Introduction

Proposer un smartphone ergonomique, esthétique et endurant pour 150€, c’est la promesse faite par Huawei avec son Y6 version 2018. Une promesse qui n’a pas été tenue, mais qui aurait pu l’être. C’est ce que l’on retient après notre test.

Fiche technique

Modèle Huawei Y6 (2018)
Version de l'OS Android 8.0
Interface Emotion UI
Taille d'écran 5,7 pouces
Définition 1440 x 720
Densité de pixels 282 ppp
SoC Snapdragon 425 à 1,4GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 308
Mémoire vive (RAM) 2 Go
Mémoire interne (flash) 16 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) 13 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 5 Mégapixels
Enregistrement vidéo 1080p
Bluetooth 4.2 + A2DP + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7)
SIM 2x nano SIM
NFC Non
Ports (entrées/sorties) microUSB
Géolocalisation Oui
Batterie 3000 mAh
Dimensions 152,4 x 73 x 7,8 mm
Poids 150 grammes
Couleurs Bleu, Noir, Or
Prix 132€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un modèle offert par la marque.

Design : ergonomique et plutôt joli

Esthétiquement cet Y6 est banal, mais reste élégant. Son cadre brillant en « metal alloy », terme utilisé en mobilité pour qualifié un alliage de métal et de plastique en omettant subtilement de mentionner ce dernier est l’élément élégant qui le sort du lot des mobiles à ce prix.

Pour le reste, son dos en plastique pailleté, son format 18/9 et ses bordures réduites lui confèrent un style dans les tendances du moment. La prise jack 3,5 mm située sur le dessus est une bonne chose, le port micro USB 2.0 situé en dessous l’est en revanche un peu moins.

 

L’ergonomie générale est agréable, aidée par une légèreté (150 grammes) rare chez les modèles haut de gamme de l’autre côté du spectre tarifaire. L’absence de verre et de métal paie. Le volume est bien pensé, le Y6 tient parfaitement dans une main de taille moyenne (« M » pour les gants) et n’a pas la caractéristique « savonnette » si populaire chez les mobiles plus chers. Un bon point. Les touches situées sur les tranches tombent parfaitement sous les doigts, que l’on soit droitier ou gaucher et les bords arrondis rendent la prise en mains douce et agréable.

Bref, avec un bon format, un bon poids, une bonne ergonomie et un toucher agréable, le Y6 cuvée 2018 fait le boulot et le fait bien. Au dos, le capteur photo et le flash sont posés côte à côte, donnant une impression de double capteur photo. Ce bloc optique déborde d’un millimètre, rien de gênant, même quand le mobile est posé sur une table.

Il n’y aura pas de polémique autour du positionnement du capteur d’empreinte puisqu’il n’y en a pas.

Un écran réussi

L’écran au format 18:9 de 5,7 pouces pour 1440 x 720 pixels LCD s’en sort bien, très bien même. Il tire un peu sur le bleu par défaut, mais on peut aisément le calibrer via un petit curseur.

La définition est suffisante pour une telle surface et les pixels ne sont pas perceptibles. Le gros plus de Huawei est son mode « confort des yeux » qui élimine les dominantes bleues et adapte la luminosité afin de ne pas rendre aveugle l’utilisateur qui voudra utiliser son mobile la nuit. La réactivité du tactile est également bonne sans être folichonne à cause de cette interface mal optimisée dont nous parlerons plus loin.  L’autre bon point vient de la visibilité en plein soleil qui est bonne. À aucun moment je n’ai été pénalisé par le soleil (qui abonde en ce moment #joie).

Côté mesures nous avons une luminosité de 400 cd/m², un contraste de 1838:1 pour une température en mode « normal » de 7600K. Sur ce point encore, le Y6 2018 répond bien présent. Les problèmes sont ailleurs.

Huawei oblige, le Y6 est livré de série avec une protection d’écran en plastique de qualité directement posée.

