Test de l’Apple Watch Ultra 3 : plus autonome, plus sûre, mais toujours trop urbaine

Montres / bracelets Connectés • 2026

Deux ans après une timide seconde itération, Apple revient avec une troisième version de sa montre d’aventure ultime. L'Apple Watch Ultra 3 a-t-elle profité de cette longue pause pour devenir une vraie montre de sport ?
Source : Chloé Pertuis – Frandroid
Source : Chloé Pertuis – Frandroid
 

Après une année 2024 marquée par une simple (mais jolie) nouvelle robe noire pour l’Ultra 2, Apple s’est décidé à faire évoluer sa gamme pensée pour l’extrême en septembre 2025. Si la marque vante évidemment les nouvelles spécifications de sa montre connectée (on pense notamment à une meilleure autonomie et à l’ajout d’une connectivité satellite), la recette globale semble rester familière.

Pour aller plus loin
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Loin des superlatifs marketing et des publicités tournées en haute montagne, nous avons tenu à bousculer cette troisième génération dans les mêmes conditions que ses grandes sœurs. Le but ? Vérifier si le fossé ergonomique entre les Apple Watch et les véritables montres de sport se réduit enfin.

Après deux mois de test, des randonnées et sorties trail en France, en Espagne et au Canada, des entraînements quotidiens et des bonnes nuits de 8 heures, notre avis est scellé. C’est parti pour notre avis et test complet de l’Apple Watch Ultra 3.

Apple Watch Ultra 3Fiche technique

Modèle Apple Watch Ultra 3
Dimensions 49 mm x 44 mm x 12 mm
Définition de l’écran 422 x 514 pixels
Dalle OLED
Mémoire interne 64 Go
Poids 61,6 g
Accéléromètre et boussole électronique Oui
Analyse du sommeil Oui
Capteur de lumière ambiante Oui
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec une Apple Watch Ultra 3 prêtée par Apple.

Apple Watch Ultra 3Design : le jeu de la petite différence

Si vous espériez une refonte esthétique majeure pour cette troisième génération (qui êtes-vous ?), vous allez être déçus. L’Apple Watch Ultra 3 ressemble à s’y méprendre à la toute première version sortie fin 2022.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

On retrouve donc ce fameux boîtier en titane de 49 mm, dont le côté imposant et l’épaisseur continueront de jurer sur les poignets les plus fins. Cependant, comme je le rappelle à chaque test de la gamme Ultra, ce format massif n’a absolument rien d’anormal quand on a l’habitude de porter de grosses montres d’extérieur dédiées à l’aventure. Face à une Garmin fēnix 8 Pro (surtout la version 51 mm) ou une Suunto Vertical 2, la montre d’Apple semble raisonnable.

Je précise tout de même qu’elle reste souvent coincée entre mon pull et mon blouson en hiver, sans qu’un mouvement d’avant-bras n’arrive à la déloger pour que je puisse lire l’heure. On va dire que mon blouson est trop serré.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Sur la balance, la montre affiche toujours ses quelque 61 grammes. L’ensemble dégage toujours la même sensation de robustesse, bien aidé par son écran totalement plat et sa vitre saphir. En réalité, pour trouver une vraie nouveauté visuelle cette année, il faut se tourner vers les bordures de l’écran qui ont été affinées de 24 % (sans agrandir le boîtier) — ou craquer pour la nouvelle finition en titane noir satiné. Bon, ça ne saute pas aux yeux, mais c’est toujours bon à prendre. Qu’on préfère les montres rondes ou plus discrètes, l’Apple Watch Ultra 3 reste un bel objet, très bien fini.

Ici on a retiré le bracelet pour vous montrer uniquement le boîtier // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

La tranche gauche accueille toujours le bouton Action teinté d’orange, tandis que le côté droit abrite le bouton latéral et la fameuse couronne rotative. Puisque les lignes du boîtier n’ont pas bougé d’un iota, mon constat douloureux reste le même : dès que l’on serre un minimum le bracelet pour garantir un bon relevé cardiaque, la couronne a la fâcheuse tendance à venir s’enfoncer dans la peau du poignet lors de certains mouvements, notamment en course à pied.

