Admiratif du succès des puces Apple, Qualcomm se retrousse les manches

Intel en sueur

 

Presque deux ans après le lancement des puces M1 d'Apple, et une semaine après l'annonce de la M2, Qualcomm prend la parole pour parler stratégie et performances.

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Apple vient d’annoncer sa nouvelle puce ARM, la M2 // Source : Apple

Si Qualcomm reste très majoritaire sur le marché des smartphones avec ses SoC Snapdragon, il sent que quelque chose lui échappe du côté des ordinateurs portables. Dont acte : l’acquisition de la start up Nuvia l’an dernier doit aider l’entreprise à passer la cinquième. Surtout, il faut réagir face à Apple.

Apple fait des envieux

Ce qui fait le succès des puces Apple Silicon (M1, M1 Max, M1 Ultra et maintenant Apple M2), ce n’est pas seulement leurs performances. Dérivées directes des chipset intégrés dans les iPhone, elles sont très efficientes. Et, leur architecture ARM les autorise à lancer aussi bien les programmes habituels que certaines applications jusqu’ici cantonnées aux mobiles.

Une polyvalence qui rend forcément la concurrence envieuse ; d’autant que Qualcomm a un coup à jouer, là où Intel n’en est encore qu’à envisager de lancer des processeurs ARM dans sa nouvelle gamme Alder Lake. Mais la résistance s’organise : Intel a récemment débauché Mike Filippo, spécialiste ARM d’Apple. Autant dire que Qualcomm a tout intérêt à accélérer pour ne pas perdre son ascendant.

Heureusement, la firme a déjà une longueur d’avance. La Surface Pro X de Microsoft, par exemple, est déjà propulsée par un processeur ARM en l’objet du Microsoft SQ1 — conçu par Qualcomm.

Les plans d’avenir de Qualcomm

Dans une interview accordée à Cnet, le PDG de Qualcomm, Cristiano Amon, se dit reconnaissant qu’Apple défriche le terrain d’ARM sur laptop. « Le bon moment pour le faire est maintenant, car nous avons besoin d’un parfait alignement des étoiles », ajoute le chef d’entreprise, qui veut profiter de l’appel d’air créé par les besoins croissants de mobilité, et la démocratisation du télétravail ces dernières années pour se renforcer sur le marché.

C’est précisément là que Nuvia, l’une des dernières acquisitions de la marque, fait son entrée. Fondée par des vétérans de la branche chipsets de Google, Arm et Apple, elle est vue par Qualcomm comme la clé de voûte de son succès futur.

De belles promesses et un enthousiasme à peine voilé, qui devront néanmoins passer au tamis de la réalité. Aujourd’hui, la crise des composants informatiques ne laisse pas les coudées franches aux constructeurs pour innover. Et d’après Cristiano Amon, elle devrait durer jusqu’à fin 2023.

Pire : elle pousse à internaliser la production de certaines pièces. C’est notamment le cas d’Apple avec ses puces maison, mais aussi prochainement avec ses propres modems, lesquels pourraient trouver leur place dans les futurs iDevices au détriment des modèles signés Qualcomm.

Rien qui semble inquiéter l’entreprise, qui affirme que ses résultats n’en sont pas (encore) affectés. Et d’ajouter dans un sourire qu’Apple « connait notre numéro, ils savent où nous trouver ». Aussi, Qualcomm garde un œil plus qu’attentif sur la réalité augmentée, la VR et le métavers. Autant de leviers majeurs sur lesquels il compte bien tirer tôt ou tard. « Nous sommes à environ cinq ans des [premières] lunettes d’AR réalistes », glisse Amon à Cnet. « Ce n’est pas un défi technologique sur lequel nous n’avons aucune visibilité. » Chose qui, admettez, eut été plutôt cocasse, alors que nous parlons de lunettes.

Apple a réanimé le marché du processeur avec l’arrivée des puces M1 puis M2. Qualcomm compte bien ne passer la couronne à Cupertino et prépare un Snapdragon surpuissant.
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