En prenant le mythique logo Mustang et l’aura autour de la célèbre voiture de sport américaine des années 60, Ford cherche, avec sa Mustang Mach-E, à se démarquer de tous les SUV électriques qui commencent à débarquer sur le marché. De quoi réussir son entrée, d’autant que l’auto semble très bien définie avec ses 600 km d’autonomie.

Ford Mustang Mach-E

Comme promis, Ford a dévoilé ce lundi 18 novembre son premier SUV électrique « inspiré de la Mustang », la Ford Mustang Mach-E. Immanquablement, l’allure de la très réussie dernière génération de la Mustang se retrouve dans ce SUV aux lignes sportives, élancées et dont nombre de détails rappellent la muscle car US. Les phares et feux aux caractéristiques 3 barrettes verticales, le long capot, les épaulements et l’arrière fuyant, ainsi que dans la calandre « Superman shield » où trône le logo Mustang. Un bon boulot, car ce grand SUV (ou plutôt crossover, voire SUV coupé) de 4,71 m est donc 100 % électrique, ce qui le handicape en termes de hauteur, le sandwich de batteries rehaussant d’autant l’habitacle.

Mais les designers ont été bien inspirés en choisissant le noir pour les zones spécifiques à cette version par rapport à une ligne de coupé plus classique. En clair, ils ont caché ce qui encombre, les bas de caisse derrière lesquels se cachent les batteries et la partie du toit indispensable pour donner suffisamment d’espace à la tête aux passagers arrière. Well done.

Pour accéder à bord, le smartphone fera office d’identification (en Bluetooth), mais un code peut être composé aussi au moyen d’un clavier intégré dans le montant de la porte avant. Utile en cas de batterie à plat ou pour aller faire du sport en laissant son smartphone pour une fois… Dans l’habitacle, l’inspiration Tesla a clairement joué avec un immense écran vertical de 15,5 pouces et un plus petit (10,4 pouces) en guise d’instrumentation de bord. Vous avez dit Model S ? Les quelques boutons physiques sont les commandes au volant et le bouton de démarrage, le reste se faisant au moyen d’une interface totalement nouvelle.

Les graphismes semblent très qualitatifs et l’ergonomie de l’ensemble, très souple, avec des widgets configurables à volonté pour organiser son écran d’accueil. L’ensemble est doté d’IA pour apprendre de l’usage quotidien du conducteur et s’adapter au fur et à mesure. Suspendue devant la planche de bord aux finitions de qualité, la tablette intègre une originalité : un bouton physique intégré, principalement pour régler le volume. Les mises à jour du système de bord se font over the air.

Grand écran tactile au centre

Enfin, l’espace à bord est bien généreux pour 4 personnes et les 417 litres de coffre arrière et 100 litres de « frunk » (front trunk) devraient suffire à partir en vacances à son bord. Reste la question de l’autonomie…

Différentes configurations batteries/moteurs

Les batteries signées LG Chem sont refroidies par eau et air et, avec 600 km d’autonomie (norme WLTP) annoncée pour la version haute de 99 kWh en puissance totale (420 pour la version 75 kWh), la Mustang se place d’emblée dans le haut du tableau. Un choix très clair de Ford qui ne voulait pas prendre le moindre risque dans ce domaine.

La recharge acceptée peut atteindre 150 kW maxi, ce qui donne 45 minutes pour aller de 10 à 80 % de charge avec la batterie 99 kWh. Un partenariat Ford Pass avec NewMotion et Ionity (réseau de charge rapide) permet d’identifier les points de recharge, jouer sur la navigation et organiser un trajet optimum à l’image de l’expérience que l’on peut avoir dans une Tesla. Avec une wall box chez soi, il faudra entre 7 et 10 heures pour une charge complète. Comme Tesla, Ford garantit les batteries 8 ans.

Les performances ne sont pas en reste, mais ici, pas question de chercher Tesla et autres start-ups auto dans la course au 0 à 100 km/h, priorité à l’autonomie. Avec moins de 5 secondes à cet exercice pour la version la plus puissante, ce SUV d’un peu plus de 2 tonnes garde de quoi vous coller au siège tout de même, tandis que la vitesse maxi est raisonnablement limitée à 180 km/h. Ce sont plutôt les sensations de conduite qui ont été privilégiées. Ford a mis au point une sonorité spécifique diffusée à l’intérieur de l’auto via les haut-parleurs B&O qui traversent la planche de bord comme une barre de son, ainsi qu’à l’extérieur. Loin des grillons des Autolib ou les sons de Star Wars de la Zoe, il s’agit ici de générer une sensation de performance sportive. Nous avons hâte de vérifier si cela fonctionne.

La puissance de régénération est conçue pour permettre une conduite à une pédale, évitant dans la plupart des cas l’usage des freins. Plusieurs configurations motrices (aimant permanent Bosch) sont au programme : 1 moteur arrière avec 258 ou 285 ch (415 Nm de couple), alors que les versions à 2 moteurs et traction intégrale affichent 258 à 337 ch et 565 Nm.

3 modes de conduite

Bien entendu, les aides à la conduite du moment seront intégrées à l’auto, à commencer par le régulateur adaptatif intelligent et toutes les aides à 360°. Une caméra infrarouge surveille le conducteur en permanence et le système pourrait ainsi lui demander moins rapidement de remettre les mains sur le volant en phase de conduite semi-autonome, si les autorités valident son principe : si les yeux du conducteur sont bien dirigés vers la route, le système considère que son attention n’est pas détournée…

Elle vous plaît ? La Mustang Mach-E est déjà en précommandes sur le site Ford, avec des tarifs entre 48 990 euros et 69 500 euros pour la 1st Edition, en configuration maximum bien entendu. Certains concessionnaires pourront la vendre et il sera possible aussi de l’acheter en ligne. Mais il faudra prendre son mal en patience : les premières livraisons auront lieu chez nous fin 2020.