La molette se coince parfois dans la peau // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Côté fiche technique, Apple reconduit la majeure partie de son attirail de survie : on retrouve l’excellente puce GNSS double fréquence, la bruyante sirène d’urgence et le système à trois micros et deux haut-parleurs. La seule véritable évolution matérielle de ce côté-là réside dans l’intégration de la connectivité satellite, une fonction que nous détaillerons plus bas dans cet article.

L’un des trois bracelets proposés avec la Watch Ultra 3 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

L’étanchéité reste certifiée pour 100 mètres (et toujours 40 mètres pour la plongée loisir). Apple propose d’ailleurs les mêmes déclinaisons de bracelets pour accompagner sa montre. Pour ma part, je préfère une nouvelle fois la boucle Trail : c’est de loin la solution la plus pratique et la plus confortable pour enchaîner les kilomètres en courant.

Allez, un petit commentaire sur l’absence de lampe torche LED intégrée au boîtier. Ce n’est pas assez beau et trop gadget pour Apple sûrement, mais c’est ce qu’on peut attendre d’une montre conçue pour l’aventure. Garmin, Suunto et Amazfit le proposent sur certains de leurs modèles.

Apple Watch Ultra 3Un écran toujours plus beau, toujours trop lumineux

Faisons rapide. Si l’écran de l’Apple Watch Ultra 3 prend désormais plus de surface que sur les précédentes versions, ces dernières restent encore largement d’actualité aujourd’hui.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Pour entrer dans les détails techniques qui différencient cette génération des précédentes, le boîtier en titane conserve bien ses 49 mm de diagonale, mais l’écran rogne un peu plus sur les bordures noires. On passe ainsi d’une surface d’affichage de 1185 mm² (pour une définition de 410 x 502 pixels sur les Ultra 1 et 2) à un bel espace de 1245 mm² grimpant à 422 x 514 pixels.

On passe surtout d’une dalle OLED LTPO2 (présente sur les Ultra 1 et 2) à un écran « Wide-angle OLED » propulsé par la technologie LTPO3. Vous n’avez rien compris ? Pour faire simple, retenez que cette nouvelle dalle consomme moins d’énergie. Cela débloque surtout deux nouveautés pratiques.

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L’angle de vision déjà : Apple indique que ce nouvel écran « émet plus de lumière sous des angles plus larges », en précisant « lorsqu’il est incliné par rapport à l’utilisateur, comparé à l’Apple Watch Ultra ou Ultra 2 ». L’affichage serait 40 % plus lumineux lorsqu’on le regarde de biais. Certains diront que ça pourrait être utile lorsqu’on a les mains collées sur le guidon en gravel ou que l’on jette un bref coup d’œil à son allure en plein fractionné. D’autres diront que les possesseurs d’un vélo gravel et d’une Apple Watch Ultra 3 sont logiquement également équipés du dernier compteur vélo Garmin.

La seconde conséquence de cette technologie LTPO3 concerne l’amélioration du mode Always-On. Moins gourmand, l’écran est désormais capable de se rafraîchir à 1 Hz (une fois par seconde) lorsqu’il est en veille. Vous pouvez donc voir la trotteuse ou les secondes de votre chronomètre défiler alors même que votre bras ballotte le long de votre corps pendant un temps de récupération. Exceptionnel non ? Bref, Apple peaufine le confort de lecture d’une montre déjà équipée d’un excellent écran.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Côté luminosité, le pic maximal stagne (si on peut employer ce terme) à 3 000 nits, exactement comme sur l’Apple Watch Ultra 2, la Google Pixel Watch 4 ou la Samsung Galaxy Watch 8.

Cette luminosité maximum ne sera nécessaire et activée automatiquement qu’en présence de grand soleil : vous n’irez jamais au bout des capacités de l’écran des Watch Ultra. Bref, l’écran est sublime, mais toujours suréquipé pour le commun des mortels. Et on ne va pas s’en plaindre.

Certes, la Fenix 8 Pro montre à 4 500 nits maximum dans sa version MicroLED, mais ça ne sera pas très utile pour aller courir au Bois de Vincennes, si ce n’est pour allumer un feu de brindilles ou s’exploser les yeux le soir dans son lit.

Le nouveau cadran // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Enfin, parlons rapidement des cadrans. Tradition oblige, une nouvelle Apple Watch débarque forcément avec son cadran exclusif pour justifier l’upgrade visuel. Cette année, l’Ultra 3 inaugure l’affichage « Waypoint ». Conçu pour s’étaler jusqu’aux nouvelles bordures affinées de la dalle, il fait la part belle à la navigation pure et dure : on y retrouve une boussole dynamique sur l’anneau extérieur, un espace pour les coordonnées GPS en temps réel, un indicateur d’altitude et suffisamment de place au centre pour y tasser une multitude de complications.

