Face au Sony WH-1000XM3 et au Bose QC35 II, Microsoft est apparu de nulle part en proposant son propre casque Bluetooth à réduction de bruit active, le Microsoft Surface Headphones. Mais que vaut-il à l’usage face à ses concurrents et y a-t-il de quoi en faire tout un fromage ? Découvrez-le dans notre test complet.

Après plusieurs années de lutte acharnée entre Sony et Bose pour savoir quel constructeur proposait le meilleur casque Bluetooth à annulation de bruit, un autre acteur est apparu : Microsoft. Avec son Surface Headphones, l’éditeur de Windows compte bien reprendre les principales qualités des Bose QC35 et Sony WH-1000XM3.

Fiche technique

  • Diaphragme : 40 mm
  • Réponse en fréquence : 20 Hz –  20 000 Hz
  • NFC : oui
  • Réduction de bruit active : oui, jusqu’à 20 dBA.
  • Longueur du câble : 1,2 m
  • Recharge : USB-C
  • Bluetooth : 4.2
  • Codecs audio : SBC (via A2DP)
  • Poids : 290 g

Ce test a été réalisé avec un modèle acheté en import.

Une excellente idée d’ergonomie

De prime abord, le Surface Heaphones de Microsoft propose un design plutôt léché. Il n’est disponible qu’en un seul coloris, gris clair, en plastique, mais les finitions sont assez qualitatives. Le plastique est mat et bien conçu.

En haut du crâne, l’arceau propose une mousse plutôt confortable, du moins pour du court terme. Après quatre à cinq heures d’utilisation, on sent cependant nettement le poids du casque appuyer sur le haut de la tête. Il faut dire que le Surface Headphones de Microsoft appuie davantage sur l’arceau que sur les coussinets des oreilles pour se stabiliser. Après un long usage, on finit par ressentir les 290 grammes du casque, contre 255 grammes pour le Sony WH-1000XM3 ou 240 grammes pour le Bose QuietComfort 35 II.

Les oreilles justement, parlons-en. La mousse est particulièrement confortable avec environ deux centimètres d’épaisseur. De quoi s’adapter parfaitement à la forme de votre visage, même si en contrepartie, la chaleur se fera d’autant plus ressentir en intérieur ou en utilisation par temps chaud. On notera que les oreillettes dans l’ensemble sont assez épaisses et peuvent donner un air de Mickey Mouse, ou du moins peuvent manquer de discrétion. Un design qui est renforcé par la forme de l’arceau, qui s’écarte vers l’extérieur au niveau des oreillettes, là où les casques de Bose et Sony par exemple sont bien plus effilés. On regrettera également que le casque ne puisse pas se plier pour être rangé dans un sac sans trop encombrer par exemple, même si les oreillettes peuvent pivoter à 90 degrés, pour que l’extérieur soit reposé sur vos épaules lorsque vous le posez sur la nuque.

Mais là où le casque de Microsoft se démarque tout particulièrement, c’est au niveau des contrôles et des connectiques. Pour augmenter le volume, il vous suffit de faire tourner une molette qui fait le tour de l’écouteur droit. Pour augmenter la réduction de bruit, il suffit de faire de même sur l’écouteur gauche. Des molettes qui sont une excellente idée à l’usage, particulièrement esthétiques, simples d’utilisation et qui ne vont pas créer de faux positif comme on peut en connaître avec la surface tactile de chez Sony par exemple.

Cependant, le Surface Headphones ne s’écarte pas totalement du tactile. Sur chaque oreille, il est possible d’appuyer une fois pour mettre la musique en pause, de rester appuyé pour lancer l’assistant, d’appuyer deux fois pour passer au morceau suivant ou d’appuyer trois fois pour revenir au titre précédent. Si l’on peut craindre les faux positifs, notamment lorsqu’on cherche simplement à prendre le casque en main, on se rassurera avec le test de la capuche, passé avec succès par le casque de Microsoft : même en tournant la tête avec une capuche portée par dessus le casque, le Surface Headphones ne vient pas maladroitement mettre la musique en pause. On pourra cependant regretter un temps de réaction un peu long entre le moment où l’on appuie sur le casque pour mettre pause et celui où la musique s’arrête véritablement. Surtout, la surface tactile n’est pas limitée à un seul écouteur, gauche ou droit, mais aux deux.

Enfin, on notera que le casque de Microsoft dispose d’une prise USB-C pour la recharge, d’une prise jack pour une connexion filaire, d’un bouton de mise sous tension/appairage Bluetooth et d’une touche permettant de rendre le micro muet, utilisable durant les appels.

