
Si vous portez votre montre connectée durant la nuit, vous avez sûrement déjà connu cette expérience. Après une nuit de sommeil particulièrement compliquée, entamée par une insomnie, ponctuée de phases d’éveil et avec l’impression d’avoir uniquement somnolé tout du long, votre montre vous donne un score de sommeil de 90/100 et juge la qualité de votre nuit « excellente ».
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Si l’on s’attarde sur le fonctionnement des montres, bagues et bracelets connectés pour analyser le sommeil, c’est tout à fait normal. Dans le meilleur des cas, les phases de sommeil sont une estimation statistique dans 30 % des cas et, si les montres sont très efficaces pour savoir quand on ferme les yeux, elles sont aveugles pour savoir à quel point vous dormez bien.
Un suivi du sommeil de plus en plus poussé chez les différentes marques
Le suivi du sommeil sur les wearables n’est pas né hier, loin de là. Il est apparu dès 2011 avec le bracelet connecté Jawbone Up, suivi, l’année suivante, du Fitbit One.

À l’époque, les solutions se contentaient d’évaluer l’heure d’endormissement et l’heure d’éveil en fonction des mouvements. Il faut dire que ces bracelets connectés étaient démunis de capteurs de fréquence cardiaque ou de température. Cependant, on a vu arriver, plus récemment, l’analyse des phases de sommeil grâce à l’intégration de ces nouveaux capteurs.
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Dernièrement, les marques tentent de miser sur la gamification avec des scores de 0 à 100 pour jauger de la qualité du sommeil, potentiellement avec des recommandations générées par IA. C’est le cas notamment chez Garmin, mais aussi chez Samsung, Oura ou, plus récemment, Apple avec son score de sommeil.

En outre, de plus en plus de marques mettent désormais l’accent sur le suivi du sommeil, que ce soit grâce aux autonomies plus généreuses des montres — qui ne nécessitent plus d’être chargées durant toute une nuit — ou avec des appareils dédiés, portés plus facilement dans le lit.
On a ainsi vu (ré)apparaître les bracelets sans écran avec Whoop en figure de proue, mais aussi des bagues connectées plus discrètes, comme les Oura Ring.

Même Garmin s’est plongé dans le segment avec un brassard dédié au suivi du sommeil, le Garmin Index Sleep Monitor, plus confortable qu’une montre de sport classique.
Un suivi du sommeil efficace pour le temps total d’endormissement
Pour donner un score de sommeil pertinent, les algorithmes des montres, bagues et bracelets vont s’appuyer sur les différentes phases de sommeil. Par exemple, Apple indique qu’un sommeil profond insuffisant retirera d’office 5 points au score de sommeil général.
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Pour analyser le sommeil, la plupart des appareils récents fonctionnent de la même manière, avec un accéléromètre et un gyroscope qui évaluent les mouvements, un capteur optique qui analyse la fréquence cardiaque et un capteur de température. Et globalement, c’est très efficace pour détecter quand vous êtes immobile, que votre corps se refroidit doucement et que votre fréquence cardiaque diminue lorsqu’il s’endort.

Pour savoir quand vous vous endormez le soir et quand vous vous réveillez le matin, c’est du tout bon, avec un petit bémol quand même si vous lisez le soir sans bouger ou que vous regardez une série en étant particulièrement détendu.
En mars 2025, une méta-analyse qui a synthétisé les données de 24 études menées sur près de 800 participants montrait que le temps de sommeil total était généralement sous-estimé par les wearables d’environ 17 minutes en moyenne et l’efficacité du sommeil de 4,7 %. Un écart, certes, mais un écart qui reste correct.
Des scores de sommeil qui dépendent de l’interprétation des données
C’est en revanche une toute autre affaire concernant les phases de sommeil, à savoir les fameux sommeils profonds, légers, paradoxaux et d’éveil. Et là, souvent, c’est au doigt mouillé que c’est estimé. Si votre montre sait très bien quand vous dormez, elle ne sait pas vraiment comment vous dormez. C’est une estimation, pas une mesure.
La référence médicale pour le suivi du sommeil, c’est la polysomnographie. Un dispositif qui mesure aussi bien l’activité cérébrale que le tonus musculaire, la fréquence cardiaque, la saturation du sang en oxygène ou les mouvements des yeux. Surtout, un dispositif particulièrement complexe à miniaturiser tant les mesures sont nombreuses — et invasives. En face, les montres se contentent d’estimer les phases de sommeil en se basant sur la température, les mouvements ou la fréquence cardiaque.