Bon, j’ai trouvé ce cadran complètement surchargé. J’ai donc sagement fouillé dans l’application compagnon pour réactiver le bon vieux cadran Modular apparu avec la Watch Ultra 2. Il reste à mes yeux bien plus clair et pertinent pour jeter un simple coup d’œil à ses données quotidiennes. La force de watchOS réside de toute façon dans ce catalogue pléthorique et très personnalisable.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Sur ce point, Apple met une claque au reste du marché, de montres connectées et de montres de sport.

Apple Watch Ultra 3L’excellence urbaine, la frustration outdoor

Au quotidien, l’Apple Watch Ultra 3 reste l’Apple Watch par excellence. La puce S10 (qui date de 2024, un an avant la sortie de la Watch Ultra 3 donc) fait tourner watchOS avec une fluidité toujours aussi insolente.

L’application Weather // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Ajoutez à cela son grand écran et c’est simple, aucune concurrente sur le marché n’offre une expérience connectée aussi aboutie. Payer sa baguette avec Apple Pay, afficher son billet de train ou d’avion, dicter une réponse à la volée, baisser le son de sa musique en un tour de molette ou encore lancer un minuteur pour les pâtes : tout est fluide, accompagné par d’agréables retours haptiques.

Très bon film et en plus j’avais apporté des bonbons // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Le fameux geste « Toucher deux fois » (le double pincement du pouce et de l’index), survendu comme une révolution logicielle sur la génération précédente, est aujourd’hui toujours assez utile. Couper le réveil le matin en gardant les yeux à moitié fermés ou décrocher un appel en ayant les bras chargés de courses devient vite un réflexe. Seul bémol persistant : il faut impérativement que l’écran soit éveillé pour que la montre daigne comprendre l’action. Dommage, on aurait aimé pouvoir zapper une musique ou couper un podcast d’un pincement de doigts en marchant dans la rue, sans avoir à faire le fameux mouvement de rotation du poignet.

Le centre de contrôle // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Du côté de l’interface pure, la navigation s’appuie toujours sur la pile intelligente de widgets (accessible d’un coup de molette), qui s’adapte au contexte de votre journée pour pousser les bonnes informations au bon moment. Bref, c’est bien la seule montre connectée que je peux utiliser pour la vie de tous les jours — je la laisse tout de même très souvent sur ma table de chevet.

C’est malheureusement lorsqu’on décide de la brusquer en pleine nature que cette interface taillée pour le doigt vient nous rappeler ses limites. La montre est toujours aussi dépendante de son écran tactile, une hérésie quand on prétend cibler les sportifs outdoor. C’est ce petit paragraphe qui jouera encore une fois grandement sur la note finale de cette Apple Watch Ultra 3.

Le second cadran par défaut lors d’une séance de tapis roulant // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Franchement, comment une montre présentée pour dompter les éléments peut-elle couper net l’enregistrement d’un petit footing parisien, sous le seul prétexte qu’une veste de pluie a effleuré son écran mouillé ? Si le tout-tactile capitule sous une averse urbaine, je vous laisse imaginer le désastre sur une vraie sortie trail. On est bien loin des expéditions épiques survendues dans les pubs Apple.

Applications

On prend les mêmes et on recommence. S’il y a bien une chose qu’Apple refuse de changer, c’est son écosystème logiciel éclaté (littéralement) sur iPhone. Pour exploiter pleinement les capacités de cette Watch Ultra 3, préparez-vous à jongler entre trois applications distinctes : l’app « Watch » pour le paramétrage, l’app « Santé » pour toutes vos données de santé et « Forme » pour vos entraînements.

Les fameuses trois applications

Pourquoi s’entêter à séparer la récupération physiologique des performances physiques, alors que la concurrence regroupe intelligemment toute votre vie sportive sous un seul et même toit ? Peut-être suis-je l’unique Français à souffrir de ce grave problème.

Apple Watch Ultra 3Presque une vraie montre de sport ?