Réduction de bruit

Comme ses principaux concurrents, le Microsoft Surface Headphones est doté d’une fonctionnalité de réduction active de bruit. En plus de l’isolation passive, déjà assez efficace pour filtrer les bruits de fonds, le casque de Microsoft peut également analyser les sons extérieurs et produire un spectre sonore inverse pour les annuler. Pour ce faire, il est doté de deux écouteurs sur chaque oreillette. Grâce à ce système, Microsoft indique qu’il est possible de filtrer jusqu’à 40 décibels grâce à l’isolation passive du casque, et 30 décibels supplémentaires à l’aide de l’annulation active de bruit.

Au total, le Surface Headphones permet d’ajuster quatre niveaux différents de réduction de bruit : augmentation, bas, médium et haut.Si bas, médium et haut se comprennent sans problème, puisqu’ils correspondent au niveau d’annulation du bruit extérieur, le mode augmentation, « enhanced » en anglais, permet quant à lui d’entendre davantage les sons extérieurs. Pratique lorsque vous avez besoin d’entendre la circulation à vélo par exemple, ou si vous souhaitez discuter avec vos collègues sans subir l’isolation passive du casque.

J’y reviens, mais la simplicité du réglage de la réduction de bruit est une idée formidable de Microsoft. C’est un jeu d’enfant de simplement faire tourner la bague autour de l’écouteur gauche et on se demande pourquoi les constructeurs concurrents n’y ont pas pensé avant. Rendez-vous compte, chez Bose il faut passer dans les paramètres de l’application sur smartphone quand, chez Sony, il faut appuyer sur un bouton pour désactiver l’annulation de bruit et passer par l’application pour modifier finement le réglage. À côté, le système de Microsoft est enfantin.

Quant à la qualité de la réduction de bruit, on notera que celle-ci diffère assez peu de la simple annulation passive lorsqu’elle est réglée au minimum. Au niveau médium, elle permet de réduire les bruits de fond. C’est surtout au niveau maximum qu’elle va impressionner, en parvenant même à filtrer les voix, en tout cas dans un environnement relativement silencieux comme un open space.

Au niveau maximum, le casque de Microsoft s’en sort également plutôt bien pour filtrer les bruits ambiants les plus graves et les plus persistants comme le vrombissement du métro. Il aura en revanche plus de mal à filtrer des sons avec davantage de variations, comme celui de la circulation des voitures sur de grandes avenues. Surtout, avec la réduction de bruit activée au maximum, le Surface Headphones propose un souffle qui peut s’avérer gênant après quelques minutes d’utilisation. À ce titre, si le casque est très efficace notamment en intérieur pour oublier vos collègues trop bavards, il reste dans l’ensemble moins performant que les modèles de Bose ou Sony.

Qualité du son

Le casque de Microsoft est doté, pour chaque écouteur, d’une membrane de 40 mm de diamètre. Il est théoriquement capable de produire des sons compris entre 20 et 20 000 Hz, soit l’essentiel de la plage de fréquence audible par l’oreille humaine.

Cependant, soulignera l’absence notable de codecs tiers, en plus du simple SBC compris dans le profil A2DP. Le casque ne supporte ni l’aptX, ni le LDAC, ni même l’AAC. Dès lors, même si vous comptez écouter des titres de bonne qualité avec une qualité lossless par exemple, vous pouvez vous retrouver avec un son particulièrement compressé.

Dans l’ensemble, on regrettera que le casque de Microsoft ne parvienne que peu à restituer la dynamique sonore des morceaux. Les sons apparaissent comme assez plats, notamment sur des titres avec une forte dynamique comme Blue Train de John Coltrane ou Le Printemps de Vivaldi. Heureusement, grâce à l’accentuation des bas médiums et des basses, le casque se prête bien davantage à une écoute d’électro ou de hip-hop, qu’il s’agisse de Get Lucky de Daft Punk ou de Phantom Pt. II de Justice. La puissance des graves vient alors clairement atténuer le profil, autrement plutôt plat, du casque. On notera par ailleurs que sur son application pour smartphone, Cortana, la firme propose un égaliseur cinq bandes avec tout autant de presets (plat, classique, jazz, pop et rock).

Autre bon point, si le casque de Microsoft propose 15 niveaux de volume sonore — réglable à la molette — on ne distingue pas de saturation flagrante, que ce soit dans les graves ou dans les aigus.

Une autonomie convenable

Pour son casque, Microsoft annonce une autonomie allant jusqu’à 15 heures d’utilisation. Une durée largement plus faible que les 20 heures annoncées par Bose pour son QC35 II et les 30 heures brandies par Sony à propos de son 1000XM3. À l’usage, l’autonomie réelle du casque s’avère par ailleurs encore plus faible. En faisant tourner le Surface Headphones, connecté en Bluetooth avec le volume aux deux tiers et l’annulation de bruit au maximum, il s’est éteint après 11h40 d’utilisation. Une durée là encore assez éloignée des 15 heures annoncées par Microsoft.

