« Le pire des deux mondes » : nous n’aurons pas de Volkswagen électrique à 1 600 km d’autonomie en Europe, et c’est une bonne nouvelle

 
Alors que Volkswagen lance une voiture électrique à prolongateur d’autonomie en Chine, son PDG vient de confirmer que cette technologie n’arrivera pas en Europe, jugeant que cette solution n’aurait « aucun sens » chez nous.
Volkswagen ID. Era 9X // Source : Volkswagen

En difficulté en Chine, Volkswagen lance une nouvelle offensive produit. Outre son partenariat avec Xpeng, avec des voitures électriques développées en un temps record, le géant allemand croit fortement en une autre technologie : les prolongateurs d’autonomie.

Ces voitures électriques dotées d’un petit moteur essence servant de générateur connaissent un grand succès en Chine ; Volkswagen s’invite donc à la fête en lançant son ID. Era 9X, un grand SUV co-conçu avec le chinois SAIC.

Cette technologie qui promet 1 600 km d’autonomie cumulée pourrait-elle arriver en Europe ? En aucun cas, si on en croit son PDG, interrogé par nos confrères britanniques d’AutoExpress.

Une voiture prometteuse

Ce Volkswagen ID. Era 9X repose donc sur une batterie de 65,2 kWh, capable d’alimenter le gros SUV sur plus de 400 km selon le cycle d’homologation chinois CLTC (environ 340 km selon notre norme européenne WLTP).

Moteur EA211

Et lorsque cette dernière est vidée, un moteur essence maison, baptisé EA211, démarre et sert de générateur pour recharger la batterie. De quoi annoncer jusqu’à 1 600 km d’autonomie cumulée CLTC (environ 1 350 km WLTP), supprimant ainsi toute crainte sur l’autonomie ou la recharge des voitures électriques.

L’ID. Era 9X poursuit avec un habitacle extrêmement luxueux accueillant six passagers dans le plus grand des conforts, tandis que la connectivité et les aides à la conduite sont promises au meilleur niveau. Volkswagen semble donc avoir fait le nécessaire pour répondre au besoin du marché chinois.

« Le pire des deux mondes »

Pourrait-on voir ce SUV, ou du moins sa technologie, en Europe ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que Thomas Schäfer, nouveau patron de la marque, n’y va pas de main morte.

Volkswagen ID. Era 9X // Source : Volkswagen

Sa réponse est limpide : « La réglementation européenne sur le CO₂ n’offre aucun avantage [pour les prolongateurs d’autonomie] », avant d’ajouter : « c’est une technologie coûteuse. Nous pourrions la proposer, mais cela n’a aucun sens. »

Kai Grünitz, responsable de la recherche et développement de la marque, enfonce le clou : « C’est le pire des deux mondes : une grosse batterie coûteuse associée à un moteur coûteux. Et un prolongateur d’autonomie est toujours lourd, ce n’est donc certainement pas un véhicule efficient. »

Volkswagen ID. Era 9X // Crédit : Volkswagen

Des déclarations qui ont du sens. La législation européenne classe les voitures à prolongateurs d’autonomie comme des voitures électriques, et les véhicules importés de Chine sont donc soumis à la surtaxe douanière – de façon assez étonnante, la France les classe comme des hybrides, de quoi les assujettir au malus au poids.

Enfin, n’oublions pas qu’avec une batterie sensiblement identique (environ 62 kWh), le Tesla Model Y annonce 534 km d’autonomie WLTP, prouvant qu’en travaillant la masse et l’efficience des voitures, on peut arriver à une polyvalence tout à fait suffisante.

Volkswagen Tiguan hybride rechargeable // Source : Volkswagen

Volkswagen continuera donc de se focaliser en Europe sur ses hybrides rechargeables, dont la dernière génération permet de parcourir plus de 140 km en tout-électrique.

Chose intéressante : Renault persiste sur le prolongateur d’autonomie et promet leur arrivée dès 2028 sur sa prochaine génération de voitures électriques, avec l’annonce de 1 400 km d’autonomie cumulée. Erreur stratégique ou réponse à un besoin (même imaginaire) ?


Envie de rejoindre une communauté de passionnés ? Notre Discord vous accueille, c’est un lieu d’entraide et de passion autour de la tech.

Recherche IA boostée par
Perplexity