Les fonctions de sport et santé de l’Apple Watch Ultra 3

On vient de râler sur le nombre d’applications nécessaires à l’utilisation de la Watch Ultra 3. Soulignons tout de même l’arrivée d’une autre (petite) application, appelée « Vitals » (pour signes vitaux). Ça y est, Apple regroupe et affiche enfin vos jauges personnelles sur les données essentielles de santé et de récupération.

Pour aller plus loin
Signes vitaux : comment fonctionne la nouvelle application Vitals des Apple Watch

D’un simple coup d’œil au réveil, la montre vous indique si vos métriques nocturnes clés sont dans vos normes habituelles :

  • fréquence cardiaque ;
  • fréquence respiratoire ;
  • température de la peau ;
  • SpO2 ;
  • durée du sommeil.
L’application Vitals sur la Watch Ultra 3 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

L’interface est très claire, mais sur le téléphone, ces précieuses informations finissent une nouvelle fois englouties dans les tréfonds de l’application Santé. Il est possible de les mettre en favoris, mais vous avez compris, le travail d’Apple n’est pas fini. On aurait aussi pu aussi attendre une véritable analyse proactive de l’évolution de ces données et jauges de la part de l’application. Ici, Whoop a une sacrée avance.

Le menu Vitals dans l’application Santé sur iPhone

Sur Vitals, on est d’ailleurs surpris de ne pas voir la variabilité de la fréquence cardiaque apparaître aux côtés des autres signes. Cette métrique est la base même de bon nombre de scores de récupération proposés par la concurrence, étant intimement liée à l’état de notre système nerveux autonome. L’Apple Watch mesure pourtant bien cette fameuse VFC, mais Apple a étrangement fait le choix de l’exclure de ce tableau de bord synthétique.

Mentionnons aussi l’ajout inespéré de la charge d’entraînement dans l’application Fitness.

Pour aller plus loin
Charge d’entraînement : comment fonctionne la mesure de « training load » sur les Apple Watch

On le sait, Apple a toutes les briques en main pour proposer un écosystème sportif redoutable, mais ces briques sont encore éparpillées. Encore une fois, il manque cruellement le liant : ce fameux algorithme (Apple Intelligence un jour qui sait) capable de croiser intelligemment votre récupération nocturne avec votre charge sportive de la veille par exemple.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Rappelons que les capteurs et algorithmes des Apple Watch sont parmi les plus précis sur le marché, de l’analyse du sommeil au GPS, en passant par le capteur optique pour la fréquence cardiaque. On attend la prochaine mise à jour WatchOS avec un peu espoir.

Apple met également en avant la détection de l’apnée du sommeil et, surtout, la toute nouvelle notification d’hypertension artérielle. Si aucune de ces deux fonctions n’est exclusive à l’Ultra 3, il faut bien avouer que l’armada d’analyses proposée au poignet est impressionnant. Rappelons tout de même qu’il s’agit d’un bonus intéressant pour suivre votre santé, et non d’un dispositif médical infaillible.

Il y a aussi un score de sommeil attribué à chaque nuit // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Bref, Apple avance et gomme un à un les défauts logiciels qui l’empêchaient de s’asseoir à la table des vraies montres de sport. Reste qu’une fois sur le terrain, la Watch Ultra 3 se heurte toujours à sa propre nature : son ergonomie. Devoir jongler avec l’écran tactile sous la pluie ou utiliser une combinaison de boutons hasardeuse pour simplement mettre sa course en pause vient nous rappeler que l’ADN de cette montre reste avant tout celui d’une smartwatch urbaine. Elle conviendra largement à une majorité d’utilisateurs, mêmes intensifs, mais ce n’est pas une montre d’aventure.

Les données de la séance Apple Watch se retrouvent automatiquement sur l’iPhone, en temps réel

Les Apple Watch me surprennent tout de même parfois avec certaines fonctions bien pensées, souvent grâce à l’écosystème Apple : l’affichage automatique de la séance en cours sur le téléphone par exemple, très pratique dans certains cas pour vérifier sa fréquence cardiaque. Et puis d’autres ne me font pas regretter mes montres de sport, comme l’impossibilité de modifier la distance après une séance sur tapis de course.

