
Le 16 juillet 2026, le leasing social fait son grand retour. Le gouvernement va ouvrir les vannes de la voiture électrique pas chère sur dossier pour la 3e année consécutive. Vous savez, cette aide qui permet à 50 000 bénéficiaires supplémentaires par an de rouler en électrique moyennant entre 100 et 200 euros par mois maximum.
Une promesse qui avait fait sensation puisque tout le stock de véhicules éligibles avait été rapidement prisé par les candidats en 2024 et 2025 lors des premières éditions. Certains automobilistes se préparent déjà à cet événement, tout en attendant la liste officielle des modèles et leur prix.
Stellantis a dégainé en premier son offre et promet des loyers mensuels à partir de 94 euros. Rappelons que pour en bénéficier, vous devez avoir un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 300 euros et, soit habiter à plus de 15 km de votre lieu de travail, soit parcourir plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre professionnel.
Pour l’édition 2026, l’aide de l’État grimpe à 9 500 euros maximum, contre 7 000 euros lors des deux premières sessions. Le loyer reste plafonné à 200 euros par mois hors options. Le décret officiel doit encore paraître pour figer la liste des modèles et le plafond exact de revenu fiscal, que Renault annonce de son côté à 16 880 euros par part sur sa page dédiée.
« Le concept du leasing social est génial »
Postuler à ce leasing social a été la meilleure décision de toute une vie d’automobiliste pour certains. D’après nos lecteurs interrogés sur le sujet, « le concept est génial et doit perdurer, et d’une économie et utilisation spectaculaire tant on paie 54 euros par mois pour une Citroën e-C3, avec une électricité qui ne coûte que 16 centimes du kWh à domicile ».
L’une des bénéficiaires assure que sa nouvelle Opel Frontera, à 154 euros par mois entretien et maintenance compris, convient parfaitement à son usage. Elle profite au passage de grosses économies par rapport à l’achat et au gazole.

Elle se sent carrément « sereine pour aller au bout des 3 ans de contrat. Je n’aurai jamais pu m’offrir ce plaisir de conduire autrement. Si je devrais recommencer, je le ferai sans hésiter. » Un autre utilisateur nous affirme que sa Renault Twingo électrique à 40 euros par mois en leasing social coûte aussi moins cher en assurance que son ancienne Twingo à essence. « J’ai aucune mauvaise surprise ».
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Mais, il y a forcément des déçus et ils sont nombreux à avoir contacté la rédaction. « Une horreur », « un enfer », « du baratin », « expérience minable »… Quelques mots lourds de sens qui montrent que pour certains automobilistes, le rêve de la voiture électrique accessible a viré au cauchemar. Voici les témoignages d’un système à deux vitesses, de ceux qui essuient les plâtres, au prix fort.
Le coup de massue des options et des frais annexes
C’est la mauvaise surprise qui revient le plus souvent dans les récits : le prix d’appel est une chimère et les options sont les reines. Pour obtenir une Hyundai Inster au tarif plancher de 95 euros par mois, il faut s’armer de patience et d’un sérieux sens de la négociation.

L’un des clients mentionne en effet « une acquisition tumultueuse, à cause de prix d’appel sur les pubs ou les sites Internet qui ne correspondent pas à la réalité. Pendant le rendez-vous, le vendeur me sort un prix de 145 euros par mois alors que je le voulais au prix annoncé de 95 euros par mois. Il m’a donc enlevé un tas d’option pour descendre à 125 euros et ainsi de suite. Les pratiques des vendeurs sont pour le moins douteuses et se disent obligés de mettre des options… »
Il n’est point le seul à avoir dénoncé ces tarifs gonflés, l’un d’entre eux a même évoqué un loyer à 335 euros quand la voiture était proposée à moins de 200 euros…
Aussi, d’autres clients n’avaient pas pensé à la recharge à domicile, avec un surcoût de 1000 euros pour installer une borne, non comprise dans les mensualités du contrat.
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Il y a aussi une histoire de kilomètres. Une automobiliste ajoute un bémol à son leasing social car pour elle, le kilométrage prévu au contrat est trop faible, alors que pour pouvoir prétendre au leasing social il faut justifier d’un certain nombre de kilomètre sur son trajet domicile travail. Du coup, ça coince !
Elle paie donc 239 euros par mois pour avoir augmenté à 20 000 km par an, et même là, elle ne sait pas si cela sera suffisant ni si le surcoût sera raisonnable.- et ajouté l’entretien du véhicule, non compris dans l’offre de base.
Le parcours du combattant administratif
Autre exemple : un automobiliste bénéficiaire a enchaîné les déconvenues. Il entame son discours par : « la Fiat Grande Panda, affichée à 99 euros par mois, sur le papier, c’était parfait ». Vous vous en doutez, dans la réalité, moins. Il enchaîne : « j’ai contacté un nombre impressionnant de concessions et, très franchement, je n’ai jamais réussi à trouver cette fameuse version à 99 euros ».
À chaque fois, la facture grimpait, jusqu’à des mensualités à 160 euros. Il s’est donc tourné vers Hyundai et son Inster (99 euros par mois), avant de découvrir qu’un vendeur avait mal monté son dossier, lequel a été refusé catégoriquement par la banque.
Un autre concessionnaire de la marque lui a dégoté une LLD. Mais c’était sans compter en rajoutant des euros : 12 euros pour des kilomètres supplémentaires, 10 euros pour la peinture blanche pourtant de série, 8 euros de tapis de sol, pour atteindre 130 euros, voire 200 euros avec assurance, mais hors entretien.
Il ne regrette pas son choix, mais l’expérience a été plus compliquée que prévu : « il a fallu insister et faire le tri entre les offres réellement accessibles et celles qui s’éloignaient beaucoup du prix annoncé ».

