Électriques, hybrides et… chinois : comment Jeep prépare sa riposte en Europe

 
Longtemps réduite à deux modèles sur le marché européen, la marque Jeep s’apprête à étoffer sérieusement sa gamme d’ici la fin de la décennie. Entre un SUV électrique venu des États-Unis, deux compactes bâties sur la nouvelle plateforme STLA One et un modèle de taille moyenne développé avec le partenaire chinois Dongfeng, la stratégie répond avant tout à une contrainte réglementaire : faire baisser la moyenne d’émissions de CO2 du groupe Stellantis.
Jeep Avenger

Depuis quelques années, Jeep fonctionne en Europe avec seulement 2 modèles, l’Avenger et le Compass, après avoir abandonné le Grand Cherokee, le Gladiator et même le mythique Wrangler en 2024.

Un choix qui tenait surtout à des considérations comptables : Stellantis doit faire redescendre sa moyenne d’émissions à 50 g/km de CO2 d’ici 2030, et les gros modèles thermiques ou peu électrifiés pesaient lourd dans la balance.

Reste que cette stratégie de gamme minimaliste touche ses limites, et Jeep semble vouloir corriger le tir avec une offensive produit qui s’étale jusqu’à 2030, articulée autour de 4 nouveaux modèles, dont 2 SUV compacts et un de taille plus généreuse.

Le Recon en éclaireur, puis un SUV chinois en renfort

Premier jalon de cette feuille de route, le Recon, déjà commercialisé aux États-Unis, devrait arriver en Europe en 2027, mais uniquement en 100 % électrique.

La véritable rupture interviendra en 2028, avec l’arrivée d’un SUV de taille moyenne né d’un partenariat entre Jeep et le constructeur chinois Dongfeng, et assemblé dans l’usine de Wuhan.

Jeep Recon

Ce modèle, positionné entre le Compass et le Recon, devrait être proposé à la fois en hybride rechargeable et en électrique à autonomie étendue, une architecture technique relativement rare sur le marché européen qui ne rencontre pas forcément un grand succès, en témoignent les résultats très modestes de cette technologie chez Leapmotor par exemple.

D’ailleurs, ce choix de produire en Chine n’est pas isolé chez Stellantis car Peugeot suit une logique comparable avec Dongfeng, les deux groupes collaborant depuis 1992, et les futurs modèles de la marque de luxe Voyah devant sortir de l’usine Stellantis de Rennes.

Reste à voir comment l’origine chinoise de ce SUV sera perçue par une clientèle européenne pas toujours convaincue par ce genre d’association, dans un contexte où les marques chinoises elles-mêmes peinent parfois à convaincre.

2 SUV compacts sur la plateforme STLA One, et un pick-up qui reste à quai

En dessous de ce SUV moyen viendront se loger 2 modèles plus compacts, construits sur la plateforme STLA One, présentée en mai dernier et censée réduire les coûts de production d’environ 20 %.

Fabio Catone, responsable de Jeep pour l’Europe, évoque des dimensions un peu supérieures à celles de l’Avenger, autour de 4,2 à 4,3 mètres, et précise vouloir capitaliser sur l’image de petits SUV de la marque, héritée du Renegade lancé en 2014.

Jeep Wagoneer S

Ces modèles devraient proposer des motorisations hybrides ainsi que des versions quatre roues motrices. En revanche, pas question pour l’instant d’un pick-up Jeep en Europe, ni de successeur du Gladiator, ni du Scrambler récemment annoncé. La contrainte sur les émissions de CO2 ferme la porte à ce type de segment.

Le Wagoneer S électrique, lui aussi, a été écarté, son créneau étant déjà couvert par le Recon et le futur modèle issu de la coopération avec Dongfeng. Bref, ça va pas mal bouger pour Jeep ces prochaines années, Jeep qui, rappelons-le, fait partie des 4 marques internationales de Stellantis avec Peugeot, Fiat et RAM.


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