Impossible de ne pas terminer cette partie sur la cartographie. Il y a du progrès, mais je m’étonne encore une année de plus de ne pas voir de vraie cartographie intégrée sur une montre vendue pour les aventures extrêmes.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Apple Trails a fait une arrivée timide en France, mais les possibilités sont très très limitées. L’expérience est incomplète et laborieuse. Les rares fois où j’ai réussi à trouver ou à créer un parcours convenable, la navigation se passe ensuite dans l’application Plans — et le suivi du sport se passe dans l’application Exercice. Vous êtes donc censé jongler entre les deux applications en plein effort, les doigts pleins de boue. Une aberration quand on sait que n’importe quelle Garmin, Suunto ou Coros intègre ça nativement sur un seul et même écran depuis des années.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Alors oui, l’App Store vient sauver la mise des aventuriers. Pour exploiter pleinement la montre au milieu des Alpes sans s’arracher les cheveux, il faut obligatoirement se tourner vers les applications tierces. Ici, le choix s’est étoffé. Outre l’incontournable WorkOutDoors, des mastodontes du milieu comme Komoot et Strava proposent depuis début 2026 leurs versions de cartographies embarquées et du suivi d’itinéraire directement sur la Watch. Un article dédié arrivera bientôt sur le sujet.

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L’Apple Watch rattrape son plus gros retard face aux montres de sport grâce à ces deux applications

Retenez que j’attends toujours de pouvoir simplement importer ma trace GPX dans l’application native Exercice pour suivre mon parcours de trail sur un fond de carte, d’un simple glissement de doigt, juste à côté de mon allure et de ma fréquence cardiaque. Pour l’instant, c’est toujours impossible.

La précision du GPS de l’Apple Watch Ultra 3

On peut légitimement pester contre le manque de boutons physiques ou l’absence de cartographie native comme on vient de le faire, mais il faut rendre à César ce qui est à César : côté hardware pur, pour enregistrer votre position exacte à la seconde près, Apple nous rend toujours une excellente copie. L’antenne GNSS double fréquence (L1 et L5) embarquée dans cette Ultra 3 est encore une fois très précise.

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GPS, GNSS, double-fréquence : tout comprendre à la géolocalisation des smartphones et montres connectées

Si j’étais surpris de voir plusieurs centaines de mètres de différences entre l’Apple Watch Ultra 3 et la Suunto Vertical après des randonnées d’une vingtaine de kilomètres, les comparaisons des parcours montraient un tracé plus précis de la part d’Apple : moins de micro-déviations erratiques en montagne et un meilleur positionnement sur les trottoirs et passages piéton en ville.

Bref, sur la précision pure de la localisation, l’Apple Watch Ultra 3 fait jeu égal, voire surpasse les excellents capteurs multibandes des autres marques de montres de sport.

La précision de la fréquence cardiaque de l’Apple Watch Ultra 3

Pour le coup, nous avons trouvé la Watch Ultra 3 moins précise dans ses mesures cardio que par le passé sur la Watch Ultra et Watch Ultra 2. Le travail reste très bon, mais j’ai souvent subi des décrochages complets et quelques ratés. Ces derniers sont peut-être dus à la pluie, au froid ou aux dimensions de la montre sur mon petit poignet — j’ai testé la Watch Ultra 3 beaucoup plus tardivement dans l’hiver que les autres.

Le bouton Action sert à lancer une session de sport // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Rien de catastrophique, bien loin de là. Votre fréquence cardiaque lors de séances de course à pied sera toujours globalement bien mesurée, que cela soit en footing ou en fractionné. La précision de la Watch Ultra 3 est au niveau de celle proposée par Garmin, mais Apple nous avait habitués à mieux.

Le capteur optique de la Watch Ultra 3 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Je me rappelle de la confiance quasi aveugle que j’accordais aux Watch Ultra et Watch Ultra 2 après mes tests. Sur cette Watch Ultra 3, je me suis surpris à vérifier plus souvent la véracité des mesures cardio.

Footing : comparaison des fréquences cardiaques de l’Apple Watch Ultra 3 et d’une ceinture cardiofréquencemètre

Ci-dessus et ci-dessous, deux comparaisons des données de fréquence cardiaque captées par la Watch Ultra 3 et par une ceinture cardiofréquencemètre — prise pour référence. On remarque les quelques légers retards et décrochages sur la séance footing, et les deux premiers blocs de fractionné pas totalement bien enregistrés sur la deuxième séance.

