Après plusieurs mois de discussion avec le gouvernement et les opérateurs mobiles, l’Arcep a livré sa décision concernant la taille des premiers blocs de fréquences et les obligations de couverture du territoire.

L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes) vient enfin de publier sa décision relative aux modalités et aux conditions d’attribution d’autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3,4 ‑ 3,8 GHz en France qui sera le point de départ et la bande-cœur de la 5G. C’est désormais au gouvernement français de fixer les conditions financières de cette attribution.

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Une attribution mixte qui peut créer des disparités entre les opérateurs

Cette nouvelle étape permet d’apprendre davantage sur les premiers pas de la 5G en France. Le réseau mobile de cinquième génération sera donc déployé en retard en France, par rapport à ses pays voisins (Italie, Royaume-Uni, Suisse…). La discussion entre les opérateurs, le gouvernement et le régulateur du secteur a été plus longue que prévue.

L’Arcep a prévu une attribution mixte : la première partie va permettre à 4 opérateurs d’obtenir des blocs de fréquences de 50 MHz contre des engagements. La deuxième partie est une enchère qui permettra aux candidats d’obtenir des fréquences additionnelles par blocs de 10 MHz. Le total des attributions concerne 310 MHz de fréquences.

Pour que chaque opérateur puisse bénéficier de suffisamment de fréquences, l’Arcep a mis en place un plancher de 50 MHz et un plafond de 100 MHz. Dans cette configuration, on peut imaginer des scénarios où deux opérateurs récupèrent 100 MHz, et deux autres : 60 ou 50 MHz. Un opérateur peut donc obtenir deux fois plus de fréquence qu’un autre. Orange et SFR sont en bonne place pour obtenir le plus de fréquences, car ils ont plus de moyens financiers que Bouygues Telecom et Free Mobile.

Les plus « petits » opérateurs pourraient proposer des débits d’environ 200 à 500 Mbit/s alors que les plus « gros » opérateurs pourront proposer jusqu’à 1,5 Gbit/s en téléchargement

Cette différence est loin d’être anecdotique. Les plus « petits » opérateurs pourraient proposer des débits d’environ 200 à 500 Mbit/s alors que les plus « gros » opérateurs pourront proposer jusqu’à 1,5 Gbit/s en téléchargement, soit une grosse différence de débit. La différence sera donc liée à l’enchère des 110 MHz supplémentaires. L’Arcep milite pour que le prix de réserve soit peu élevé pour laisser tous les opérateurs enchérir et pour leur permettre d’avoir les moyens d’investir dans les équipements nécessaires au déploiement de la 5G.

Le lancement commercial est toujours prévu en 2020, il aura lieu entre mai et septembre 2020

Le lancement commercial est toujours prévu en 2020, il aura lieu entre mai et septembre 2020 en fonction des opérateurs. L’Arcep oblige les opérateurs à couvrir au moins 2 villes d’ici fin 2020. Le cahier des charges prévoit aussi d’imposer l’ouverture d’un minimum de sites 5G : 3 000 sites en 2022, 8 000 sites en 2024 et 10 500 sites en 2025. La 4G+ est également au programme, ce qui sera également un bon moyen d’obtenir de meilleurs débits sur l’ensemble du territoire.

Le cahier des charges de L’Arcep évoque également nombreux prérequis comme des débits minimums (dès 2022, au moins 75 % des sites devront bénéficier d’un débit au moins égal à 240 Mbit/s), la couverture des axes routiers, les offres de services différenciés (automobile, VR, cloud computing…) et la compatibilité IPv6. Il est également question d’engagements optionnels comme la couverture à l’intérieur des bâtiments, les offres d’accès en 5G fixe, ou encore l’accueil des opérateurs virtuels (MVNO).

Évidemment, c’est une première étape du déploiement de la 5G Non-Standalone qui exploite le réseau 4G. Cette 5G Non-Standalone se base sur la 4G pour fonctionner : la connexion exploite le 4G LTE tandis que les porteuses 5G sont utilisées pour augmenter les débits de données et réduire la latence.

L’Arcep rappelle également que la bande 700 MHz servira également à la 5G. Par contre, la Standalone (SA) 5G, que l’on peut qualifier de « vraie » 5G, exploitera bien une « nouvelle architecture de réseau » et sera déployée bien plus tard avec les ondes millimétriques (les bandes mmWave). C’est ce que l’on appelle la bande 26 GHz.

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