
Voici le cinquième modèle de la gamme européenne de Xpeng. Après les SUV G6 et G9 ainsi que la berline P7+, le constructeur profite des premiers essais du L03, son modèle le plus abordable, pour nous présenter son nouveau vaisseau amiral : le G9L.
Xpeng précise d’ailleurs que le « L » de son nom signifie « Luxury » (luxe) et non « long », même si le G9L mesure 23 cm de plus que le G9. Le G9L entend offrir un niveau de confort et d’équipement encore rarement proposé en France et en Europe. J’ai pu monter à bord et j’ai été assez dérouté par le nombre de fonctions que j’y ai découvertes.
Le G9L sera présenté officiellement le lundi 12 octobre, en ouverture du Mondial de l’Auto de Paris. Les exemplaires européens sortent de l’usine de Magna à Graz, en Autriche, où Xpeng assemble déjà les G6, G9 et P7+. Cette production locale aide la marque face aux surtaxes européennes visant les voitures électriques fabriquées en Chine.
Un format XL
Le Xpeng G9L est un beau bébé de 5,12 m de long. À titre de comparaison, c’est 7 cm de plus qu’un Range Rover, déjà considéré comme un grand véhicule.
Le style s’inspire également du Range Rover. On est face à un SUV aux lignes imposantes, mais épurées. La forme très haute du capot et du pare-brise, ainsi que le profil du véhicule, me font penser au modèle haut de gamme de la marque Land Rover.

Sauf que, sur ce Xpeng G9L, on retrouve des vitres sans montants, davantage réservées habituellement aux véhicules coupés. On remarque aussi de grandes jantes de 21 pouces qui viennent remplir les immenses passages de roue. Les rétroviseurs extérieurs sont également dépourvus de cadre.
À l’arrière, on remarque un bandeau lumineux qui vient renforcer le sentiment de largeur du Xpeng G9L. Le nuancier comporte quatre couleurs : Arctic White, Diamond Black, Mirror Gray et Waving Green.

Au chapitre des dimensions, il mesure donc 5,12 m de long, 2 m de large et 1,78 m de haut. Il affiche un empattement de 3,10 m, ce qui promet un volume intérieur important.
Des sièges confortables mais imposants
La version du Xpeng G9L qui nous a été présentée était une déclinaison Ultra à six places, une configuration réservée à la motorisation Performance à transmission intégrale. Il existera aussi en France une version sept places, tandis que le Royaume-Uni aura également droit à un habitacle cinq places.
Avec cette version six places, les passagers de la deuxième rangée sont installés dans des sièges individuels chauffants, massants et ventilés. Ils peuvent totalement s’allonger grâce à un repose-jambes qui se déplie. De quoi voyager confortablement sur les longs trajets. Lors de la présentation statique, j’étais très bien installé dans ces sièges habillés de cuir Nappa. Mais avec tous ces équipements, les sièges sont imposants. L’espace à bord n’est donc pas si généreux que cela pour les passagers. Tout le monde est bien installé, mais on attend mieux d’une voiture avec un empattement de 3,10 m.

