
Alors que les ventes de voitures neuves stagnent en Europe, les constructeurs doivent désormais trouver des solutions. Car leurs usines sont trop peu utilisées et peinent donc à être rentabilisées. En parallèle, les constructeurs chinois arrivent en masse sur notre marché, qui devient particulièrement convoité.
Depuis quelques mois, de plus en plus de marques européennes sont ouvertes à l’idée d’ouvrir leurs sites de production aux marques asiatiques. Et c’est le groupe Stellantis qui devrait ouvrir la voie, comme l’a confirmé son patron Antonio Filosa.
Après Leapmotor, le groupe franco-italo-américain confirme la création d’une co-entreprise avec le géant Dongfeng. Et l’un des points clés de cette alliance sera la production des voitures de ce dernier au sein de l’usine de Rennes. Mais qui est réellement ce mastodonte, encore méconnu sur le Vieux Continent ? Fondée en 1969 et basée à Wuhan, cette entreprise produisait au départ des camions, notamment durant la guerre de Corée. Mais l’histoire de la marque connaît un tournant en 1992.
Cette annonce intervient alors que l’usine Stellantis de Rennes-La Janais tourne au ralenti : conçue pour produire plus de 400 000 véhicules par an au début des années 2000, elle n’assemble plus aujourd’hui qu’un seul modèle, le Citroën C5 Aircross. Accueillir un véhicule Dongfeng (sans doute un Voyah, la marque premium électrique du groupe chinois) permettrait à Stellantis de mieux exploiter sa capacité industrielle européenne, dans un contexte où la CFE-CGC attend de cette alliance une « charge industrielle pérenne » pour le site breton.

C’est en effet cette année-là que la firme chinoise crée sa première co-entreprise, avec le groupe PSA. Connue sous le nom de Dongfeng Citroën Automobile Company (DCAC), elle fut ensuite rebaptisée Dongfeng Peugeot-Citroën Automobile Limited (DPCA).
Le but ? Produire les voitures françaises de Peugeot et Citroën en Chine. Et ce alors que le marché y était en pleine expansion. Ainsi, le premier modèle issu de cette alliance fut la Fukang DC7140 en 1992, dont la production de série démarra réellement en 1995.
Un retournement historique
Précision actionnariale qui éclaire l’alliance : Dongfeng détient toujours environ 1 % du capital de Stellantis, héritage de la prise de participation de 2014 dans PSA (alors 14 % du capital). Le partenariat actuel n’est donc pas une simple coentreprise commerciale, mais s’inscrit dans une relation capitalistique vieille de plus d’une décennie.
Entre le groupe PSA, devenu Stellantis en 2021, et Dongfeng, c’est donc une histoire qui dure depuis plus d’une trentaine d’années, malgré des hauts et des bas. Et le groupe chinois n’est pas un petit joueur sur le marché. En 2024, Dongfeng a réalisé un chiffre d’affaires de 106,2 milliards de yuans, soit environ 13,4 milliards d’euros, selon son rapport financier annuel. Une progression de 6,9 % par rapport à 2023 (99,4 milliards de yuans), même si Dongfeng reste dans le rouge avec une perte nette de plusieurs milliards de yuans cette année-là.
Ce qui correspond à environ 216 millions d’euros au taux de change actuel. Aujourd’hui, Dongfeng propose une gamme complète en Chine, des voitures thermiques aux modèles électriques en passant par les hybrides rechargeables, avec ses propres marques (Voyah pour le premium, M-Hero pour le tout-terrain) et ses coentreprises (Nissan, Honda, Peugeot-Citroën).

On peut notamment citer la berline eπ007 ou encore la compacte Nammi Box. Il faut également savoir que le constructeur produit la Nissan N7 dans le cadre d’une co-entreprise nouée avec l’entreprise japonaise. Et bien sûr, impossible de ne pas citer les Peugeot Concept 6 et Concept 8 qu’on a pu voir en Chine, en partenariat avec Dongfeng, et qui pourraient bien arriver sur nos routes européennes.
Désormais, le géant chinois va pouvoir vendre ces autos sur notre continent en contournant les droits de douane mis en place par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois importés, puisque l’assemblage final aura lieu à Rennes.
Pour aller plus loin
J’ai vu les futures Peugeot électriques chinoises : un design bluffant, mais un vide technique qui inquiète
En parallèle, le groupe Stellantis a également annoncé dans un communiqué que Peugeot produirait des voitures en Chine. Et ce au sein de l’usine Dongfeng située à Wuhan, dès l’année 2027.
Deux autres modèles électrifiés de Jeep seront aussi assemblés sur place à la même période. Et ce alors que l’entreprise franco-italienne veut désormais mettre l’accent sur ces marques, ainsi que Fiat et RAM.
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