Et en bout de course, les mensualités bondissent aussi. Un client d’un Skoda Enyaq très satisfait a tout de même été très surpris que son concessionnaire lui impose des frais de mise à la route d’une valeur de 800 euros à régler à la commande, ainsi qu’une obligation de souscription aux assurances dite « facultative », rendue donc obligatoire (150 euros de loyer + 35 euros d’assurances, entretien, perte financière et prêt de véhicule). « Je verrais à la restitution s’il y’a un loup et une surfacturation », avance-t-il.
Un couple regrette aussi cette façon de faire : « nous avons porté notre choix sur la Citroën e-C4 lors de la première session du leasing social, il y a deux ans. Le seul problème lors de la commande aura été les frais cachés de mise à disposition du véhicule imposé par le concessionnaire, qui au final n’ont rien d’obligatoire. Mais de peur de ne pas profiter de cette opportunité, nous avons signé pour le véhicule de série sans option avec des mensualités à 128 euros par mois. »
Aussi, pour l’un des lecteurs, le leasing social est un véritable enfer. Après avoir été victime d’un accident, non responsable, précise-t-il, le véhicule pris en leasing social a été déclaré épave, mais le financeur ne donne aucun signe de vie alors que l’expert ne sait pas comment traiter les aides de l’état.
L’angoisse du jour d’après
Les premiers contrats de location entreront bientôt dans leur dernière année, et les inquiétudes de nos lecteurs naissent. Ils se demandent ce qui va se passer au moment de rendre les clés. « Le vrai risque sera à la fin du contrat, avec les frais de restitution et le manque d’information quant à l’après », nous écrit-on. Vu que tout est flou sur l’après, ils ont aussi une peur bleue des frais de restitution et beaucoup redoutent que les experts des concessions ne facturent au prix fort la moindre griffe d’usure normale ou un enjoliveur frotté.
Et comme évoqué un peu plus haut, il y a le piège du kilométrage. Ceux qui dépassent leur quota pour aller travailler savent déjà qu’ils écoperont de pénalités financières, mais ne connaissent pas le montant. Une question revient aussi très souvent concernant le renouvellement. Le dispositif n’étant théoriquement accessible qu’une seule fois, les conducteurs vont-ils pouvoir basculer sur un leasing classique ou acheter le véhicule électrique ou alors devoir retourner vers de vieux modèles thermiques d’occasion.
À noter aussi un changement notable pour 2026 : l’aide est désormais modulée selon l’origine des composants. La prime CEE de base atteint 6 500 euros pour un véhicule éco-scoré, grimpe à 7 000 euros si le moteur est produit en Europe, à 9 000 euros si la batterie est assemblée sur le Vieux Continent, et culmine à 9 500 euros quand moteur et batterie sont européens. Mécaniquement, deux versions d’un même modèle pourront afficher des loyers différents.
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Tout le monde ne critique pas et ceux qui nuancent leur discours sont quand même globalement satisfaits et conseillent « de foncer » évidemment. Le leasing social a indéniablement ouvert la voie de l’électrique à des milliers de foyers qui n’en avaient pas les moyens. Mais entre les pratiques douteuses de certains vendeurs et le flou total sur la fin des contrats, l’ambition gouvernementale laisse un petit goût d’inachevé.
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