moteur », nous assure-t-on. Chaque composant est acheté et assemblé par le groupe. D’un couple de 65 Nm – ce qui est très bien pour les trajets urbains –, le moteur E2 Drives est associé à deux autres systèmes : l’un est une transmission à variation continue, l’autre sert à gérer son RPM.

Le RPM, qu’est-ce que c’est ? C’est le Round Per Minute, soit le nombre de tours du pédalier en une minute. Sur le LD 920 E, il est réglable de 40 à 90. En clair : plus votre RPM est bas, plus de la résistance sera appliquée à votre pédalage. Inversement, plus le RPM est haut, moins il y en aura.

Un petit joystick placé sur la partie gauche du guidon vous permet de le régler en le poussant vers le haut ou le bas. C’est relativement simple et instinctif à configurer. Avec tout ça, une boîte CVT (Continuously Variable Transmission) s’occupe de faire varier les rapports de vitesse de manière automatique et linéaire. Vous n’avez strictement rien à faire.

Là où Decathlon fait fort, c’est que l’ensemble de ces composants et systèmes sont très bien calibrés : ils coexistent, sans se marcher les uns sur les autres. Résultat : lors d’un démarrage à l’arrêt, le capteur de couple – avec lui, l’assistance électrique est transmise de manière proportionnelle à la force que vous mettez dans les pédales – fait de suite son effet.

Et dès lors que votre allure augmente, le vélo s’adapte à votre vitesse en dosant avec justesse le niveau de résistance dans les pédales, le tout chapeauté par la boîte CVT et le RPM préconfiguré.

Dynamique au possible

Ce manège bien huilé offre à la fois un comportement très dynamique et naturel au vélo, mais également un aspect clé en main. Sur un même trajet quotidien, il suffit de régler son RPM idéal – que vous connaîtrez avec le temps et quelques déplacements – pour vivre une expérience personnalisée et juste.

Changer son RPM en cours de route est également possible : le fameux joystick est facile d’accès pour faire baisser ou grimper la valeur. Cette configuration en temps réel permet aussi de littéralement sentir le niveau de résistance qui s’intensifie ou se dérobe. Quitte à insister : l’ensemble est vraiment bien optimisé.

Decathlon Long Distance 920 E
Source : Grégoire Huvelin – Frandroid

Par ailleurs, le couple de 65 Nm vous fait très vite oublier les 26 kg que vous avez au guidon. Mieux : il apporte une certaine vivacité et nervosité au vélo, sans trop en faire non plus, mais qui suffit pour aisément dépasser d’autres cyclistes. Bref, le ressenti global qui ressort de cette prise en main est extrêmement encourageant.

Comment réagit le LD 920 E lorsque la batterie est à sec ? Forcément, l’assistance électrique n’est plus. En revanche, la boîte de vitesses automatique, elle, continue de fonctionner. Qu’à cela ne tienne, le vélo reste un petit tracteur à faire rouler lorsqu’aucune aide électrique vous accompagne.

Grosse autonomie au programme

Outre le mode off – qui coupe totalement l’assistance –, le vélo s’appuie sur trois autres modes : Eco, Normal et Turbo. Le premier devrait peu être utilisé compte tenu de l’effort demandé notamment au démarrage. Le second s’avère totalement légitime en ville, principalement sur du plat ou de très légères côtes.

Il est certes moins énergique qu’un mode Turbo, mais il reste largement exploitable dans beaucoup de situations. Le Turbo de son côté, libère toute la puissance du moteur : très utile sur du fort dénivelé positif, dont vous ne faites qu’une bouchée. Nous avons pu l’essayer sur une passerelle pour un résultat convaincant.

Decathlon Long Distance 920 E
Source : Grégoire Huvelin – Frandroid

Forcément, le choix du mode impacte l’autonomie du vélo : il faut compter 80 km avec le mode Turbo, contre 150 km avec le mode Eco grâce à une batterie amovible de 702 Wh – les câbles apparents une fois la batterie retirée seront bien rangés à l’avenir, nous a-t-on promis. Decathlon nous a par ailleurs assuré que ce rayon d’action n’était pas théorique, mais bel et bien réel après une multitude d’essais effectués en interne.

En alternant entre le mode Turbo et Normal, les 100 km de portée pourraient dans l’idée être atteints. Quoi qu’il arrive, les valeurs communiquées par l’entreprise restent excellentes sur le papier. Il conviendra de tester le vélo durant plusieurs semaines en conditions réelles pour vérifier ces chiffres.

