Sorti en début d’année, le Xiaomi Mi Mix 3 s’illustre par un système de « slider » mécanique cachant l’appareil photo du smartphone. Bien qu’original et efficace, ce slider a aussi soulevé des questions de longévité. Qu’en est-il après 4 mois d’utilisation quotidienne ? Retour.

La gamme Mi Mix de Xiaomi a toujours été synonyme d’originalité, notamment en matière de design. La prochaine itération nommée Mi Mix Alpha poussera d’ailleurs cette singularité à son paroxysme avec son écran qui s’enroule sur les deux faces du smartphone et son appareil photo de 108 mégapixels.

Aujourd’hui, nous nous attardons sur le dernier modèle à être sorti sur le marché : le Mi Mix 3, qui a la particularité d’intégrer un « slider ». En effet, il est possible de faire glisser l’écran du smartphone vers la base pour laisser apparaître les capteurs photo frontaux. L’appareil s’affranchit ainsi d’une quelconque encoche ou perforation de l’écran comme sur beaucoup de smartphones sortis depuis 2018.

Alors que vaut le Xiaomi Mi Mix 3 après 4 mois d’utilisation ? De façon générale, il s’agit d’un téléphone toujours aussi complet : les performances sont très bonnes, son grand écran borderless est magnifique pour le multimédia, les photos sont suffisamment belles pour le photographe occasionnel que je suis, et on s’habitue vite à son poids tout de même assez important. Seul bémol : l’écran est assez sensible aux rayures à tel point que j’ai été obligé pour la première fois de mettre une vitre de protection à mon smartphone.

La fiabilité du mécanisme du slider

Ergonomique et ludique, le slider de ce Mi Mix 3 est son réel atout sur le papier. Mais l’est-il toujours après plusieurs mois ? Niveau longévité, comme, nous l’avions expliqué dans notre test, les finitions de l’appareil et la promesse de 300 000 ouvertures / fermetures de Xiaomi étaient suffisamment rassurants sur la fiabilité du dispositif dans le temps.

Et cela se confirme à l’usage : après des mois d’utilisation plus ou moins intensive (on s’amuse beaucoup à ouvrir et fermer le mécanisme en boucle au début), la mécanique du slider ne montre aucun signe de faiblesse. L’ouverture a toujours la même résistance sous le doigt que le premier jour. L’inverse aurait d’ailleurs été inquiétant après seulement 4 mois. À noter cependant que l’espace abritant l’appareil photo a tendance à accumuler la poussière facilement.

Un problème inattendu : les faux positifs

Si le côté mécanique est toujours impeccable au bout de 4 mois, c’est au niveau logiciel que le slider montre ses faiblesses. D’abord du point de vue de la conception : il n’est pas possible de personnaliser les raccourcis de l’interface d’ouverture du mécanisme. Les raccourcis proposés par défaut (appareil photo, lampe torche, calculatrice…) sont certes pratiques, mais pour d’autres applications qui nécessitent l’appareil photo frontal telles que les réseaux sociaux (Instagram ou Snapchat par exemple), on est obligé d’ouvrir le slider, puis de quitter son interface pour enfin lancer ladite application.

Ce bug m’arrive presque tous les jours

Mais le vrai problème qui s’est révélé récemment est un bug lié au slider : les faux positifs. En effet, l’interface d’ouverture se lance parfois sans raison. Au début, j’ai cru que j’ouvrais le dispositif par erreur, dans ma poche par exemple. Mais non, cela arrive même quand le téléphone est posé sur une table. Et ce bug m’arrive presque tous les jours.

« En quoi est-ce si problématique ? » me demanderez-vous. La réponse est simple : cela suspend le processus en cours. Par exemple, lorsque cela arrive en pleine vidéo, ou pire, en écoutant de la musique en laissant l’appareil verrouillé, cela coupe la lecture en cours pendant plusieurs secondes. Frustrant.

Afin d’identifier la source du problème et d’éventuelles solutions, j’ai décidé de mener ma petite enquête dans les différents forums traitant des appareils Xiaomi. Les résultats de cette recherche font ressortir deux explications possibles :

La première est une exposition à l’humidité, comme un jour de pluie en extérieur, ayant pu altérer des composants, vu que le Mi Mix 3 n’est pas certifié IP68. La seconde hypothèse, plus plausible dans mon cas, est une perturbation magnétique. En effet, le slider fonctionnant par magnétisme, la présence dans l’environnement du smartphone d’autres appareils de ce type tels que des écouteurs true wireless ou leur boîtier peut légèrement déboussoler le mécanisme du Mi Mix 3. Un parasitisme particulièrement gênant pour un téléphone sans prise Jack.

Pour conclure sur ces premiers mois d’utilisation, le Xiaomi Mi Mix 3 est donc un smartphone polyvalent qui sort du lot. Il ne laisse pas son originalité, le slider, être un prétexte pour un quelconque compromis sur les performances, les photos ou encore l’autonomie. Ce slider en lui-même reste fiable mécaniquement, mais les faux positifs lançant l’interface d’ouverture du dispositif sans action de l’utilisateur ternissent un peu le bilan du smartphone chinois à l’usage.