Fractionné en côtes : comparaison des fréquence cardiaque de l’Apple Watch Ultra 3 et d’une ceinture cardiofréquencemètre

Disons que le capteur optique de la Watch Ultra 3 a préféré la douceur de Majorque en janvier à la fraîcheur de Vancouver en février.

Apple Watch Ultra 3La bonne surprise de l’autonomie

Si les possesseurs de montres Garmin ou Coros souriront doucement en lisant ces lignes (allez-y, je fais pareil), l’intérêt de la gamme Ultra chez Apple est de supprimer l’angoisse de la recharge quotidienne. Eh bien la Watch Ultra 3 nous a surpris : l’amélioration de l’autonomie est sûrement la meilleure nouveauté cette année.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Voici les données mises en avant par Apple pour sa Watch Ultra 3 face à la Watch Ultra 2 :

  • usage classique : on passe de 36 h à 42 h ;
  • mode économie d’énergie : statu quo à 72 h ;
  • vitesse de charge : 0 à 80 % en 45 minutes (contre 1 heure auparavant)

Dans les faits, l’Ultra 3 encaissera sans broncher vos week-ends chargés. Pour vous donner un exemple concret tiré de mes semaines de test : débranchée à 100 % un lundi à midi, la montre affichait encore 13 % le mercredi à la même heure. Entre-temps, elle a enduré un usage quotidien complet, deux nuits (avec suivi du sommeil donc), mais surtout un footing long de 1h40 et une sortie trail de 4h30 avec le GPS double bande activé.

La montre a donc tenu 48 heures avec plus de 6 heures de suivi sportif au compteur. Pas mal pour une Apple Watch non ? En tout cas, pas de stress d’enchaîner deux sorties longues sur une même charge.

Ci-dessous tous nos résultats de test d’autonomie :

Test 1Test 2Test 3Test 4
Always-On DisplayNonNonOuiNon
GNSS1h446h10Aucun6h
Autonomie2 jours et 18 heures2 jours et 7 heures3 jours et 21 heures2 jours et 17 heures

Si vous êtes blessé, ou tout simplement dans une semaine sans sport, l’Apple Watch Ultra 3 peut même atteindre les trois voire quatre jours d’autonomie. J’ai frôlé les quatre jours d’utilisation ininterrompue en montre connectée pure — avec analyse des nuits, mais zéro sollicitation du GPS, et sans passer ma vie sur la montre au quotidien.

Lors d’une autre semaine plus hybride (1h45 de sport, pas mal de navigation sur Apple Plans en scooter et à pied), la montre est passée de 100 % à 9 % en un peu moins de trois jours.

Le menu pour terminer ou mettre en pause une session de sport // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

En plein effort, l’optimisation matérielle et logicielle d’Apple est parfois surprenante. Lors d’une sortie course à pied de 1 h 40 avec l’application Strava, la batterie n’a perdu que 5 points de pourcentage (passage de 95 % à 90 %). Sur une randonnée de 6 heures (sans cartographie, et donc en regardant moins l’écran), comptez une perte d’environ 30 points.

On peut évidemment contrôler sa musique depuis la montre, au quotidien ou pendant une séance de sport // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Histoire de vous donner une idée précise de la consommation réelle de cette Ultra 3, voici le journal de bord d’un week-end prolongé assez représentatif :

  • Vendredi 24/01 à 23h (100 %) : je mets la montre au poignet pour la nuit ;
  • Samedi 25/01 au réveil (95 %) : l’analyse du sommeil et des constantes vitales a consommé ses 5 points syndicaux ;
  • Samedi 25/01 à 20 h (90 %) : montre laissée sur la table de nuit toute la journée ;
  • Samedi 25/01 au soir (83 %) : séance de sport en intérieur d’1h20 (donc sans GPS). L’écran n’a été consulté que quelques fois ;
  • Dimanche 26/01 au réveil (69 %) : après la soirée et une deuxième nuit de suivi du sommeil ;
  • Dimanche 26/01 en journée (39 %) : le gros morceau du week-end. Une randonnée de 6 heures avec le suivi GPS activé. Précision importante : je n’ai pas utilisé de cartographie et très peu regardé l’écran.
  • Lundi 27/01 au réveil (19 %) : troisième nuit au poignet.
  • Lundi 27/01 à 16 h (8 %) : après une journée classique et un peu de navigation GPS en ville.
Les fameux activity rings d’Apple // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Enfin, la Watch Ultra 3 sait sauver les meubles si vous êtes tête en l’air. J’ai par exemple pu entamer une grosse randonnée de 7h13 avec seulement 34 % de batterie au départ. En activant immédiatement le mode économie d’énergie (qui bride l’écran Always-On et la fréquence des relevés), j’ai pu terminer ma trace juste avant que la montre ne rende l’âme à 1 %.