EMUI : Ramer comme jamais

EMUI n’est ni la plus jolie ni la plus légère des interfaces. Le téléphone peine et ses 2 petits Go de RAM se retrouvent aussi sollicités que les employés d’Amazon en période de Noël. Puis côté esthétique, c’est assez grossier, avec des icônes « vintage », mais un vintage un peu vinaigré.

On pensera à installer un launcher avant de se rappeler que la configuration risque d’être un peu chiche pour cela sauf si vous en trouvez un plus léger que celui installé par défaut. Puis rares seront les utilisateurs d’un tel mobile qui s’orienteront vers cette solution. Bon point, le tiroir d’applications est configurable (même s’il n’est pas présent par défaut).

Au fil des utilisations, le vrai coupable s’est révélé être l’interface. En fait, le téléphone n’est jamais mis à mal par les applications elles-mêmes, mais bien par EMUI et ses logiciels natifs. L’enregistrement d’une photo est aussi long que sur un Nokia 1020, le retour à l’écran d’accueil ou son déverrouillage mettent plusieurs secondes, tout comme la consultation du répertoire (sic!) ou encore l’affichage des notifications.

D’ailleurs, au royaume des choses étranges, il m’a été impossible de choisir le clavier Google à la place de SwiftKey fourni d’office ou bien de lire une vidéo Netflix (sauvegardée ou en streaming) alors que l’application est nativement installée.

Côté bloatwares, rien à signaler si ce n’est ceux propres à EMUI dont ce fameux « Gestion du Téléphone » qui reste un mystère de Huawei tant son efficacité est, comment dire, abstraite. Il suffit de prendre en mains un mobile sous Android Stock ou un Xperia pour constater que cette option est une mascarade.

Il faudra lancer régulièrement l’antivirus et « Optimiser » le téléphone qui efface des trucs (mais ni le cache, ni les fichiers supprimés).

Globalement, l’expérience utilisateur est mauvaise et limite supportable à la longue. D’autant que, smartphone oblige, les choses empireront au fil des mois et des données accumulées. Enfin, un souci propre à Huawei empêche l’utilisation de plusieurs applications comme celle dédiée aux écouteurs Bluetooth Jabra Elite Sport ou la Messagerie Vocale Visuelle d’Orange. Propre à Huawei car j’ai rencontré des soucis identiques sur le P20 Pro mais pas sur les mobiles d’autres marques.

Un exemple récurrent de l’écran qui se fige.

Dans le cadre d’une utilisation lambda, à savoir Facebook (oui certaines personnes l’utilisent encore), Snapchat, Instagram, Vente Privée, consultation de mails, WhatsApp, le tout saupoudré d’un surf sur Chrome, le téléphone montre rapidement ses limites, mais n’abandonne jamais. Je suis souvent resté comme un idiot devant un écran figé plusieurs secondes, me rappelant les années de la première PlayStation, mais jamais le Y6 n’a redémarré.

Enfin, le transfert de données entre le téléphone et le PC n’a jamais fonctionné lorsqu’une carte mémoire est insérée dans le téléphone. Le Y6 est reconnu par Windows, mais impossible d’ouvrir le dossier (malgré l’autorisation donnée sur le mobile) et ce ne sont pas les mises à jour sporadiques qui régleront le problème.

Tout n’est cependant pas mauvais, avec un GPS qui fait très bien son travail, que ce soit avec Maps en voiture au milieu du trafic ou avec une application plus capricieuse comme Runtastic Vélo en plein Paris. Un excellent point pour qui cherche un mobile pas cher servant de GPS.

Un parcours juste (que n’a jamais réussi à suivre mon ancien Mi Mix par exemple)

Performances : Petit et pas très costaud

On pourrait imaginer être limité à mort par ce petit Snapdragon 425 soutenu par 2 Go de RAM. Que nenni ! Enfin, EMUI mis à part entendons-nous bien. Les jeux du moment comme PUBG, Riptide GP (un peu moins du moment c’est vrai) tournent correctement. C’est un peu pixelisé parfois, mais globalement assez fluide et suffisant. D’autant que la cible de ce genre de produit jouera plutôt à des jeux moins gourmands graphiquement.

