Premier test en Europe : l’anti-FSD de Xpeng bluffe les journalistes dans les rues de Munich

Bluffant, un bémol

 
Deux journalistes ont pu essayer la conduite autonome NGP (VLA 2.0) de Xpeng dans les rues de Munich, une première hors de Chine. C’est le concurrent du Tesla FSD. Après une demi-heure à bord, leur verdict est plutôt enthousiaste.

La scène se passe à Munich, au centre de recherche et développement de Xpeng, en marge de l’événement où le constructeur chinois présentait sa nouvelle L03.

Deux journalistes spécialisés, ceux des chaînes Electric Vehicles et Artur’s Tech Tales, ont été invités à monter à bord le temps d’une prise en main d’une demi-heure en pleine ville.

Ils affirment être les premiers, en dehors des équipes de Xpeng, à essayer ce système de conduite autonome en Europe. Nous avions nous-mêmes testé son ancêtre, le XNGP, en Chine. Le trajet, filmé de bout en bout, traverse volontairement des intersections compliquées, des rails de tramway et des rues chargées.

NGP (avec le modèle VLA 2.0), c’est le nom de la conduite autonome maison de Xpeng, l’équivalent chinois de ce que Tesla appelle le FSD (Full Self-Driving). Jusqu’ici, seule la marque d’Elon Musk poussait ce genre de système sur le Vieux Continent.

Xpeng devient donc le premier autre constructeur à l’amener ici, avec un déploiement annoncé pour 2027. Le point important à retenir, c’est que le modèle a été entraîné en très grande majorité sur les routes chinoises, qui n’obéissent pas aux mêmes codes que chez nous.

Le système apprend donc en roulant, en avalant des données locales pour s’européaniser. Xpeng ne compte pas s’arrêter là. Volkswagen a choisi d’adopter sa technologie, un ralliement qualifié de « moment DeepSeek » de l’automobile, et l’entreprise veut aller plus loin que Tesla avec robots et robotaxis.

Une IA entraînée en Chine, lâchée dans le trafic munichois

Sur la route, les deux testeurs décrivent une conduite étonnamment souple. Pas d’à-coups, des accélérations progressives, des freinages nets mais jamais brutaux. L’un d’eux le dit sans détour. Sans regarder, il aurait été incapable de dire si un humain conduisait ou non. La voiture roule pile à la limite autorisée, ralentit à 30 km/h quand le panneau l’impose, repart en douceur au vert.

Deux moments les ont particulièrement marqués. D’abord un feu passé à l’orange, avec un freinage quasi instantané, une réaction qu’ils estiment sous les 100 millisecondes, soit plus vif que ce que ferait leur propre auto.

Ensuite, une voiture mal garée bloquant la voie. Après avoir patienté, le système a décidé seul de la doubler, sans la moindre intervention. Détail qui les a bluffés, la visualisation à l’écran affiche même les véhicules plaqués derrière un bus ou un camion, repérés avant d’être visibles à l’œil nu.

Côté matériel, Xpeng a fait le choix du tout-caméra, comme Tesla justement : pas de lidar (ce capteur laser qui cartographie l’environnement en 3D), seulement des ultrasons pour le stationnement.

Le calculateur embarqué, lui, est costaud, avec trois puces Turing pour environ 2 250 TOPS – une unité qui mesure la puissance de calcul dédiée à l’IA. Soit, selon les testeurs, sept fois plus que ce qu’embarquait l’ancienne Xpeng G9.

La voiture d’essai était une L03, le SUV coupé électrique qu’on a pu approcher à Munich et qui arrive en France à partir de 34 990 euros.

Impressionnant, mais toujours classé niveau 2

Tout n’est pas rose pour autant. Les journalistes ont relevé une vraie erreur. À un feu orange, trop près de la ligne, la voiture a préféré s’arrêter net plutôt que passer, franchissant la ligne d’arrêt et se faisant klaxonner par le véhicule derrière. Rien de méchant, mais un réflexe que l’un des testeurs corrigerait volontiers.

Le système manque aussi encore de données locales pour certains cas, puisqu’il ne sait pas encore reconnaître les véhicules de police ou les ambulances en Europe, faute d’exemples suffisants.

Sur le plan réglementaire, VLA 2.0 reste d’ailleurs classé niveau 2 ici, c’est-à-dire une simple aide à la conduite qui exige un conducteur attentif, mains prêtes à reprendre. Contrairement à la Chine, les feux extérieurs signalant que la voiture roule seule sont même interdits chez nous, car ils relèveraient d’un niveau 4 non autorisé.

Xpeng planche aussi sur plusieurs modes, du plus prudent au plus… disons européen, capable de rouler quelques km/h au-dessus de la limite, attendus l’an prochain.

Il s’agit d’une prise en main de deux journalistes invités. Le trajet était court, encadré, et un coach Xpeng se trouvait à bord. Leur impression finale reste nette, l’un d’eux affirmant qu’il utiliserait ce système sans arrière-pensée sur la sécurité.

Pour un logiciel qui découvre à peine les routes européennes, c’est prometteur. On jugera vraiment quand VLA 2.0 roulera sur nos voitures, face au FSD de Tesla qui grignote déjà l’Europe pays par pays.


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