À l’avenir, une version moins endurante et équipée d’une batterie de 460 Wh devrait s’inviter au catalogue, de sorte à proposer une alternative financièrement plus abordable. À ce jour, aucun indice temporel ne nous a été transmis quant au lancement de cette itération.

Confort modeste

Au chapitre du confort, le Decathlon LD 920 E mise sur une fourche suspendue HeadShok d’un débattement de 30 mm. Cela permet d’absorber les petites aspérités de la route… et c’est bien tout. Sur les pavés lillois, les vibrations et petits chocs ont été multiples.

La selle à mémoire de forme, elle, n’est pas suspendue, mais reste relativement confortable après plusieurs dizaines de minutes assis dessus. Ce qui n’est pas toujours le cas sur tous les vélos du marché. Dans l’ensemble, le confort nous paraît modeste, sans arriver non plus au niveau d’un Samedi Moustache 28.5 par exemple.

Le tout est associé à des pneus Vittoria de 28 pouces, des e-Randonneur, qui ont subi un renforcement sur l’anticrevaison. Pour ce faire, Decathlon a ajouté une bande de nylon de 3 mm. Le constructeur a volontairement délaissé le choix des pneus ballon, nous ont-ils affirmé. Cela aurait d’un côté ajouté du poids au cycle, dont l’agilité aurait aussi pris du plomb dans l’aile.

La sécurité du cycliste est assurée par des freins à disque hydrauliques Tektro aussi mordants qu’efficaces. Nous n’avons pas grand-chose à leur reprocher sur le laps de temps testé, même s’il est encore trop tôt pour s’en faire un avis définitif. Le vélo n’est pas doté d’ABS, mais les VAE équipés du système d’antiblocage sont encore rares.

Paré contre les vols

La partie connectivité vient clôturer cette prise en main. L’écran placé au centre de guidon va à l’essentiel avec trois interfaces principales : la vitesse actuelle, la distance parcourue et l’autonomie restante affichée en pourcentage, le tout avec une fluidité vraiment bienvenue. L’heure est à chaque fois indiquée, ce qui n’est pas toujours le cas chez la concurrence.

À l’avenir, l’écran du LD 920 E sera tactile. À voir si cette technologie apportera une réelle valeur ajoutée, puisque le joystick de contrôle est relativement facile à utiliser et à accéder avec le doigt. Mais là où ce modèle veut se démarquer, c’est au niveau de sa localisation GPS grâce à un traceur dédié – le même que sur le 920 Connect.

Grâce à l’application Decathlon Mobility, le cycliste sera en mesure de le suivre à la trace en cas de vol. Les équipes de l’entreprise ont tout particulièrement insisté sur ce point, puisque les premiers résultats de leurs fonctionnalités connectées seraient très positifs : 91 % des modèles connectés volés ont ensuite été retrouvés, nous a-t-on dit.

Parmi les petites réserves observées, citons l’emplacement du bouton phare – derrière la commande dédiée au joystick – pas des plus intuitifs, mais aussi le porte-bagages non compatible avec la norme MIK. Extrêmement répandue sur les accessoires vélos, cette fixation permet de s’équiper avec facilité grâce à un système de clipse très pratique.

Néanmoins, Decathlon a voulu se montrer rassurant en nous expliquant que des discussions étaient en cours avec l’entreprise. Peut-être qu’à l’avenir, le porte-bagages du LD 920 E sera donc compatible.

Decathlon LD 920 E : prix et date de sortie

Décliné en cadre haut (vert sapin) et cadre bas (chocolat), notre protagoniste du jour sera lancé fin juin 2023 à un prix indicatif de 3200 euros – des aides à l’achat peuvent faire baisser la note. Ici, Decathlon se positionne frontalement face à des marques premium comme Moustache, dont la fiabilité n’est plus vraiment à prouver.

Globalement, le LD 920 E a des atouts pertinents à faire valoir : sa boîte CVT, son capteur de couple, la possibilité de configurer son RPM et la grosse autonomie promise sont une combinaison d’éléments très prometteurs. Le poids, les finitions et le confort perfectible un peu moins. Est-ce pour autant rédhibitoire ? On n’en doute clairement. On a qu’une hâte : le tester sur long terme.


Chaque matin, WhatsApp s’anime avec les dernières nouvelles tech. Rejoignez notre canal Frandroid pour ne rien manquer !

Les derniers articles