Les SUV électriques, bon ou mauvais pour la planète ? Cette étude apporte un début de réponse

 

Selon une étude menée par plusieurs chercheurs, les SUV électrique pourraient largement contribuer à une pénurie de batteries au cours des prochaines années. Par ailleurs, ils seraient également plus polluants durant leur fabrication.

Depuis plusieurs années, les SUV ont le vent en poupe, alors qu’en début d’année dernière, cette carrosserie représentait 50 % de parts de marché en Europe. Si les modèles thermiques demeurent encore les plus vendus, les alternatives électriques rencontrent également un fort succès. A tel point qu’en novembre dernier, la Tesla Model Y était la voiture la plus vendue sur le continent, toutes motorisations confondues.

Une silhouette pas anodine

À l’heure actuelle, l’offre ne cesse de grandir, alors que les constructeurs automobiles misent beaucoup sur ce type de silhouette. Un succès grandissant, alors qu’elle ne représentait que 8,5 % des ventes en 2009 dans l’Union Européenne. Plébiscités pour leur style, l’espace à bord et l’impression de sécurité qu’ils distillent, les SUV sont pourtant décriés par certains, qui affirment qu’ils seraient plus polluants.

À tel point qu’un malus au poids est désormais en vigueur en France, taxant de 10 euros par kilo tous les véhicules dépassant la barre des 1,8 tonne. Si les voitures électriques sont exclues de ce dispositif, elles ne sont pas forcément totalement propres, comme nous l’avions expliqué dans un précédent article. Et c’est notamment le cas des SUV. C’est en tout cas ce que révèle une étude réalisée par plusieurs chercheurs et accessible sur le site Science Direct.

 

Ces derniers pensent en effet que les modèles électriques surélevés pourraient polluer plus que les voitures plus petites, car ils nécessitent l’usage de batteries plus grandes en raison de leur poids plus élevé. Une étude de l’IEA explique en effet que les SUV nécessitent environ 20 % d’énergie supplémentaire par rapport aux véhicules de taille moyenne pour parcourir une distance similaire. Ce qui est valable pour tous types de motorisations.

Plusieurs scénarios ont été étudiés par le groupe de chercheurs, en fonction des contraintes d’approvisionnement en batteries, alors que certains experts craignent déjà une pénurie. En effet, la demande en lithium ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années, tandis que le coût de ce matériau grimpe aussi. Ce qui a un impact direct sur le prix des voitures électriques, tandis que cela pourrait également engendrer une hausse des émissions polluantes. Voici comment.

En d’autres termes, les SUV électriques empêchent de réduire aussi rapidement et massivement les émissions de CO2 qu’un parc constitué de voitures électriques de types compacts et berlines. Chaque voiture électrique non SUV remplacée par une voiture électrique de type SUV réduit la décroissance de l’émission de CO2.

Le recyclage comme solution

Les scientifiques ont étudié plusieurs situations, notamment dans des cas de pénuries de batteries, ce qui pourrait très probablement arriver alors que l’Europe est encore très dépendante la Chine. Si plusieurs sites de production se développent sur le continent, les constructeur commencent également à privilégier les États-Unis en raison d’avantages fiscaux. Les chercheurs expliquent que privilégier les SUV électriques aux voitures plus petites pourrait alors accroître le risque de pénurie de batteries.

En effet, ces derniers ont besoin d’accumulateurs plus gros. Résultat, il faut extraire plus de matériaux comme le lithium, une opération très polluante et souvent réalisée dans des pays en voie de développement dans des conditions peu éthiques. Si l’augmentation des ventes de SUV électriques permettrait en théorie de réduire les émissions de CO2 émises à l’échappement, leur production ne serait pas sans conséquences pour l’environnement.

Une récente étude relayée par le New York Times confirme cette idée, affirmant que les plus grosses voitures électriques émettent autant de CO2 durant toute leur vie que certains modèles thermiques. C’est notamment le cas des Ford F-150 Lightning et autres Rivian R1T. En clair, il est encore une fois confirmé que les petites voitures dotées de batteries de taille réduite sont à privilégier. Cela permet de diminuer la demande en lithium ainsi que le prix des véhicules et leur poids. Or, nous avons déjà vu qu’une grande batterie n’a pas que des avantages.

Certains constructeurs comme Ford ou Renault l’ont déjà compris et envisagent de proposer des batteries plus petites dans leurs voitures. De quoi signer la disparition des SUV ? Pas forcément. Car si ces derniers consommeront toujours plus et auront une autonomie plus restreinte, le développement du réseau de bornes de recharge rapides permettra de compenser cela.

C’est pour cela qu’il n’est aujourd’hui plus vraiment pertinent de vouloir un véhicule affichant une très grande autonomie. La solution serait également d’accélérer sur le recyclage des batteries, bien que de plus en plus de constructeurs et entreprises s’y mettent. On pense notamment à Mercedes ou encore à Redwood Materials ainsi qu’à Tesla tandis que Volkswagen veut revaloriser ses accumulateurs à l’infini.


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