Par exemple, elles vont considérer que des micro-mouvements et une fréquence cardiaque plus faible sont les signes d’un sommeil léger. Qu’une immobilité totale et une fréquence cardiaque au plus bas montrent un sommeil profond. Et qu’une forte immobilité avec une fréquence cardiaque irrégulière sont le signe d’un sommeil paradoxal.
Sauf que, dans les faits, on peut avoir un rythme cardiaque bas en étant simplement en sommeil léger très détendu, sans être passé en sommeil profond. Et c’est justement cette corrélation insuffisante entre les phases de sommeil réel et les phases de sommeil évaluées par les wearables qu’a pointée du doigt une étude de 2024 publiée dans NPJ Digital Medicine.

Cette revue de littérature scientifique reprend les données de 35 études pour estimer que les montres, bagues et bracelets connectés ne sont capables d’analyser correctement les quatre phases de sommeil qu’à hauteur de 69 à 79 % selon les appareils et les protocoles.
En d’autres termes, trois fois sur dix, une montre connectée pourra se tromper sur la phase de sommeil « mesurée ».
Bien évidemment, certains appareils s’en tireront mieux dans cette estimation, à l’instar des bagues Oura Ring, des bracelets Whoop ou des appareils Fitbit. Mais même là, dans le meilleur des cas, on pourra avoir une fiabilité de seulement 80 %, donc une évaluation de la phase qui tombera à côté deux fois sur dix.
Un suivi du sommeil trop complexe à évaluer
Si vous avez l’habitude de consulter les tests de montres, bagues ou bracelets connectés sur Frandroid, vous le savez sans doute : depuis quelques années, on s’efforce de tester au maximum la précision du suivi GPS et de la mesure de fréquence cardiaque de ces appareils… mais pas du sommeil.
La raison est simple. Outre le coût financier d’un dispositif de polysomnographie, ces mesures sont particulièrement invasives, avec tout un tas de capteurs à porter sur soi chaque nuit. Rapporté à une cinquantaine de montres testées chaque année, c’est un pas que nous ne sommes pas prêts à franchir.
On pourrait alors être tenté de comparer les données des montres à celles d’un bandeau à électroencéphalogramme (EEG), comme le Dreem 2, moins invasif que la polysomnographie. Le problème, c’est que même ces bandeaux ne sont fiables qu’à environ 80 à 85 %. Cela reste mieux que les montres, mais pas assez pour garantir que les mesures d’une montre ne seront pas parfois plus précises que celles du bandeau. Autrement dit, il est impossible d’obtenir une comparaison définitive sans une méthode de référence véritablement infaillible.
Le suivi du sommeil, un indicateur plus qu’une véritable donnée
Une fois tout cela dit, on pourrait être tenté de rejeter en masse le suivi et les scores de sommeil des montres connectées, voire de les remettre au placard, ou sur leur chargeur, durant la nuit.
Mais finalement, tout n’est pas à jeter. Déjà parce que, dans la moyenne, une même montre aura toujours tendance à analyser le sommeil de la même manière. Peut-être qu’elle vous indiquera une nuit que votre sommeil profond a duré 40 minutes, puis, la nuit suivante, 80 minutes. Dans les deux cas, elle se trompera sans doute. L’essentiel n’est pas là, mais dans l’évolution sur le long terme. En l’occurrence, elle saura dire que votre seconde nuit a comporté plus de phases de sommeil profond que la première et que vous êtes donc mieux reposé.

En outre, la durée totale de sommeil reste une valeur à laquelle on peut se fier, même si les premières minutes d’endormissement ne sont pas toujours bien évaluées. Là aussi, c’est la tendance qui va compter. Comme sur une balance, on sait qu’elle n’est pas précise à 100 %, mais c’est l’évolution du poids — ou, en l’occurrence, du sommeil — qui va être pertinente.
Finalement, le suivi du sommeil sur les montres reste un outil bien pratique. Il est perfectible, mais de la même manière que le décompte du nombre de pas sur une montre qui va s’emmêler les pinceaux au moment de touiller une casserole ou de se brosser les dents.
Et le plus important, si vous vous sentez fatigué au réveil, reste de vous faire confiance : même si votre montre vous donne un score de 85/100, votre ressenti reste le plus fiable.
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