28 % du marché déjà pris : l’appel d’urgence de Volkswagen à Bruxelles face aux hybrides chinoises

 
Les constructeurs chinois veulent désormais miser sur les hybrides rechargeables pour contourner les droits de douane. Ce qui ne plaît pas du tout au patron du groupe Volkswagen, qui demande à l’Europe de serrer rapidement la vis.
BYD Seal U // Source : Marie Lizak pour Frandroid

Face à la menace grandissante des voitures électriques chinoises, l’Union européenne avait décidé d’agir. Estimant que les constructeurs de l’Empire du Milieu représentaient une concurrence déloyale, Bruxelles avait ainsi mis en place des droits de douane. Le but ? Taxer les VE produits en Chine, afin de les rendre moins intéressants sur le plan financier pour les clients. Une mesure qui ne semble pas avoir suffi. Ces véhicules coûtent d’ailleurs toujours 21 % de moins que leurs rivaux européens en moyenne.

Par ailleurs, des marques telles que BYD ou Xpeng veulent désormais miser sur les modèles hybrides rechargeables, qui ne sont pas soumis à cette taxe. Cependant, cela pourrait changer, car l’Union européenne envisage d’appliquer aussi les droits de douane aux PHEV. Une mesure saluée par Oliver Blume, l’actuel CEO du groupe Volkswagen.

Relayé par le site Automotive News Europe, ce dernier demande à Bruxelles d’accélérer la cadence, car il subit de plein fouet la concurrence des marques chinoises.

Zeekr 7GT // Source : Zeekr

Lors de l’annonce des résultats du 1er semestre 2026, l’homme d’affaires a rappelé que « nous n’avons pas de temps à perdre ». Une phrase prononcée dans un contexte particulièrement tendu pour le groupe, dont les chiffres sont en demi-teinte. Ses prévisions ont d’ailleurs été revues à la baisse, en raison de la concurrence chinoise, et des droits de douane aux États-Unis. Pour le patron, il est indispensable « d’instaurer des règles du jeu équitables sur le marché automobile européen ».

Une part de marché grandissante

Concrètement, le patron demande que Bruxelles instaure une taxe similaire aux droits de douane déjà en vigueur sur les voitures électriques. C’est à dire un droit d’importation pouvant atteindre 35 %, qui s’ajouterait aux 10 % déjà en vigueur. Cette mesure marche déjà pour les VE selon Blume. « Nous sommes compétitifs en termes de prix sur ce segment. En revanche, elle ne fonctionne pas pour les véhicules hybrides rechargeables ». Car le patron rappelle que désormais, les exportations sont le seul salut pour les marques chinoises.

Le marché chinois est en difficulté à l’heure actuelle. En revanche, les constructeurs de l’Empire du Milieu arrivent en force en Europe. Leurs ventes ont flambé de 101 % au 1er semestre 2026, pour atteindre 685 990 véhicules. De plus, les trois PHEV les plus vendus sur le territoire sont des modèles chinois, à savoir le BYD Seal U et l’Atto 2 DM-i, ainsi que le Jaecoo 7. Le Volkswagen Tiguan n’est que quatrième.

Sur le seul segment des hybrides rechargeables, les marques chinoises pèsent désormais 28,3 % du marché européen au premier semestre 2026, selon le cabinet Dataforce. Un bond qui explique l’urgence affichée par Oliver Blume.

Source : BYD

En parallèle, le groupe allemand rappelle qu’il pourrait vendre en Europe des modèles produits en Chine, et destinés à ce marché. En revanche, il refuse de partager ses usines à des constructeurs de l’Empire du Milieu. Et ce contrairement à d’autres marques, comme Stellantis ou encore Nissan, entre autres. Même si les sites de production de la firme de Wolfsburg sont actuellement trop peu utilisés sur le Vieux Continent, faute de demande. Ce qui pourrait changer avec le succès de ses citadines accessibles


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