Si l’inévitable câble de charge propriétaire devra toujours vous accompagner pour le moindre trek dépassant les 2-3 jours et que nous sommes bien entendu toujours très très loin des autonomies des Garmin fēnix 8 ou Suunto Vertical 2, vous pourrez tout de même partir l’esprit tranquille pour un week-end prolongé.

Le chargeur induction de l’Apple Watch Ultra 3 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Je m’attendais franchement à pire, et je dois bien avouer que j’ai pris plaisir à porter plus souvent cette Watch Ultra 3 que prévu.

Apple Watch Ultra 3Appel et communication : un joli coup avec la connectivité satellite

Commençons par évacuer les acquis. Côté téléphonie classique, Apple s’appuie sur une recette qui a déjà fait ses preuves. Le combo des deux haut-parleurs et des trois micros embarqués réalise toujours un très bon travail — pour prendre des appels ou dicter une réponse à la volée. Notons au passage que la puce cellulaire de la montre passe à la 5G.

iMessage sur la Watch Ultra 3 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

La véritable évolution de cette Watch Ultra 3 réside dans l’arrivée de la connectivité satellite, comme sur les iPhone depuis l’iPhone 14.

Pour aller plus loin
Connexion satellite : quelles sont les montres compatibles et à quoi ça sert ?

La montre permet désormais, au beau milieu de nulle part, sans la moindre barre de réseau cellulaire de :

  • contacter les secours (SOS d’urgence) : la montre rassemble vos informations essentielles (localisation, fiche médicale) et vous connecte directement aux services d’urgence par satellite pour déclencher les secours ;
  • mettre à jour sa position dans l’application Localiser : avant de vous enfoncer dans une zone blanche, vous pouvez forcer l’actualisation de vos coordonnées GPS exactes sur la carte pour rassurer vos proches, sans même avoir à rédiger un message ;
  • [option non disponible en France] : envoyer de véritables messages : vous pouvez discuter avec vos proches via iMessage ou envoyer de simples SMS à vos contacts sous Android — bon, oubliez l’envoi de photos ou de notes vocales hein.
Le mode (demo) SOS d’urgence par satellite // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

On retrouve sans surprise la même interface que sur iPhone pour vous aider à orienter la montre vers le satellite le plus proche. Attention tout de même à avoir une vue dégagée sur le ciel. Comme sur les iPhone, pour l’instant, cette fonctionnalité est gratuite (offerte pendant deux ans).

Deuxième information : si les SOS d’urgence par satellite fonctionnent sans forfait, Apple exige bien un forfait cellulaire actif sur la montre pour partager sa position Localiser par satellite. Même chose pour envoyer des messages, mais la France n’est de toute façon pas concernée par cette fonction.

Le bouton Action // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

En l’état, l’Apple Watch Ultra 3 ne remplace pas encore une balise de détresse dédiée de type Garmin inReach pour les expéditions extrêmes de plusieurs semaines. Mais, pour la grande majorité des traileurs et randonneurs du dimanche, le niveau de sécurité offert directement au poignet devient tout bonnement imbattable. Ça pour le coup, c’est une vraie fonctionnalité de montre d’aventure. Seuls Garmin et Google ont des fonctions similaires sur le marché.

Apple Watch Ultra 3Prix et date de sortie

L’Apple Watch Ultra 3 est disponible depuis la mi-septembre 2025 au tarif de 899 euros, soit le même prix que la Watch Ultra 2 à son lancement. Comme d’habitude avec la gamme Ultra, Apple fait dans la simplicité côté configuration : une seule et unique taille de boîtier (49 mm) et la connectivité cellulaire incluse d’office.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

La seule nouveauté visuelle concerne l’arrivée du coloris Titane Noir, qui vient tenir compagnie au Titane Naturel historique. Bien évidemment, la montre est toujours proposée avec l’un des trois bracelets maison au choix : la boucle Alpine, la boucle Trail ou le bracelet Océan.

