Et si Pokémon Go n’était qu’un prétexte supplémentaire pour Google pour récupérer encore plus de données privées des internautes ? C’est bien possible, si l’on en croit les conditions d’utilisation du nouveau jeu de Niantic, mais aussi le passé du fondateur du studio américain.

pokemon go

Dans un long et intéressant papier, qui donne toutefois des frissons, The Intercept revient sur le passé de John Hanke, fondateur du studio Niantic Labs à qui l’on doit Pokémon Go. L’homme vient de chez Google puisqu’il était patron de la division Google Geo (Google Maps et Google Street View) lors du scandale Wi-Spy il y a quelques années. À l’époque, un ingénieur de chez Google – Marius Milner – avait créé un programme spécial permettant aux voitures cartographiques de Google de récupérer toutes les données des Wi-Fi non sécurisés : mots de passe, sites web visités, photos, vidéos, etc. L’homme n’a pas œuvré dans son coin puisque ses supérieurs étaient au courant de cette pratique.

 

« Le processus de collecte de données doit être divertissant »

Ironie de l’histoire : Marius Milner et John Hank sont tous les deux à l’origine du dépôt de l’un des brevets fondateurs des jeux Ingress et Pokémon Go. Dans la description du brevet, on peut ainsi lire que « le vrai challenge est de motiver les joueurs à donner constamment des données, même après l’excitation initiale de l’innovation technologique. Le processus de collecte de données doit être divertissant ». La raison d’être de Pokémon Go serait-elle uniquement liée à la collecte de données ? C’est possible, si l’on se plonge dans les conditions d’utilisation de l’application.

 

Un jeu ou un outil de collecte de données ?

Décortiquées par The Wall Street Journal, les conditions d’utilisation du titre de Niantic font en effet assez froid dans le dos. On peut ainsi lire que Niantic se réserve le droit de récupérer la position de l’utilisateur, son adresse IP, mais aussi la dernière page web ouverte par l’utilisateur. L’entreprise peut ensuite transférer les données à l’entreprise Pokémon Co, détenue en partie par Nintendo. Certaines données peuvent également être transmises à des entreprises tierces, à l’image de Google qui s’est détaché de Niantic l’année dernière, « à des fins de recherche et d’analyse, de profilage démographique et de buts similaires ».

La question reste donc ouverte : Pokémon Go constitue un véritable jeu, ou simplement un nouvel outil de collecte de données qui cache bien son nom et sa fonction ?