Qualcomm veut tenter de racheter ARM en s’alliant avec ses concurrents

 

Nvidia n'avait pas pu racheter ARM, Qualcomm aurait trouvé la solution : s'allier avec ses concurrents. De quoi garder l'indépendance d'ARM et de faire les yeux doux aux autorités pour la concurrence.

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Cristiano Amon, PDG de Qualcomm // Source : Qualcomm

En février dernier, on apprenait que Nvidia abandonnait son projet de rachat d’ARM pour 66 milliards de dollars. En effet, ce rachat posait problème aux différentes autorités pour la concurrence, surtout pour la FTC aux États-Unis. Cristiano Amon, PDG de Qualcomm, a déclaré au Financial Times que son entreprise était favorable à l’idée d’investir dans ARM et s’est dit même disposé à s’allier à ses concurrents pour valider le rachat.

ARM qui rencontre un fort succès avec ses composants, son architecture étant de plus en plus privilégiée dans les produits fabriqués. L’industrie des semi-conducteurs représente 500 milliards de dollars par an et ARM y fait figure de neutralité. L’entreprise signe des accords de licence avec tous types de partenaires ; sa propriété intellectuelle est utilisée dans la plupart des puces vendues à travers le monde.

Une introduction en bourse pour ARM

Actuellement, ARM est possédée par le conglomérat japonais SoftBank. Ce dernier envisage d’introduire ARM à la Bourse de New York alors que Nvidia est entré dans le capital de l’entreprise de SoC.

Une introduction qui pose des questions et suscite des inquiétudes ; en effet, la société de semi-conducteurs a un rôle majeur dans le secteur de la technologie. Une ouverture pourrait remettre en cause l’indépendance même d’ARM.

Qualcomm intéressé pour investir dans ARM

Le PDG de Qualcomm Cristiano Amon a donc annoncé au Financial Times que son entreprise est intéressée par investir dans ARM, déclarant que « c’est un actif très important et c’est un actif qui va être essentiel au développement de notre industrie ».

Mais il a surtout ajouté que Qualcomm pourrait s’associer à d’autres fabricants de composants électroniques pour racheter ARM, à condition que ce consortium soit « assez grand ». On peut supposer que s’il dit cela, ce n’est pas pour faire plaisir à ses concurrents, mais surtout pour maximiser les chances que ce rachat aboutisse et ne pas se casser les dents comme Nvidia. Selon Cristiano Amon, il faudrait en fait suffisamment d’entreprises participantes pour ne pas remettre en cause l’indépendance d’ARM, surtout du fait de son importance dans le domaine de la technologie.

ARM, un investissement intéressant (et rentable)

Qualcomm s’était d’ailleurs opposé à ce rachat par Nvidia il y a quelques mois, « affirmant qu’il était absurde qu’un fabricant de puces prenne le contrôle d’une société qui avait une valeur fondamentale pour l’ensemble du secteur ». Heureusement pour lui, il n’est pas seul. Le Financial Times rapporte que Pat Gelsinger, directeur général d’Intel, s’était dit ouvert à une telle initiative il y a quelque temps.

Au-delà de l’aspect du potentiel contrôle de Qualcomm sur ARM, ce qui intéresse Cristiano Amon, c’est probablement aussi l’aspect financier de l’investissement. En effet, le Financial Times écrit que ARM « a annoncé un revenu annuel record de 2,7 milliards de dollars en 2021, soit une hausse de 35% par rapport à l’année précédente ». Ce qui rapporte à ARM, ce sont les licences, puisque les revenus qui y sont liés « ont augmenté de près de deux tiers […] pour atteindre 1,5 milliard de dollars ». À titre de comparaison, le chiffre d’affaires de Qualcomm en 2021 s’élevait à 33,6 milliards de dollars pour 8,54 milliards de bénéfice.


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