Notre avis sur L' Apple Watch Ultra 3

Design
9
Toujours aussi imposante et robuste, la Watch Ultra 3 conserve ses finitions impeccables et gagne des bordures affinées ainsi qu'un nouveau coloris titane noir. Le boîtier de 49 mm peinera parfois à se glisser sous une manche de blouson, et la couronne digitale a toujours cette fâcheuse tendance à gêner le poignet pendant l'effort.
Écran / affichage
9
L'écran de la Watch Ultra 3 conserve son excellente luminosité maximale de 3 000 nits et gagne en confort grâce à la technologie LTPO3. Difficile de demander plus de lisibilité, au quotidien comme en plein soleil. Les nombreux cadrans et complications en font une montre très utile et plaisante à consulter au quotidien.
Logiciel
8
Côté expérience de montre connectée urbaine, watchOS reste la référence absolue avec une fluidité exemplaire et des fonctions du quotidien imbattables. Malheureusement, la navigation s'appuie encore bien trop sur son écran tactile, une hérésie sous la pluie ou en plein effort. L'écosystème toujours éclaté sur trois applications différentes sur iPhone continue également de frustrer.
Sport et santé
7
Le bilan est en demi-teinte. Si la précision du GPS est redoutable et que l'arrivée de la connectivité satellite est un atout de sécurité majeur en montagne, le capteur cardiaque s'est curieusement montré moins fiable qu'auparavant, et une vraie cartographie native reste absente, obligeant toujours à utiliser des applications tierces. Apple progresse sur l'ajout des plages personnelles des signes vitaux et de la charge d'entraînement, mais il faut aller plus loin.
Autonomie
8
C’est la belle surprise de cette itération : la gestion de la batterie a été optimisée. La Watch Ultra 3 encaisse désormais sans broncher un gros week-end sportif et frôle les 4 jours sans GPS. On reste encore loin des semaines d'autonomie d'une Garmin, mais l'autonomie est moins ridicule, voire suffisante hors aventures extrêmes.
Note finale du test
8 /10
Il faut accepter l'Apple Watch Ultra 3 pour ce qu'elle est : la meilleure montre connectée du marché, à laquelle on a injecté une solide dose d'atouts pour le sport. Au quotidien, son écran, sa fluidité et son intégration à l'écosystème Apple sont loin devant toute concurrence. Sur le terrain, on salue bien bas l'excellente précision de son GPS, l'arrivée salvatrice des messages SOS par satellite, et surtout, une autonomie enfin digne de ce nom — mais qui ne tiendra pas non plus un trek complet. C'est bien largement suffisant pour la majorité des sportifs, débutants comme confirmés.

Pourtant, les puristes de l'outdoor grinceront toujours des dents. L'ergonomie tout-tactile qui capitule à la première goutte de pluie et l'absence incompréhensible d'une vraie cartographie native pendant l'effort nous rappellent que l'ADN de cette montre reste profondément urbain.

Ceux qui cherchent une montre hybride et qui ont un iPhone seront ravis par l'Apple Watch Ultra 3 : capable de payer votre baguette de pain le matin et d'encaisser un ultra-trail le week-end, à condition de télécharger les bonnes applications tierces. Attention, si vous possédez déjà une Ultra 1 ou 2, passez votre chemin, la mise à jour ne vaut pas les 899 euros demandés, sauf si vous pensez avoir besoin des SOS satellites. L'Apple Watch Ultra 2, qui partage un bon 85 % de son ADN, se trouve désormais régulièrement en promotion sous la barre des 700 euros en ligne : elle reste une excellente affaire en 2026.

Pour les fans de Garmin et d'autres montres très autonomes, vous connaissiez déjà ma conclusion. Je suis dans votre équipe, mais une chose est sûre : j'apprécie de plus en plus les Apple Watch Ultra. J'ai hâte de voir les prochains modèles et futures mises à jour logicielles.

Points positifs de l'Apple Watch Ultra 3

  • Design robuste et finitions premium

  • Superbe écran et bordures affinées

  • Expérience fluide et agréable, nouveauté Vitals

  • GNSS toujours très précis

  • Fonction SOS d'urgence par satellite

  • Amélioration de l'autonomie

Points négatifs de l'Apple Watch Ultra 3

  • Toujours une seule grande taille

  • Toujours trop dépendante du tactile

  • Toujours pas de vraie cartographie native

  • Toujours pas d'analyse des données

  • Toujours chère

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