Petite cerise sur le gâteau : les émulateurs Gameboy, GBA, Mega Drive ou SNES tournent bien dessus. Un moyen d’assouvir des crises de nostalgie.

Les résultats sur AnTuTu sont faibles, mais ne reflètent pas réellement les limites du mobile. Encore une fois, les applications bien optimisées tourneront bien. Attention toutefois au multitâches. Un appel qui survient en pleine partie peut figer le mobile plusieurs de dizaines secondes.

 

Photo : correct, mais améliorable

Côté photo, le Y6 2018 s’en sort bien. Pas de quoi casser des briques de pixels, mais en conditions optimales le capteur de 13 mégapixels fait le job.

Vous pourrez « snaper » vos repas, « Instagramer » votre glace et faire rager vos collègues du boulot avec un coucher de soleil de vos vacances. Les selfies sont tout juste corrects : le lissage appelé « mode beauté » vous permettra de vous faxer tant votre visage capturé en 5 millions de pixels manquera de relief. Mais à 150 euros, on ne peut pas tout avoir.

Devinez quel seflie a été pris avec le mode « Lissage »

Lorsque la lumière vient à manquer, compte tenu de l’absence de stabilisation et de la lenteur du déclenchement, avoir une photo convenable est aussi délicat que de capturer une peluche avec la pince du jeu des fêtes foraines. Mais encore une fois, ce n’est pas l’usage d’un mobile de cette gamme.

Les gros plans sont délicats à obtenir, l’autofocus lutte pas mal. Notez le flare très présent sur cette scène.

En parfaites conditions lumineuses, le rendu est correct pour être vu sur écran, comme c’est le cas de la photo ci-dessous, très correctes.

Un smartphone endurant

S’il y a un point sur lequel Huawei excelle, c’est bien sur l’endurance des batteries de ses smartphones, tant d’un point de vue autonomie que d’un point de vue durée de vie. Celle du Y6 2k18 est de cette trempe. Les 3000 mAh offrent une belle journée d’usage intensif. Côté recharge il faut 1h15 pour passer de 20 % (alerte batterie faible) à 74 %. Le Snapdragon 425 est peu gourmand et, de manière générale, les tâches simples restent sobres côté conso. À vous les heures de discussion au téléphone.

À titre perso, je débranche le mobile du chargeur à 6h45. S’en suit une bonne heure d’utilisation gourmande dans le RER avec un réseau difficile à capter, du DB Legends et autre jeux (pour les vieux qui ne veulent jamais vieillir et imitent tant bien que mal les célébrations de FIFA 97 lorsqu’ils font des foots entre potes), le tout assaisonné d’un Spotify en tâche de fond (gourmand lui aussi). Arrivé au boulot, il me reste 84 % d’autonomie minimum, ce qui est correct vu l’usage intensif.

Durant la journée, des notifications, parfois de la musique, du surf sur le web, du mail et le soir, 1h de GPS saupoudrée de musique avec Strava et Runtastic Vélo. Enfin, le soir, du Twitter et un peu de surf. Le tout entrecoupé d’environ 30 minutes d’appel. D’ailleurs, comptez moins de 7 % de batterie consommée pour une heure passée en conversation avec un Kit Piéton.

Réseau, communication et audio

Premier point et non des moindres : le Y6 permet d’insérer 2 cartes SIM ET une carte mémoire Micro SD. Sachant que la seconde carte SIM n’existera qu’en 3G.

La qualité sonore est bonne, tant du côté écouteur du mobile qu’avec le kit piéton fourni. On communique aisément même en milieu bruyant, le souffle est inexistant et l’accroche réseau est excellente (même avec Free). Seul le haut-parleur du téléphone n’est pas au niveau avec une distorsion rapidement atteinte. Le GPS, comme dit plus haut, est très bon.

Pour la musique, c’est très bon. Le jack aide beaucoup et le son d’un morceau MP3 encodé proprement remplira vos oreilles de bonheur musical. Malheureusement, il faudra une fois de plus composer avec un lecteur musical natif rempli de latence.

