Pourquoi les drones DJI se retrouvent mêlés à la guerre en Ukraine

 

L'Ukraine soupçonne la Russie d'utiliser des drones DJI pour cibler les zones stratégiques à bombarder. Le gouvernement à Kiev demande donc à l'entreprise chinoise d'intervenir pour bloquer ses appareils.

Le DJI Mavic 3
Le DJI Mavic 3 // Source : DJI

La guerre en Ukraine se poursuit, plus de 20 jours après l’invasion de l’armée russe. Le conflit armé continue de faire rage et, forcément, les belligérants se servent de la technologie pour tenter de prendre le dessus. C’est ainsi que DJI se retrouve dans l’embarras. Le fabricant de drones — qui a notamment sorti le Mavic 3 fin 2021 — a en effet été interpellé par le gouvernement ukrainien.

Mykhailo Fedorov, ministre de la transformation numérique, a publié un tweet dans lequel il affirme que l’armée de la Russie « a déjà tué 100 enfants ukrainiens ». Il ajoute ensuite que les troupes de Vladimir Poutine « utilisent des produits DJI pour guider leurs missiles ».

In 21 days of the war, russian troops has already killed 100 Ukrainian children. they are using DJI products in order to navigate their missile. @DJIGlobal are you sure you want to be a partner in these murders? Block your products that are helping russia to kill the Ukrainians! pic.twitter.com/4HJcTXFxoY

— Mykhailo Fedorov (@FedorovMykhailo) March 16, 2022

« Êtes-vous sûr de vouloir être complice de leurs meurtres ? Bloquez vos produits qui aident la Russie à tuer des Ukrainiens ! » Voici comment se conclut le tweet de Mykhailo Fedorov qui tague directement le compte officiel de DJI Global.

Le ministre joint au passage la copie d’une lettre qu’il a envoyée au patron de l’entreprise chinoise. Dans son courrier, il écrit que la Russie réussit à cibler des zones stratégiques grâce à l’utilisation de ses drones DJI.

La technique du geofencing

Comme l’indique Vice, DJI a bel et bien la possibilité de répondre à la requête du gouvernement ukrainien. L’entreprise peut en effet délimiter des zones interdites au survol pour empêcher ses drones d’y entrer.

Cette technique appelée « geofencing » est DJI l’utilise déjà dans d’autres pays en guerre comme l’Irak ou la Syrie ainsi que sur des lieux sensibles (aéroports, bases militaires….).

La réponse de DJI

DJI a répondu au tweet de Mykhailo Fedorov en partageant un communiqué. La firme précise notamment que si le gouvernement ukrainien en fait la demande, elle peut mettre en place un geofencing au-dessus du pays.

Cependant, cette restriction s’appliquera à l’ensemble des drones DJI, « peu importe qui les pilote ». Les appareils utilisés par l’armée ukrainienne seraient ainsi également affectés.

Le cas d’Aeroscope

L’Ukraine soupçonne aussi la Russie d’utiliser Aeroscope, un autre produit de DJI. Celui-ci permet de géolocaliser les drones de la marque. Selon Kiev, l’armée russe s’en sert pour repérer et attaquer les drones ukrainiens. En revanche, d’après Mykhailo Fedorov, cette fonction ne serait plus disponible du côté ukrainien.

DJI réfute ces accusations en indiquant que « cette fonction ne peut être mise à l’arrêt ». En d’autres termes, Aeroscope peut toujours être utilisé à la fois par les Russes et par les Ukrainiens.

Les drones de DJI n’ont évidemment pas été conçus à des fins militaires, mais il n’est tristement pas surprenant de voir leurs fonctions détournées de la sorte en temps de guerre.

Rappelons aussi que DJI est une entreprise chinoise. Or, Pékin reste officiellement neutre dans ce conflit.

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