
Cinq années de hausse, puis le coup de frein. En 2025, le prix moyen d’une voiture neuve vendue en France a reculé de 2 %, à 34 600 euros. C’est peu, mais c’est la première baisse depuis la crise sanitaire. Et c’est encore plus net du côté de l’électrique.
Ces chiffres viennent du baromètre annuel de l’Institut mobilités en transition (IMT), un organisme rattaché à l’Iddri, réalisé avec le cabinet C-Ways. Sa deuxième édition décortique l’évolution des prix catalogue (hors remises, aides et malus) entre 2019 et 2025, à partir des données d’immatriculation et des tarifs constructeurs. Pour situer le mouvement : sur la même période de six ans, le prix moyen toutes motorisations confondues a quand même bondi de 29 %, de 26 900 à 34 600 euros. Autrement dit, le marché respire, mais on reste très loin des tarifs d’avant.
L’électrique baisse, le thermique continue de grimper
Le signal le plus parlant concerne les voitures électriques. Leur prix moyen recule de 4 % en un an, passant de 40 700 à 39 000 euros : une première depuis 2019. Sur l’ensemble de la période, l’électrique n’a augmenté que de 7 %, là où l’essence prenait 29 % et le diesel 18 %. La même année, un palier réglementaire CO2 européen s’impose aux constructeurs, qui poussent donc leurs modèles électriques tout en continuant à relever les prix de l’essence (+4 % sur la seule année). C’est tout sauf un hasard.

Concrètement, l’écart se résorbe surtout là où les Français achètent vraiment. Sur le segment B (les citadines polyvalentes type Renault 5 ou Citroën ë-C3), la différence de prix moyen entre électrique et thermique équivalent est tombée à 5 200 euros, contre 10 000 euros un an plus tôt. Sur le segment C, elle n’est plus que de 2 900 euros. Et l’IMT précise un détail qui change tout : en 2025, cet écart restant était inférieur au montant des aides publiques. Aides comprises, l’électrique ne coûte donc déjà plus vraiment plus cher à l’achat sur ces segments. Sans compter que rouler électrique reste environ trois fois moins cher au kilomètre, un argument qui pèse quand on regarde le prix de l’électricité face à celui du carburant.

Le tableau ci-dessous résume l’évolution par motorisation entre 2024 et 2025, d’après les données de l’IMT (prix catalogue moyens, hors remises, aides et malus).
| Motorisation | Prix moyen 2024 (€) | Prix moyen 2025 (€) | Évolution 24-25 | Évolution 19-25 |
|---|---|---|---|---|
| Électrique | 40 700 | 39 000 | -4 % | +7 % |
| Essence | 28 000 | 29 100 | +4 % | +29 % |
| Diesel | 38 900 | 38 300 | -2 % | +18 % |
| Hybride (HEV) | 36 800 | 36 400 | -1 % | -4 % |
| Hybride rechargeable (PHEV) | 62 900 | 56 700 | -10 % | +1 % |
| GPL | 18 900 | 19 300 | +2 % | +32 % |
Ce qu’il faut en retenir : les motorisations qui aident les constructeurs à respecter les normes CO2 (électrique, PHEV) baissent franchement, pendant que l’essence continue de grimper. Petite précision sur le PHEV, l’hybride rechargeable : sa chute de 10 % s’explique surtout par son assujettissement au malus au poids, qui a fait fuir les acheteurs vers des modèles plus légers.

Pourquoi ça baisse (et pourquoi ce n’est pas la fête pour autant)
Plusieurs facteurs se cumulent. D’abord, le coût des batteries continue de chuter : l’IMT chiffre le prix à 90 euros le kWh en 2025, contre 180 euros en 2019, soit deux fois moins en six ans, notamment grâce à la chimie LFP (des batteries lithium-fer-phosphate, moins chères que les cellules au nickel). Ensuite, l’arrivée de modèles plus légers et abordables sur le segment B tire la moyenne vers le bas.
Enfin, certains constructeurs cassent leurs marges pour reconquérir des volumes. Stellantis l’assume : « On baisse les prix, on repositionne certaines marques », déclarait fin janvier Xavier Duchemin, directeur de Stellantis France, lors d’un point presse rapporté par Reuters.
Reste que cette décrue ne signifie pas que la voiture neuve redevient accessible à tout le monde. Les volumes restent très en dessous de 2019, et les ménages modestes continuent de déserter le marché du neuf.
La part des 40 % les plus modestes dans les achats est passée de 24 % à 15 % en quelques années, pendant que celle des 10 % les plus aisés grimpait de 22 % à 30 %. La baisse de 2025 ne corrige pas ce fossé, elle l’enraye à peine. On le voit d’ailleurs sur le marché de l’occasion électrique, dont les tarifs chutent aussi.
Pour aller plus loin
Les prix des voitures électriques d’occasion chutent, et si c’était le bon moment d’acheter ?
Pour qui lorgne une électrique compacte, le moment n’a jamais été aussi favorable : avec les aides, le surcoût face à l’essence a quasiment disparu sur les segments B et C, et le coût d’usage fait le reste. Pour ceux qui visaient une grosse berline ou un SUV premium, en revanche, l’équation reste plus salée. Si vous cherchez le bon modèle, notre guide des meilleures voitures électriques et notre sélection des électriques à moins de 30 000 euros font le tri. Le vrai test viendra de 2026, quand la Twingo électrique et consorts débarqueront pour de bon : la parité des prix, on saura alors si elle tient ses promesses.
Pour aller plus loin
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