Le cordon Audiobilical n’a pas encore été coupé. Notons qu’un Kit piéton est fourni dans la boîte, au même titre qu’un chargeur et un câble USB.

La concurrence : trois coqs dans le même poulailler ?

Depuis l’arrivée des marques chinoises dans la partie du « Jeu de la Domination du Marché Mobile », les offres abordables sont légion. L’idée état d’inonder le marché de modèles quasi similaires afin de grignoter des parts en volume. L’autre effet Kiss Kool est également d’offrir des paliers d’offres extrêmement serrées pour pousser le consommateur à lâcher quelques billets de plus pour quelques pénibilités en moins et options en plus. C’est le cas de Huawei qui propose pas moins de 3 modèles en entrée de gamme en 2018 : le Y5, le Y6 et le Y7. Trois modèles sans compter les variantes « Prime » et « Pro ». Bref, les écarts sont quasi inexistants : le Y7 récupère un écran un poil plus grand (5,99 pouces) et un Snapdragon 430 là où le Y5 se contente d’un MediaTek et d’un écran de 5,45 pouces.

Dans tous les cas, les prix sont quasi identiques et surtout, EMUI plombe l’expérience utilisateur. Les modèles Y7 Prime et Y9 qui offrent des alternatives crédibles à un usage quotidien standard ne sont malheureusement pas disponibles officiellement sur le marché français. De plus, ils entreraient en concurrence avec les P Smart, P20 Lite et Mate 10 Lite.

Prix et disponibilité

Le Huawei Y6 2018 est disponible au prix conseillé de 149 euros. Mais vous pouvez déjà le trouver pour moins cher chez un grand nombre de revendeurs, comme chez Amazon par exemple. Dans la même gamme tarifaire, nous vous conseillerons plutôt le Xiaomi Redmi Note 5 ou le Honor 9 Lite.

Galerie photo

Test Huawei Y6 Le verdict

design
8
Bonne taille, excellente ergonomie, poids, contenu et apparence réussis, le Huawei Y6 tape juste en apportant ce qu'il faut de robustesse.
écran
8
L'écran est très correct, surtout compte tenu du prix et on peut le calibrer au petits oignons. Puis ce mode nocturne est un régal.
logiciel
4
EMUI est inexploitable sur cet Y6, rendant l'expérience utilisateur compliquée et agaçante.
caméra
6
La qualité des clichés délivrés est là. encore faut-il pouvoir déclencher. Malheureusement, le Y6 est trop lent et rend les captures aléatoires dans bien des cas. La partie vidéo est anecdotique.
performances
6
Les performances sont suffisantes pour les tâches basiques et même pour faire tourner la plupart des jeux.
autonomie
8
Fidèle à elle-même, la marque chinoise a doté son Y6 d'une batterie conséquente et lui offre une excellente autonomie.
Note finale du test 5/10
Peut-on trouver un smartphone tournant sous Android correctement pour aussi peu cher ? Certainement. Mais ce n'est pas ce Huawei Y6 cuvée 2018 dont la partie logicielle mal optimisée l'empêche de s'affranchir de tâches même basiques.

Proposé à 150€ neuf (un peu moins en fouinant sur le net), le Huawei Y6 est un smartphone qui, de prime abord, offre beaucoup pour une somme modeste. Dans la réalité, ce n'est pas suffisant.

Compte tenu du vieillissement du mobile au fil des remplissages quotidiens, le Y6 montrera rapidement des signes de faiblesse, accentués par une interface lourde qui agacera rapidement l'utilisateur. Dommage, car à n'en pas douter, Android One aurait rendu le monde de ce petit Y6 2018 plus beau. C'est d'autant plus regrettable que l'autonomie est excellente. Autant se tourner vers Xiaomi qui offre bien plus et plus efficace pour 20 euros de plus.
  • Points positifs
    • Design réussi
    • Son correct
    • Bonne Autonomie
    • Bel écran
  • Points négatifs
    • EMUI mal optimisé
    • Globalement très lent même pour des tâches simples