Pourquoi le Chinois Xpeng envisage-t-il (déjà) de passer à l’hybride en Europe ?

 
Arrivée en Europe en 2024 avec ses voitures électriques, Xpeng veut désormais se tourner vers les autos hybrides. Le but ? Échapper aux droits de douane sur le Vieux Continent.
Xpeng L03 // Source : Xpeng

Xpeng fait partie de cette vague de constructeurs automobiles chinois à faire leur arrivée en Europe. Fondée en 2014, la firme est en effet présente sur notre continent depuis le courant de l’année 2024. Elle commercialise trois modèles, les SUV G6 et G9, ainsi que la berline P7+ que nous avions essayée.

Et voilà que la gamme sera bientôt enrichie par le SUV L03 récemment officialisé. L’intégralité de l’offre de l’entreprise est actuellement composée de voitures 100 % électriques. Mais il se murmure que cela pourrait finir par changer.

C’est en effet ce qu’indique le site Automotive News Europe, qui relaie les propos de Jacky Gu, responsable de la technologie automobile du constructeur. Ce dernier laisse entendre que Xpeng pourrait désormais adopter une toute nouvelle stratégie sur le Vieux Continent.

S’il continue à estimer que l’électrique est l’avenir, il envisage aussi de vendre des modèles hybrides chez nous. « Nous sommes à l’écoute de nos clients et nous étudions actuellement la possibilité de proposer des modèles hybrides complets en dehors de la Chine ».

Xpeng L03 // Source : Xpeng

Mais quelle est la raison ? Car on le sait, cette motorisation est particulièrement nocive pour l’environnement. Or, vous vous en doutez, ce choix n’a rien d’innocent, bien au contraire. Le but ici est de contourner les droits de douane européens. Car ces derniers ne s’appliquent pour mémoire qu’aux voitures électriques et celles à prolongateur d’autonomie produites en Chine. Les modèles hybrides ne sont pas encore concernés. Même si cela pourrait ne pas durer, car Bruxelles envisage de faire évoluer les règles.

Une stratégie de plus en plus plébiscitée

Il faut savoir que Xpeng n’est pas le premier constructeur chinois à vouloir se tourner vers les voitures hybrides en Europe. C’est aussi le cas de BYD, qui est d’ailleurs l’un des premiers à opter pour cette stratégie. La firme commercialise plusieurs modèles PHEV, dont la nouvelle Dolphin G, conçue pour le Vieux Continent. Mais que sait-on déjà sur les modèles hybrides de Xpeng ? Eh bien Jacky Gu indique que ces derniers auront droit à un moteur quatre cylindres 1,5 litre.

Il s’agit du même qui équipe déjà les voitures électriques à prolongateur d’autonomie vendues par la marque en Chine. À vrai dire, l’hybride semble être le seul salut pour cette dernière, alors que les droits de douane atteignent 21 % en Europe. Un pourcentage qui s’ajoute aux 10 % déjà en vigueur depuis plusieurs années.

Or, ces taxes se répercutent sur le prix payé par les clients, ce qui risque de les dissuader. En parallèle, les ventes de modèles hybrides continuent de progresser en Europe. Précisons toutefois que Xpeng produit certaines de ses voitures en Europe, dans l’usine Magna Steyr à Graz en Autriche. Dans ce cas, il n’y a pas de surtaxe.

Selon Automotive News Europe, cette motorisation a représenté 53 % des immatriculations de voitures chinoises sur le Vieux Continent au mois de juin 2026. Contre seulement 36 % un an plus tôt. En parallèle, les ventes d’autos électriques représentent 35 % des voitures chinoises écoulées en Europe, contre 38 % en juin 2025. Mais la concurrence devrait être très forte pour Xpeng, alors que son rival MG cartonne avec des autos hybrides. Le MG ZS HEV est actuellement 3e des ventes de cette catégorie en Europe, avec 10 011 immatriculations en juin 2026.


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