Le prix des carburants baissent, celui de l’électricité grimpe : les voitures électriques sont-elles en danger ?

 

Dans un contexte où le législateur pousse de plus en plus les automobilistes à se tourner vers la voiture électrique, dans le même temps, le litre d'essence est subventionné pendant que les prix du kWh explosent.

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Vous ne l’aurez peut-être pas loupé, surtout si vous roulez avec une voiture thermique, difficile de trouver de l’essence ou du diesel en ce moment dans les stations TotalEnergies. La raison ? Elle est simple, depuis le jeudi 1er septembre, la remise accordée par l’État est passée de 18 à 30 centimes par litre de carburant.

À cela s’ajoute également une aide de 20 centimes de la part de TotalEnergies jusqu’au 31 octobre, puis de 10 centimes par litre jusqu’à la fin de l’année 2022. Ainsi, avec les deux remises cumulées, cela nous donne une ristourne totale allant jusqu’à 32 centimes d’euro par litre. Les prix à la pompe redeviennent donc similaires à ceux de mai 2021, avant la flambée des prix.

Dans le même temps, à la fin août, le prix de gros de l’électricité pour 2023 en France a atteint 1 100 euros MWh contre 85 euros un an plus tôt, conséquence de la guerre en Ukraine, mais aussi de l’indisponibilité de centrales nucléaires en France.

Si l’aide concernant les carburants va soulager le porte-monnaie de nombreux Français, n’oublions pas que l’achat d’une voiture électrique est aussi subventionnée grâce au bonus écologique. Toujours est-il que, malgré le bonus, une voiture électrique neuve, et une voiture neuve, même thermique, reste particulièrement onéreuse à l’achat.

Un phénomène épisodique ?

Ces décisions et ces chiffres marquent forcément les esprits et peuvent interroger quant à l’idée de passer à la mobilité électrique. De quoi freiner l’engouement autour de la voiture électrique ? Il y a peu de chances. De 2 % en 2019, les voitures électriques sont passées à 12 % des immatriculations de véhicules particuliers neufs en France lors des huit premiers mois de 2022.

Et même si le prix de l’électricité augmente et celui de l’essence baisse, il s’agit d’un phénomène épisodique qui ne sera pas amené à durer. Les pressions sur les véhicules thermiques, entre restrictions de circulation et interdiction de vente à l’horizon 2035, continuent d’inciter l’achat d’une électrique. Sans oublier les aides gouvernementales citées plus haut ou encore les offres de financement des constructeurs, pratiquement aussi attractives que sur une équivalence thermique par moment.

Les recharges à la maison toujours avantageuses

Mais la hausse du prix de l’électricité va-t-il vraiment avoir un impact sur la vente de voiture électrique finalement ? Normalement non, puisque les Français devraient être globalement protégés grâce au bouclier tarifaire qui s’applique, d’autant plus quand on sait que 80 % des recharges se font à domicile et au travail d’après l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France). À la maison, le bouclier tarifaire s’applique et la hausse a jusqu’ici été limitée à 4 %. Le gouvernement a promis que le dispositif serait renouvelé en 2023.

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L’augmentation de la facture ne devrait donc pas être si significative cet hiver, et même dans les pays qui sont moins protégés, comme en Angleterre, rouler en voiture électrique sera toujours moins cher qu’en essence ou diesel.

Toujours selon Avere-France, pour une recharge à domicile, on devrait rester sur à peu près deux euros aux 100 km (trois euros dans le cas le plus pessimiste comme nous l’avions vu ensemble dans notre dossier sur les avantages et inconvénients de rouler en voiture électrique), tandis qu’en thermique, on reste entre 12 et 16 euros selon la performance des voitures. Rappelons également que certains fournisseurs proposent des tarifs à prix cassés lors d’heures « hyper creuses », tard le soir ou tôt le matin. De quoi faire le plein d’électrons à encore moindre coût.

Des recharges sur bornes publiques plus chères ?

Pour les exploitants de bornes de recharge publics en revanche, c’est une autre histoire. La question des hausses commence à se poser. Certains ont déjà bougé leur prix au premier semestre de cette année, à l’image de Tesla notamment, et d’autres fournisseurs devraient faire la même chose. Allego, par exemple, qui revendique plus de 28 000 prises de recharge en Europe, a annoncé des prix du kWh majorés de 15 à 20 % à partir de début septembre dans plusieurs pays, dont la France.

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Certains exploitants de bornes devraient cependant être épargnés puisqu’ils ne sont pas exposés de la même façon aux prix de gros. Par exemple, EDF indique ne pas prévoir en l’état d’augmenter les tarifs des recharges publiques des bornes exploitées par sa filiale dédiée, Izivia. Les prix pourraient toutefois décoller à partir de 2023, car des gros contrats d’électricité des opérateurs devraient arriver à échéance.

Un coût à l’utilisation en faveur de la voiture électrique

Si, aujourd’hui, faire le plein d’électrons ne coûte pas plus cher qu’un plein d’essence, ce ne sera pas le cas non plus demain et probablement au moins jusqu’à l’interdiction des ventes de modèles thermiques. D’une manière générale, le choc pétrolier du printemps a attiré de nouveaux acheteurs, et malgré les rabais, les clients trouvent toujours le prix à la pompe trop élevé. Mais il sera difficile de maintenir les différentes subventions (prix à la pompe et bouclier tarifaire) sur le long terme, que ce soit pour les voitures thermiques, mais aussi électrique.

Certains médias avancent qu’une recharge de voiture électrique coûtera plus cher que le plein d’une voiture thermique à partir du 1er octobre prochain en Grande-Bretagne. Mais c’est faux et on vous explique pourquoi.
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