Il faut toutefois remarquer qu’un adulte peut prendre place sans souci sur la dernière rangée, ce qui n’est pas le cas de tous les autres SUV sept places proposant le même type de sièges dans le coffre. Ces sièges sont également chauffants et se rabattent électriquement dans le plancher. En configuration six places, le coffre ne mesure que 367 litres, en incluant l’espace sous le plancher, mais son volume atteint 1 337 litres avec la troisième rangée rabattue. Un coffre avant de 65 litres est également présent.
Un nombre d’équipements qui dépasse la raison
À bord, l’équipement est pléthorique. Les passagers sont tous accueillis par des portières électriques, complétées par un marchepied qui se déploie à l’ouverture. Ce dernier n’a rien d’indispensable, car le Xpeng G9L n’est finalement pas si haut ; il rendra toutefois service aux personnes un peu plus âgées.
La fermeture des portes est électrique, en appuyant soit sur un bouton pour chaque passager, soit sur le frein pour le conducteur. Le conducteur peut également fermer ou ouvrir les portes depuis l’écran central.
Cet écran central est immense : il mesure 17,3 pouces. Pour l’anecdote, l’écran de l’ordinateur sur lequel j’écris cet article est plus petit. Le système XOS de Xpeng utilise la puce Qualcomm Snapdragon 8295, associée à une puce d’intelligence artificielle XPENG Turing. Xpeng mise fortement sur l’intégration de son travail d’IA dans ses véhicules. Cela se remarque aussi sur le système d’aide à la conduite, qui embarque deux puces XPENG Turing AI.
La dalle tactile est réactive, mais on peut se perdre pour trouver certaines fonctions, d’autant que les commandes physiques manquent parfois. Par exemple, il faut passer par l’écran central pour régler le volant, puis faire défiler avec les molettes sur les branches du volant. Heureusement, la voiture propose d’enregistrer tout de suite le positionnement après le changement de configuration. Il faut aussi passer par l’écran pour ouvrir les stores du toit panoramique avant et arrière.
En effet, il n’y a pas un seul grand toit panoramique dans ce Xpeng G9L. À la place, on retrouve un îlot monté au-dessus des passagers de rang 2, intégrant un immense écran de 21,4 pouces qui se range dans le toit, à la manière de celui de la BMW i7. Celui-ci permet de regarder des films, des séries et des vidéos YouTube.
Pour les fonctions plus basiques comme la climatisation, il y a un écran tactile de 8,8 pouces monté sur l’accoudoir central à destination des passagers arrière. Ils peuvent notamment déplier l’écran cinéma, gérer la température de la climatisation ou encore ouvrir le frigo qui se trouve sous l’accoudoir. L’ouverture de ce dernier est électrique. Une simple poignée, comme dans un Volkswagen California, aurait suffi, mais ne faisait peut-être pas assez premium.
L’ensemble des passagers profitera d’un système audio XOpera développé par Xpeng, à 23 haut-parleurs, qui comprend aussi une réduction active du bruit. Elle sera mise à contribution si le double vitrage avant et arrière ne suffit pas.
Alors, est-ce qu’on a bien besoin de tout ça dans un véhicule ? Peut-être pas dans un usage familial. Le Xpeng G9L pourrait en revanche séduire les sociétés de transport de personnes avec chauffeur haut de gamme. Le seul concurrent que je lui vois est le Denza D9 DM-i, qui offre un accès à bord plus pratique avec ses portes arrière coulissantes, mais qui a davantage un physique de monospace, un peu moins séduisant.
Une batterie gigantesque pour une autonomie correcte
Le Xpeng G9L ne propose qu’une seule batterie de 110 kWh, mais plusieurs motorisations. L’entrée de gamme, nommée Autonomie Étendue, utilise un seul moteur développant 367 chevaux et 465 Nm de couple, pour un 0 à 100 km/h réalisé en 7 secondes. Une motorisation Performance, avec deux moteurs et une transmission intégrale, est également proposée. Elle développe 585 chevaux et 695 Nm de couple et atteint les 100 km/h en 4,9 secondes.
Les autonomies WLTP vont de 553 à 591 km selon la motorisation. Ce n’est pas mauvais, mais pas exceptionnel non plus. Un BMW iX3 propose jusqu’à 800 km d’autonomie avec deux moteurs et une batterie de capacité similaire. Cela traduit une consommation électrique importante. Pas de miracle avec ce SUV XXL et son équipement pléthorique, qui doit approcher les trois tonnes sur la balance.
Heureusement, Xpeng communique sur une recharge ultrarapide. Le G9L peut accepter une puissance de charge allant jusqu’à 540 kW, permettant de passer de 10 à 80 % de batterie en 11,7 minutes. C’est encore un peu plus rapide que les G6 et G9, qui faisaient déjà figure de références en la matière. La recharge en courant alternatif peut atteindre 22 kW, tandis que le véhicule peut alimenter d’autres appareils électriques grâce à la fonction V2L, avec une puissance de 6 kW.
Mon avis sur le Xpeng G9L
J’étais au départ perplexe au sujet de ce Xpeng G9L. Je me demandais bien qui pouvait acheter un SUV de 5,12 m en Europe. Puis je me suis rappelé que c’est à peine plus grand que la version à châssis court du Land Rover Range Rover, dont le succès ne se dément pas.
Sauf que le Land Rover est vendu largement plus de 100 000 euros. Le nouveau Land Rover Range Rover électrique est commercialisé à 161 500 euros, hors options. C’est plus du double du prix du Xpeng G9L, qui débute à 74 990 euros en propulsion, passe à 79 990 euros en transmission intégrale sept places et atteint 85 990 euros en transmission intégrale six places. Il paraît être une bonne affaire, car aucun autre véhicule à ce prix ne semble proposer autant d’équipements et un espace à bord aussi important.
Face à son petit frère, la marche est nette : le G9 démarre à 59 990 euros et culmine à 73 990 euros en version Performance. Le G9L réclame donc 15 000 euros de plus en entrée de gamme, et 6 000 à 12 000 euros de plus en transmission intégrale, pour 23 cm de longueur supplémentaire et une deuxième rangée bien plus cossue.
Maintenant, va-t-il rencontrer le succès pour autant ? Difficile à dire. Dans ces sphères de prix, la concurrence des marques premium établies est importante, car leur emblème est fort et constitue un symbole de reconnaissance sociale. Sur ce point, Xpeng n’a pas encore le même poids que BMW, Audi, Mercedes ou encore Lexus.
Côté allemand, un BMW iX3 démarre à 64 550 euros et un Mercedes GLC électrique à 64 900 euros : environ 10 000 euros de moins que le G9L, mais pour des SUV d’une catégorie plus compacte.
Le véritable avantage du Xpeng réside donc dans son rapport prix-autonomie-équipements pour la catégorie. Si toutefois vous disposez d’un emplacement de stationnement suffisamment grand pour l’accueillir !

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