Sorti en 2004 sur PC, Evil Genius était un jeu de gestion original qui demandait au joueur d’incarner un méchant, et de diriger une base dans le but de conquérir le monde. Le jeu revient aujourd’hui sur mobile associé à la mention Online et n’a plus grand-chose à voir avec le jeu original.

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Lors de sa sortie en 2004 sur PC, Evil Genius était loin d’être un titre parfait. Si à la façon d’un Dungeon Keeper on retrouvait l’idée d’incarner un génie du mal dont le but était de construire la plus grande base d’opération d’envoi de méchant au monde, le titre était toutefois un peu trop rigide et manquait parfois de profondeur. Mais il avait pour lui un charme et un humour qui lui ont conféré le statut de jeu sympathique et marqué l’esprit de joueurs des années 2000.

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On aurait donc pu penser qu’Evil Genius serait un nouveau portage sur mobile et se contenterait simplement de nous rappeler de bons souvenirs. Las, c’était sans compter sur la mention Online, qui a transformé Evil Genius en free to play moyen et multijoueur aux relents douteux de Clash of Clans. Sur le fond, le joueur incarne toujours un génie du mal dont le but est de construire la plus grande base possible et de semer le chaos dans le monde. Sur la forme, il est demandé au joueur de construire de poser des distributeurs d’argents aux quatre coins de sa base, de gérer une bande de travailleurs pour leur faire construire des installations payantes ici ou là et de récolter toujours plus d’argent pour construire des bâtiments permettant de débloquer de nouvelles unités.

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Et comme les développeurs ne sont pas à ça près, ils ont également collé de la publicité sur la page d’accueil du titre.

Non seulement les mécaniques de gameplay ont déjà été vu un demi-million de fois dans d’autres titres mais en plus Evil Genius Online affiche une interface lourde et confuse au possible (et tout est en anglais), des graphismes très moyens et se permet de ramer sur mon OnePlus One (et même sur un Galaxy S6 d’ailleurs). Free to Play oblige, le jeu incite le joueur à pourrir les comptes Facebook ou les boîtes emails de nos amis et dispose d’une boutique d’achat in-app pleine à craquer. Cerise sur gratin de courgettes (et vous n’imaginez pas à quel point je déteste le gratin de courgettes), la liste des permissions demandées par Evil Genius Online me semble un tout petit moins longue que celle de l’application Facebook. Entre données de localisation, identité du propriétaire du téléphone, autorisation de se lancer au démarrage du téléphone et obligation d’être connecté à Internet pour jouer, je pense qu’on légitimement appeler ça un beau raté. En plus de souiller impunément les souvenirs des joueurs nostalgiques. Triste monde.