
Andrew J. Hawkins, journaliste spécialisé dans les transports pour le média américain The Verge, a pu essayer le nouveau système de conduite autonome de niveau 2 développé par Nvidia à San Francisco.
Pendant 40 minutes à bord de la nouvelle Mercedes CLA, il a vécu une expérience qui pourrait bien redistribuer les cartes dans la course à l’autonomie face à Tesla, d’autant plus que cette technologie est largement palpable pour le commun des mortels dans le sens où elle est en passe d’être autorisée par la plupart des législateurs… sauf en Europe où il est pour le moment interdit !
C’est donc par une journée ensoleillée que le journaliste américain s’est installé à bord d’une Mercedes équipée de la technologie Nvidia. Lucas, son accompagnateur, gardait les mains sur le volant par précaution, mais la voiture se pilotait essentiellement toute seule. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le système n’a pas tremblé face à la complexité urbaine californienne.

Camions de livraison, cyclistes, piétons, robotaxis Waymo : la Mercedes CLA a géré tous ces obstacles avec une confiance notable. Feux tricolores, intersections à quatre stops, véhicules en double file, virages à gauche non protégés… Rien ne semble avoir déstabilisé l’intelligence artificielle embarquée. Le moment fort ? Un large virage à droite pour contourner un camion bloquant une intersection, après avoir patiemment laissé passer des piétons.
Andrew J. Hawkins le reconnaît : les aficionados de Tesla minimiseront sans doute cette démonstration, estimant que le Full Self-Driving reste supérieur. Chez Survoltés, il nous tarde évidemment de prendre en main ce système de conduite autonome développé par Nvidia pour évidemment faire le parallèle avec le système FSD de Tesla que nous avons pu essayer il y a quelques semaines dans les rues de Paris et qui nous avait tout simplement bluffés.
Mais selon lui, ce qu’il a vu de ses propres yeux rivalise clairement avec le système d’Elon Musk dans les situations les plus complexes. Mieux encore : grâce aux radars de Mercedes qui complètent les caméras, certains pourraient même considérer cette approche comme plus sûre et robuste que le tout-caméra de Tesla. Il titre ainsi : « Tesla devrait s’inquiéter. »
Une technologie de pointe au service de l’autonomie
Derrière cette performance se cache une architecture technique plutôt complexe. La CLA était dotée d’une technologie Nvidia tout juste dévoilée, Alpamayo. Un modèle d’intelligence artificielle de type Vision-Language-Action : la voiture « regarde » la route, réfléchit et agit. Un système également développé par Xpeng avec son système XNGP, déjà disponible en Chine, et que nous avons pu tester.
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Mercedes-Benz abonde dans un communiqué de presse, et précise que cette puce est nourrie des informations collectées par 30 capteurs placés tout autour de la voiture, dont 10 caméras, 5 radars et 12 capteurs à ultrasons. Son système, baptisé MB. Drive Assist Pro, est déjà disponible en Chine et le sera courant 2026 aux États-Unis avec cette suite Nvidia. L’Europe devrait être servie dans un second temps.
Xinzhou Wu, directeur de la division automobile de Nvidia, revendique une approche complète développée sur plus d’une décennie : matériel, système d’exploitation, logiciels et silicium.

L’entreprise affirme être l’une des rares à respecter les exigences strictes de sécurité automobile aussi bien au niveau du silicium que du logiciel. Ali Kani, vice-président de l’entité dédiée à l’automobile chez Nvidia, a expliqué que la responsabilité du déploiement revient aux constructeurs.
Le système est d’ailleurs personnalisable : accélération, freinage, timing des changements de voie, agressivité. Chaque constructeur peut ainsi imprimer sa propre « personnalité de conduite ».
Mercedes a développé un « pilotage coopératif » permettant au conducteur d’ajuster légèrement la trajectoire ou d’accélérer sans désactiver le système.
Des ambitions colossales pour les années à venir
Le calendrier dévoilé par Nvidia a de quoi laisser songeur. Dès le premier semestre 2026, les capacités de conduite urbaine et autoroutière de niveau 2 seront déployées aux États-Unis, incluant les changements de voie automatiques et la reconnaissance des panneaux. D’ici fin 2026, le système couvrira l’ensemble du pays.
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Un essai de niveau 4 à petite échelle, comparable aux robotaxis Waymo (comprendre : sans conducteur), est prévu pour 2026, suivi de déploiements commerciaux en 2027 et d’une intégration dans nos véhicules en 2028. Des promesses qui dépendront largement de la confiance des partenaires automobiles comme Mercedes, Jaguar Land Rover et Lucid, qui travaillent eux aussi avec Nvidia.

Mais ces années de développement ne seront pas de tout repos. Un accident grave pourrait compromettre ces ambitions de devenir un fournisseur de l’industrie automobile mondiale.
Ce qui frappe le plus dans le récit d’Andrew J. Hawkins, c’est la rapidité des progrès. Là où Tesla a mis environ 8 ans pour atteindre la conduite en milieu urbain avec son FSD, Nvidia s’apprête à accomplir la même chose en un an environ.
Reste une ironie savoureuse dans cette bataille : Tesla utilise des dizaines de milliers de GPU Nvidia pour entraîner ses modèles d’IA, représentant des milliards de dollars. Autrement dit, même si Tesla domine le marché, Nvidia l’emportera de toute façon.
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