Reste qu’à condition de le charger tous les soirs, le casque de Microsoft devrait pouvoir vous accompagner toute la journée si vous ne mettez pas le volume au maximum. Et si le casque vient à tomber à court de batterie durant votre journée de travail, vous pourrez le connecter à un câble USB-C pour le recharger tout en continuant à écouter votre musique.

La recharge d’ailleurs, parlons-en. Le casque est fourni avec un câble USB-C, un très bon point, notamment comparé à la simple prise micro-USB du modèle de Bose. Celui-ci permet de charger le casque pour 7h d’autonomie en 30 minutes, pour 11h d’autonomie en une heure, pour 13h d’autonomie en 1h30 et d’effectuer une recharge complète de la batterie en 1h50.

Le Bluetooth, encore perfectible

Le Surface Headphones est compatible avec le Bluetooth en version 4.2, mais malheureusement pas la version 5.0. De fait, la portée et les débits sont légèrement moindres, même si ça ne change pas grand-chose sur un simple casque audio.

On appréciera tout particulièrement la possibilité de connecter le casque à deux appareils en même temps. Une fonctionnalité qu’on retrouve également chez Bose, mais qui manque cruellement au modèle de Sony. Concrètement, vous pourrez ainsi vous connecter à la fois à votre ordinateur et à votre smartphone au bureau, sans avoir à choisir à quel appareil vous connecter.

Le casque de Microsoft peut par ailleurs être contrôlé davantage à l’aide de l’application Cortana. Si celle-ci n’est pas encore disponible sur le Play Store en France, il est cependant possible de l’installer sur APK Mirror par exemple. Elle vous permet par exemple de visualiser la batterie restant, d’accéder à l’égaliseur ou de télécharger les mises à jour logicielles du casque. Par ailleurs, une fois l’application installée sur votre smartphone, vous pourrez lancer automatiquement Cortana à la voix simplement en prononçant le nom de l’assistant vocal. Attention néanmoins, pour l’instant les requêtes devront se faire en anglais.

On notera que même sans avoir installé l’application, on peut lancer Google Assistant ou Siri, pour Android ou iPhone, simplement en laissant son doigt posé quelques secondes sur l’une des deux surfaces tactiles du casque. Dans l’ensemble, l’application Cortana est surtout utile pour gérer l’égaliseur, mais dans l’ensemble, on parvient facilement à s’en passer.

Enfin, on pourra regretter la voix très robotique du Surface Headphones lorsqu’il annonce l’autonomie restante ou, pire encore, le nom de l’appareil auquel il est connecté.

Prix et date de sortie

Le casque Surface Headphones de Microsoft est disponible dans le commerce en France au tarif de 380 euros.

Acheter le casque Microsoft Surface Headphones

À ce prix, le Microsoft Surface Headphones fait directement face à ses deux principaux concurrents, les Bose QuietComfort 35 II et Sony WH-1000XM3, respectivement proposé autour de 320 et 379 euros. N’hésitez pas à retrouver notre comparatif des meilleurs casques à réduction de bruit active.

À lire sur FrAndroid : Quels sont les meilleurs casques à réduction de bruit active en 2019 ? Notre sélection

Nos photos du Microsoft Surface Headphones

Note finale du test 8/10
Dans un marché où Bose et Sony se livrent une concurrence acharnée depuis trois ans, Microsoft affiche ses ambitions. Son casque Surface Headphones peine cependant à faire de l'ombre à ses deux concurrents.

La qualité sonore est bien en deçà du modèle de Sony et l'annulation de bruit est moins efficace que sur le casque de Bose. De prime abord, on pourrait penser que le casque à annulation de bruit de Microsoft n'a rien pour lui... et pourtant. En effet, l'idée de génie de Microsoft est à trouver au niveau de l'ergonomie. À mi-chemin entre le tactile de Sony et les boutons de Bose, le système de molettes du Surface Headphones est incroyablement bien pensé. On en vient à se demander comment les autres constructeurs n'y ont pas pensé plus tôt.

Finalement, le casque de Microsoft reste un très bon casque audio, avec une annulation de bruit assez efficace et une autonomie convenable. Il peine juste à se démarquer de la concurrence et, si ce n'est pour son ergonomie, rien ne justifie vraiment de l'acheter plutôt que le WH-1000XM3 ou le QC35 II.

On espère qu'il s'agit là avant tout d'un galop d'essai pour Microsoft et qu'à l'avenir la firme continuera à améliorer son casque, très prometteur, pour réussir à transformer le duel entre Sony et Bose en véritable affrontement avec trois acteurs à armes égales.
  • Points positifs
    • Les molettes incroyablement instinctives
    • Les basses de bonne qualité
    • Le Bluetooth multipoint
    • La recharge rapide
  • Points négatifs
    • L'autonomie moyenne
    • Impossible de le plier
    • Une qualité sonore assez plate